Le grand désa­mour

Quatre mois après la pré­si­den­tielle, les par­ti­sans du FN portent un re­gard sé­vère sur leur can­di­date.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - DANS LA SOMME ET LE PAS-DE-CA­LAIS TEXTES : VALÉRIE HACOT PHOTOS : PHILIPPE DE POULPIQUET

Même dans la Somme et le Pas-de-Ca­lais, deux dé­par­te­ments où la pré­si­dente du Front na­tio­nal a pour­tant réa­li­sé des scores ca­nons à la pré­si­den­tielle, le doute s’ins­talle… La dé­cep­tion aus­si. Et par­fois même la co­lère. A tel point que par­mi ses plus ar­dents sup­por­teurs, cer­tains semblent prêts à tour­ner la page Ma­rine Le Pen. « Pour cer­tains sym­pa­thi­sants, on est pas­sé de l’ado­ra­tion à la dé­tes­ta­tion », constate, si­dé­ré, un cadre lo­cal du par­ti.

PAR­TI EN CRISE

Jusque-là in­con­tes­tée, Ma­rine Le Pen voit donc sa po­si­tion fra­gi­li­sée comme ja­mais de­puis son ac­ces­sion, en 2011, à la tête du FN. D’au­tant qu’en cette ren­trée po­li­tique, les nuages s’amon­cellent : sa for­ma­tion tra­verse une pro­fonde crise d’iden­ti­té, ses prin­ci­paux lieu­te­nants s’af­frontent sur la ligne à adop­ter, tan­dis que les In­sou­mis de JeanLuc Mé­len­chon mo­no­po­lisent le rôle de prin­ci­paux op­po­sants à Em­ma­nuel Ma­cron. Pour ren­ver­ser la va­peur, Ma­rine Le Pen va donc avoir — elle le sait —, du pain sur la planche. Dès le 23 sep­tembre, elle en­ta­me­ra une tour­née des fé­dé­ra­tions FN pour al­ler à la ren­contre des mi­li­tants mais aus­si de ses élec­teurs. Une grande opération sé­duc­tion qui doit aus­si per­mettre de nour­rir la ré­flexion dans le cadre de la re­fon­da­tion du par­ti. Un vaste chan­tier cen­sé abou­tir avant le congrès pro­gram­mé dé­but mars, à Lille.

Reste que Ma­rine Le Pen conserve un avan­tage de taille : per­sonne au­jourd’hui au sein du Front na­tio­nal n’est en me­sure de lui contes­ter sa place de nu­mé­ro 1. La très po­pu­laire Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen s’est mise en re­trait, et au­cun des cadres du par­ti n’a l’en­ver­gure suf­fi­sante. Comme le ré­sume un dé­pu­té fron­tiste : « Il ne faut pas l’en­ter­rer trop vite. On di­sait la même chose de Sar­ko­zy en 1993. »

Con­dé-Fo­lie (Somme), le 11 sep­tembre. Ch­ris­tophe et son fils Jean­nou tiennent le ca­fé du Nord.

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