L’autre pré­sident de 39 ans

Triple cham­pion olym­pique de ca­noë, To­ny Es­tan­guet s’est peu à peu im­po­sé comme le lea­deur na­tu­rel de Pa­ris 2024.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS -

un na­geur, quel­qu’un is­su d’un grand sport. » Ber­nard La­pas­set a pour­tant vu juste en dé­tec­tant chez lui des qua­li­tés de lea­deur. « Lors de son dis­cours à la Phil­har­mo­nie de Pa­ris s’est je­té dans la ba­taille face aux autres can­di­dats, no­tam­ment Los An­geles. « Et croyez-moi, il est rude, comme ad­ver­saire ! » s’amuse son frère. Pa­trice en sait quelque chose. En 2000, les fran­gins se sont bat­tus pour l’unique place en sla­lom pour les JO de Syd­ney, To­ny pre­nant fi­na­le­ment l’as­cen­dant sur son aî­né.

« Il avait une ca­pa­ci­té d’as­pi­ra­tion, don­nait cette im­pres­sion de rou­leau com­pres­seur, se sou­vient l’aî­né. Il a des com­pé­tences na­tu­relles de ma­na­ge­ment. Il choi­sit les per­sonnes pour leurs com­pé­tences et es­saie d’en re­ti­rer ce qu’il y a de meilleur pour le pro­jet. »

To­ny ap­plique le sché­ma bou­le­vard Hauss­mann, au siège du co­mi­té de can­di­da­ture. « Je suis tou­jours dans la com­pèt’. Tout ce qui m’a ani­mé pen­dant ces deux ans, c’est qu’on soit les meilleurs », ré­sume le boss. sante Pa­trice. On n’est pas pes­si­mistes mais mé­fiants. On ne se sa­tis­fait pas fa­ci­le­ment d’une si­tua­tion, on a tou­jours be­soin de sé­cu­ri­ser, d’en­vi­sa­ger un coup de plus pour se ga­ran­tir que ça fonc­tionne. To­ny est par­ti­cu­liè­re­ment là-de­dans. Nos pa­rents nous ont in­cul­qué ce cô­té per­fec­tion­niste. Même si la ré­ponse est po­si­tive, on ne s’en sa­tis­fait pas. »

Pen­dant la cam­pagne, To­ny Es­tan­guet au­ra ain­si tou­jours eu peur d’un coup d’éclat des Amé­ri­cains qui se­rait ve­nu fra­gi­li­ser la po­si­tion de Pa­ris. Pour­tant, ce sont bien les Fran­çais qui ont brillé. Le cham­pion, plu­tôt vu comme un gendre idéal au dé­but de l’aven­ture, s’est trans­for­mé en un vé­ri­table lea­deur. « Cette aven­ture m’a chan­gé, avoue ce père de trois en­fants. Au dé­but je n’étais rien et je me suis re­trou­vé presque en pre­mière ligne, il a fal­lu que je m’adapte. J’ai ai­mé ça, j’ai ai­mé toute cette ex­ci­ta­tion. Je pense qu’aujourd’hui les gens ont en tête non pas le kaya­kiste que j’étais mais l’homme que je suis de­ve­nu. » Un homme à qui cer­tains pré­disent un ave­nir de mi­nistre. « La po­li­tique, ce n’est pas mon uni­vers, et ça ne le de­vien­dra sans doute ja­mais. Mon mi­lieu c’est le sport ; ce dont je rêve, c’est d’ame­ner les jeunes au sport. Oui, c’est ça qui m’anime. »

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