Les femmes aus­si aiment trop leurs écrans

Une nou­velle étude sur la sé­den­ta­ri­té pointe une baisse d’ac­ti­vi­té in­quié­tante chez les Fran­çaises.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE -

qu’on ne s’at­ten­dait pas à de tels ré­sul­tats », ad­met Be­noît Sa­la­nave, l’un des au­teurs de l’étude Es­te­ban qui vient d’être dé­voi­lée. Par­mi ces nom­breuses don­nées re­cueillies par San­té pu­blique France sur la sé­den­ta­ri­té dans la po­pu­la­tion fran­çaise, un chiffre in­quiète par­ti­cu­liè­re­ment cet épi­dé­mio­lo­giste. Alors qu’on a l’im­pres­sion qu’il n’y a ja­mais eu au­tant de jog­geuses et d’adeptes du fit­ness, l’ac­ti­vi­té phy­sique des femmes a dé­grin­go­lé en dix ans.

Cette évo­lu­tion s’ex­plique, en par­tie, par la place de plus en plus pré­pon­dé­rante des écrans dans leur vie. Elles passent dé­sor­mais au­tant de temps que les hommes sur leurs smart­phones, or­di­na­teurs, ta­blettes, et de­vant leur té­lé­vi­sion, en de­hors de l’ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle. En 2006, elles n’étaient que 48 % à dé­cla­rer pas­ser trois heures et plus par jour de­vant leurs écrans contre 59 % pour les hommes. Dix ans plus tard, peu im­porte l’âge, les deux sont à éga­li­té et ce chiffre at­teint dé­sor­mais 80 %. De ma­nière gé­né­rale, chez les adultes, la du­rée moyenne de­vant les smart­phones, or­di­na­teurs, et té­lé­vi­sions s’est consi­dé­ra­ble­ment al­lon­gée, pas­sant de 3 h 10 par jour à 5 h 7 en 2015 !

Se­lon Pas­cal Lar­del­lier, so­cio­logue des nou­velles tech­no­lo­gies, « cette énorme hausse n’a pas été re­mar­quée avant ». Il l’ex­plique par la grande mi­gra­tion nu­mé­rique que l’on connaît au­jourd’hui. Des ac­tions réa­li­sées au­tre­fois dans la vie réelle. « On trouve l’ami­tié sur les ré­seaux so­ciaux, l’amour sur les sites de ren­contres, on fait du com­merce en ligne. Tout le monde est concer­né. » Et, avec l’ex­plo­sion ré­cente des écrans dans notre so­cié­té, dans les res­tau­rants, bars… par­tout, notre re­gard est at­ti­ré par des images. « On a tout au doigt et à l’oeil », ana­lyse le so­cio­logue.

Les chiffres de Mé­dia­mé­trie confirment cet in­té­rêt des femmes. Elles re­pré­sentent 55 % des uti­li­sa­teurs de ta­blettes ! Elles sont aus­si plus pré­sentes sur Fa­ce­book et Ins­ta­gram alors que ces mes­sieurs pré­fèrent Twit­ter.

Cette hy­per­con­nec­tion aug­mente leur sé­den­ta­ri­té. Si les sta­tis­tiques mas­cu­lines sont à la hausse, les femmes, elles, bougent moins qu’avant. En dix ans, leur part d’ac­ti­vi­té phy­sique a chu­té de 16 %, et même de 22 % chez les 40-54 ans. Autre grande dif­fé­rence poin­tée par Be­noît Sa­la­vane, l’in­ten­si­té des minces ef­forts pra­ti­qués est aus­si en cause. Pour de nom­breuses femmes, elle reste mo­dé­rée tan­dis qu’elle est éle­vée chez les hommes. Un pro­blème quand on sait que la sé­den­ta­ri­té mul­ti­plie les risques de ma­la­dies comme le dia­bète ou les pro­blèmes car­diaques. D’après l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la san­té (OMS), elle est ain­si im­pli­quée dans plus de 3 mil­lions de morts évi­tables.

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