« Je n’ai pris la place de per­sonne »

Le nou­veau gar­dien de Bor­deaux, a pe­sé cha­cun de ses mots pour ba­layer son ac­tua­li­té sans langue de bois ni faux-sem­blant.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS -

Rennes, un club qui, à l’époque, jouait l’Eu­rope, c’était Ni­co­las Dou­chez. Et, en plus, j’ar­ri­vais de Ligue 2 ! Le chal­lenge était bien plus im­por­tant. Ici, oui j’ar­rive après Cé­dric, mais on suc­cède tou­jours à quel­qu’un. Je n’ai pris la place de per­sonne. L’une des rai­sons de ma ve­nue, c’est le coach Gour­ven­nec. Si je n’avais pas eu ce fee­ling avec lui, je n’au­rais pas si­gné, car je sor­tais d’une sai­son ex­cep­tion­nelle avec Ch­ris­tian Gour­cuff sur tous les plans, hu­main et spor­tif. Je vou­lais tra­vailler en­core avec un mec nor­mal, qui res­pire le foot. C’est im­por­tant, car suis un joueur de club. J’ai en­vie de du­rer aux Gi­ron­dins, de res­sen­tir les mêmes émo­tions que par­tout où j’ai joué. Le jour où mon his­toire s’ar­rê­te­ra ici, j’es­père que j’au­rais un pin­ce­ment au coeur. Je ne suis ja­mais heu­reux de m’en al­ler, de quit­ter mes co­équi­piers car je donne tout. L’as­pect sen­ti­men­tal est fon­da­men­tal pour moi. Le buzz ne m’in­té­resse pas. Alors par­fois, je ne re­garde rien et je ne lis rien sur le foot. Oui, c’est fa­cile. Mes amis sont nor­maux. Ma mère a bos­sé trente ans au CHU de Caen, mon père tra­vaillait à la SMN en Nor­man­die

Ce sont des ou­vriers. Quand vous avez des bases fa­mi­liales so­lides, ça ne me pa­raît pas com­pli­qué d’être nor­mal. J’ac­cepte ce choix et je le com­prends car il y a énor­mé­ment de qua­li­té à ce poste-là aus­si en sé­lec­tion. Je sais pour­quoi j’ai été un temps nu­mé­ro deux. Steve était long­temps bles­sé et Al­phonse ne jouait pas beau­coup. Je sou­haite le meilleur à mes col­lègues car ce sont des très bons gar­diens et de su­per mecs. Mais oui, j’ai été dé­çu, ça fait même c… J’ai en­vie d’être au très haut ni­veau et l’équipe de France, c’est ça. On m’a dit : « Le troi­sième gar­dien est là pour ra­mas­ser les bal­lons. » C’est de la mé­chan­ce­té gra­tuite ou de l’in­com­pé­tence. Les gens ne se rendent pas compte du tra­vail qu’il faut faire pour al­ler en sé­lec­tion. Les ga­mins en rêvent. J’ai eu la chance et le pri­vi­lège d’y être. Alors ça m’a beau­coup af­fec­té de ne pas être re­te­nu. Je vais conti­nuer à bos­ser avec mon club et faire en sorte d’avoir plus d’ar­gu­ments pour re­ve­nir.

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