Une voyante a par­lé de Fio­na

Le corps de la pe­tite fille de 5 ans n’a ja­mais été re­trou­vé. Au pro­cès de sa mère et de son beau-père, ju­gés pour coups mor­tels, ce mys­tère a sus­ci­té toutes les fo­lies.

Le Parisien (Paris) - - AU FIL DELETE -

faire. Au men­songe ini­tial du couple, qui a in­ven­té le scé­na­rio d’une dis­pa­ri­tion de la fillette, et à l’in­cer­ti­tude sur les causes de sa mort s’ajoute ce mys­tère : qu’est de­ve­nu le corps ? La pe­tite dé­pouille a-t-elle été je­tée dans un conte­neur à ordures, comme le pensent cer­tains des enquêteurs et l’avo­cat du père bio­lo­gique de l’en­fant, Me Charles Fri­bourg ? Ou en­ter­rée aux alen­tours du lac d’Aydat, dans les mon­tagnes du sud de Cler­mont-Fer­rand, comme l’ont ré­af­fir­mé maintes fois les ac­cu­sés lors des dé­bats ?

Du­rant l’enquête, l’un et l’autre n’ont li­vré que de maigres in­di­ca­tions sur leur par­cours jus­qu’à l’en­droit où lui s’est mis à creu­ser la­terre:«Une­rou­teà­gauche.Un pan­neau mar­ron. Un pe­tit che­min­qui­monte.Une­pel­leau­fond d’un jar­din. Un champ avec un bar­be­lé… » Là, quelque part, ils ont en­se­ve­li l’en­fant, nue. « Elle avait son pe­tit pen­den­tif… » a pré­ci­sé sa mère.

« Ce­la fait trois ans, je n’y ar­rive pas. C’est un trou noir… Si je sors, j’irai la trou­ver », a ex­pri­mé Cé­cile Bour­geon lors du pro­cès. Son amné­sie sur la lo­ca­li­sa­tion de cette tombe de for­tune, consi­dé­rée comme un pos­sible « sys­tème de dé­fense » par les ex­perts psy­chiatres, at­tise les ran­coeurs à son égard. « Si elle sa­vait, elle l’au­rait dit », es­timent pour­tant ses proches. « Elle sait que ce­la pa­raît in­com­pré­hen­sible, sou­lignent ses avo­cats, Mes Gilles-Jean et Renaud Por­te­joie. On pense :

Elle l’ex­plique par le trau­ma­tisme de la dé­cou­verte de Fio­na, la pa­nique, ce cock­tail­des­tu­pé­fiants,la­peurde perdre ses autres en­fants… Elle y au­rait in­té­rêt mais n’y par­vient vrai­ment pas. »

L’ab­sence de corps nour­rit les fan­tasmes. Du­rant l’enquête, les al­lé­ga­tions d’une cin­quan­taine de ra­dies­thé­sistes — dont celles de la fa­meuse Julieta, dé­cou­vret-on à l’au­dience — ont été vé­ri­fiées par les po­li­ciers, rap­pelle Me Marie Gri­maud, avo­cate d’une des as­so­cia­tions par­ties ci­viles au dos­sier. La quête de la sé­pul­ture fan­tôme conduit mê­me­de­sim­ples­ci­toyens,connec­tés sur les ré­seaux so­ciaux, à se re­trou­ver ré­gu­liè­re­ment pour des re­cherches. Or la zone dé­li­mi­tée à l’époque par les po­li­ciers pour les opé­ra­tions de re­cherche s’étend sur 300 km2.

En dé­cembre, la pseu­do-dé­cou­verte d’une pro­me­neuse près d’Aydat a sus­ci­té l’émoi : un sac d’os­se­ments, qui se sont ré­vé­lés être ceux d’un ani­mal. Quant à la médium sur­gie aux as­sises, elle n’a pas re­non­cé : sur la page Fa­ce­book de Julieta fi­gure un mon­tage au­dio cen­sé rendre compte d’une ré­cente « ten­ta­tive de com­mu­ni­ca­tion avec Fio­na » en juin…

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