Po­la­roid re­monte le temps

La marque de pho­to ins­tan­ta­née com­mer­cia­lise de­puis hier des films ar­gen­tiques et un nou­vel ap­pa­reil.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE -

cli­chés car­rés, l’en­tre­prise amé­ri­caine Po­la­roid avait su­bi l’usure du temps et ar­rê­té la pro­duc­tion de pel­li­cules ar­gen­tiques en 2008, après avoir ra­té la tran­si­tion vers le nu­mé­rique. De­puis lors, les fans de cet ap­pa­reil pho­to ré­vo­lu­tion­naire, ven­du jus­qu’à 13 mil­lions d’exem­plaires par an dans les an­nées 1970, de­vaient ar­pen­ter les bro­cantes pour dé­ni­cher de pré­cieux films. Ou ache­ter des pel­li­cules sur In­ter­net, d’une qua­li­té aléa­toire. Mais de­puis hier — jour an­ni­ver­saire de ses 80 ans — la marque re­naît de ses cendres. Po­la­roid Ori­gi­nals, son nou­veau nom, lance, au ni­veau mon­dial, 4 nou­veaux types de pel­li­cules cou­leur et noir et blanc com­pa­tibles avec les vieux ap­pa­reils (sor­tis après 1972) et an­non­cés comme in­ef­fa­çables. Pe­tit bé­mol, leur prix : à par­tir de 19 € pour 8 pho­tos. Po­la­roid Ori­gi­nals sort aus­si un nou­vel ap­pa­reil aux mêmes contours que l’ori­gi­nal : le OneS­tep 2 (120 €) avec une bat­te­rie re­char­geable et un re­tar­da­teur.

Cette re­lance est l’oeuvre de la fa­mille po­lo­naise Smo­lo­kows­ki, qui a ra­che­té pro­gres­si­ve­ment Po­la­roid. De­puis dix ans, la marque sur­vi­vait grâce à la no­to­rié­té de son nom en ven­dant des li­cences à des fa­bri­cants chi­nois de té­lé­vi­sion ou de drones. Re­dé­mar­rer la pro­duc­tion a été un vrai dé­fi tech­nique. « Nous avons dû ré­in­ven­ter la re­cette ori­gi­nale pour ob­te­nir des films stables et du­rables : ils comptent 27 couches de chi­mie », ex­plique Eglan­tine Au­bry, res­pon­sable mar­ke­ting pour la France. « Il a fal­lu re­trou­ver les chi­mistes d’ori­gine et cer­tains ou­vriers de l’usine néer­lan­daise d’En­schede que nous avions ra­che­tée. »

Reste à réus­sir le pa­ri com­mer­cial, sur un mar­ché de la pho­to où Fu­jiFilm com­mer­cia­lise dé­jà de l’ar­gen­tique ins­tan­ta­né avec son Ins­tax et où le tout-di­gi­tal règne en maître grâce aux smart­phones et aux im­pri­mantes pho­to de poche. « Nous ne vi­sons pas que les hips­ters mais aus­si les per­sonnes âgées pas à l’aise avec le nu­mé­rique et les jeunes qui connaissent l’ef­fet Po­la­roid sur Ins­ta­gram et veulent un pro­duit phy­sique », dé­taille Eglan­tine Au­bry. La marque table sur l’ef­fet nos­tal­gie qui fait re­cette, comme en té­moigne le re­gain d’in­té­rêt des consom­ma­teurs pour les disques vi­nyles.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.