Les­liai­sons­dan­ge­reu­ses­deT­rump

Le pré­sident amé­ri­cain a pa­ru se for­cer pour condam­ner clai­re­ment les ex­tré­mistes de droite, après la mort d’une ma­ni­fes­tante an­ti­ra­ciste, sa­me­di.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

d’un com­mu­ni­qué : Trump y condamne dé­sor­mais « toutes les formes de vio­lence, d’in­to­lé­rance et de haine. Ce­la in­clut, bien sûr, les su­pré­ma­cistes blancs, le KKK, les néo­na­zis et tous les groupes ex­tré­mistes ».

Si cette dé­cla­ra­tion — qu’il ne pro­nonce d’ailleurs pas lui­même — a sans doute trop tar­dé à ve­nir, elle ap­pa­raît sur­tout for­cée. Sans doute moins par convic­tion per­son­nelle, que par cal­cul po­li­tique : Do­nald Trump le sait, avec une cote de po­pu­la­ri­té très mé­diocre (36 % d’opi­nions fa­vo­rables en juillet), il doit mé­na­ger cette par­tie de son élec­to­rat. L’an­cien chef du Ku Klux Klan, Da­vid Duke, qui a sou­vent ré­pé­té son sou­tien au can­di­dat ré­pu­bli­cain pen­dant la cam­pagne, ne s’est pas gê­né pour le lui rap­pe­ler. « Re­gar­dez-vous bien dans le mi­roir, et sou­ve­nez-vous que ce sont les Blancs amé­ri­cains qui vous ont élu, pas les gauchistes ra­di­caux », a-t-il aver­ti sur Twit­ter. Le sou­tien de ces groupes ex­tré­mistes ne date pas d’hier. Pen­dant toute la cam­pagne, Do­nald Trump a sa­vam­ment en­tre­te­nu une am­bi­guï­té avec ces par­ti­sans de l’ex­trême droite, flir­tant avec eux. En fé­vrier, sur CNN, le can­di­dat ré­pu­bli­cain lou­voyait, comme il l’avait dé­jà fait quand il était can­di­dat : « Je ne connais rien de Da­vid Duke, je ne connais pas ce groupe Vous ne vou­driez pas que je condamne un groupe dont je ne connais rien ? » La na­ture de son en­tou­rage aus­si en­tre­tient le doute sur ces liaisons dan­ge­reuses. Cer­tains de ses col­la­bo- ra­teurs sou­tiennent ain­si ou­ver­te­ment l’idéo­lo­gie des Su­pré­ma­cistes blancs, no­tam­ment Steve Ban­non, son conseiller spécial à la Mai­son­Blanche. Sur­nom­mé à Wa­shing­ton le Cer­veau de Trump, cet ex-jour­na­liste dé­fend les idées de la droite ra­di­cale amé­ri­caine, par l’in­ter­mé­diaire de « Breit­bart News », sa vi­trine mé­dia­tique. Et les su­surre peut-être dé­sor­mais der­rière les portes ca­pi­ton­nées du bu­reau ovale.

De­puis son élec­tion, Do­nald Trump a pris ses dis­tances avec l’« alt-right », même si beau­coup ont ju­gé que ce vi­rage était de pure fa­çade. Ses sou­tiens dou­teux se sont même sen­tis en­har­dis par les propos agres­sifs du pré­sident qui au­raient contri­bué à li­bé­rer la pa­role de ces groupes ra­di­caux. Leurs thèmes de pré­di­lec­tion — condam­na­tion de l’im­mi­gra­tion, ra­cisme an­ti­mu­sul­man, mi­so­gy­nie — sont en­fin dé­fen­dus au som­met, es­timent-ils.

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