Comment le sus­pect a ré­cu­ré sa voi­ture

Les images de vi­déo­sur­veillance montrent que le sus­pect s’est at­tar­dé sur cer­taines par­ties de son vé­hi­cule.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - JEAN-MARC DUCOS

avait-il été en­ten­du le di­manche 27 août comme simple té­moin par les gen­darmes, que Nor­dahl Le­lan­dais, 34 ans, le sus­pect in­car­cé­ré dans l’en­quête sur la dis­pa­ri­tion de Maë­lys, 9 ans, à Pont-de-Beau­voi­sin (Isère), se pré­ci­pi­tait à la sta­tion de la­vage pour net­toyer son Au­di A3. Une voi­ture au centre des in­ves­ti­ga­tions et dont le les­si­vage com­plet a été fil­mé par deux ca­mé­ras de vi­déo­sur­veillance. Deux dis­po­si­tifs qui se croisent et filment par sé­quences. Se­lon nos in­for­ma­tions, le net­toyage, très soi­gné, a du­ré un peu plus de 2 h 17 se­lon le time-code ré­cu­pé­ré par les en­quê­teurs.

Les vi­déos montrent l’ex-maître-chien en train de s’em­ployer à « un vé­ri­table la­vage ob­ses­sion­nel » de son vé­hi­cule pour­tant ré­pu­té très propre. Il est no­tam­ment fil­mé en train de sor­tir un à un les ta­pis de sol de la voi­ture pour les pas­ser à l’as­pi­ra­teur. Il est vu aus­si sor­tir le siège avant cô­té pas­sa­ger. Un net­toyage dans les règles de l’art avec un pro­duit dé­ter­gent. Le sus­pect prend un temps par­ti­cu­liè­re­ment long sur le cô­té droit du vé­hi­cule. Il uti­lise pen­dant plus de 41 mi­nutes les as­pi­ra­teurs dont il re­charge mé­tho­di­que­ment la mi­nu­te­rie avec des pièces-je­tons. Il le passe dans l’ha­bi­tacle et le coffre, uti­li­sant en outre pour ce der­nier un pro­duit pour jantes par­ti­cu­liè­re­ment dé­grais­sant et désoxy­dant. Une so­lu­tion si puis­sante qu’elle trouble l’odo­rat des chiens de piste de la gen­dar­me­rie.

Un autre dé­tail at­tire l’oeil des en­quê­teurs, c’est la pa­tience de Nor­dahl Le­lan­dais à as­ti­quer mé­tho­di­que­ment les poi­gnées in­té­rieures et ex­té­rieures de la porte cô­té pas­sa­ger. Il in­siste éga­le­ment sur les com­mandes de portes. Le conduc­teur de l’Au­di quitte les lieux vers 19 h 45.

Ce n’est que le len­de­main que les en­quê­teurs ap­pren­dront ce les­si­vage. Nor­dahl Le­lan­dais se­ra donc à nou­veau convo­qué le lun­di soir par les gen­darmes, tou­jours comme té­moin, pour s’ex­pli­quer. Il leur di­ra qu’il avait l’in­ten­tion de vendre sa voi­ture et il in­di­que­ra le nom de l’ache­teur.

C’est dans cette voi­ture, sur la com­mande des phares à gauche, que les ana­lyses met­tront en évi­dence un ADN de Maë­lys su­per­po­sé avec ce­lui de Nor­dahl. Une dé­cou­verte qui condui­ra à sa mise en exa­men pour « en­lè­ve­ment et sé­ques­tra­tion ».

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