Ache­ter en vrac, c’est plus éco­no­mique

Can­ton­né jus­qu’ici aux cir­cuits bio, le vrac se dé­mo­cra­tise et gagne tous les rayons. Les écarts de prix entre pro­duits condi­tion­nés et en vrac

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - DEL­PHINE DENUIT

raines, cé­réales, len­tilles, les­sive, cos­mé­tiques… Presque tout peut s’ache­ter au­jourd’hui sans em­bal­lage ! La vente en vrac grappille de plus en plus de place sur les rayon­nages des hy­pers comme des su­per­mar­chés fran­çais. Ces pro­duits « nus », sans pa­cka­ging, ven­dus bruts, ren­contrent un fort en­goue­ment en France. Le mar­ché reste en­core res­treint — 0,5 % du mar­ché de l’ali­men­ta­tion —, mais va dé­pas­ser pour la pre­mière fois cette an­née les 500 M€ de chiffre d’af­faires, se­lon Ac­cen­ture. Au­chan (Vrac Sa­veurs), Car­re­four… De­puis dix ans, toutes les grandes en­seignes s’y sont mises. « Les Fran­çais veulent man­ger mieux et équi­table, pri­vi­lé­gier l’achat lo­cal, en ré­dui­sant le gas­pillage ali­men­taire et les dé­chets d’em­bal­lage », as­sure Laurent Thou­mine, di­rec­teur exé­cu­tif en charge de la grande dis­tri­bu­tion chez Ac­cen­ture.

Ac­ces­sibles en libre-ser­vice, les ali­ments en vrac pré­sentent beau­coup d’avan­tages. Ils né­ces­sitent moins de ma­nu­ten­tion de la part de la grande sur­face qui trans­vase sim­ple­ment les pro­duits d’un conte­nant à l’autre. C’est au client de se ser­vir lui-même di­rec­te­ment au dis­tri­bu­teur, se­lon la quan­ti­té dont il a be­soin. D’abord can­ton­né aux pro­duits secs bio (rai­sins, amandes…), le vrac per­met sur­tout « d’ache­ter en fonc­tion de ses be­soins, le consom­ma­teur n’est plus pous­sé à sto­cker de grandes quan­ti­tés et à avan­cer de l’ar­gent pour faire des éco­no­mies, ré­sume Flore Ber­lin­gen, di­rec­trice de l’as­so­cia­tion in­dé­pen­dante Ze­ro Waste France. Il jette moins. » « Le prix moyen au litre de notre les­sive bio est bien in­fé­rieur à ce­lui de nos les­sives en rayons et le client peut ne rem­plir sa bou­teille qu’à moi­tié », note Jean-Paul Mo­chet, di­rec­teur gé­né­ral de Fran­prix (groupe Ca­si­no). Chez Noé, son nou­veau concept de ma­ga­sin pri­vi­lé­giant la pro­duc­tion fran­çaise res­pec­tueuse et bio, le litre de les­sive bio coûte 3,20 € (hors bou­teille réuti­li­sable à 1,50 €), soit deux fois moins que le prix moyen du litre de les­sive or­di­naire.

« A pro­duits com­pa­rables, sur 500 ré­fé­rences ven­dues dans un même ma­ga­sin, la dif­fé­rence de prix est d’au moins 10 % en fa­veur du vrac », es­time Laurent Thou­mine. Chez Bio­coop, la co­opé­ra­tive pion­nière de­puis trente ans du vrac en France, « les prix du vrac sont in­fé­rieurs en moyenne de 15 % à ceux des pro­duits condi­tion­nés équi­va­lents », ré­sume Pierre-Yves Blan­chard, chef de mar­ché ad­joint. Les éco­no­mies va­rient en réa­li­té beau­coup d’un pro­duit à l’autre. « Dif­fi­cile de concur­ren­cer le pre­mier prix d’un dis­tri­bu­teur sur un pro­duit de base comme le riz, mais le client s’y re­trouve s’il pré­fère ache­ter un pro­duit ré­gio­nal ou de l’épi­ce­rie (thé, ca­fé, fruits secs) en vrac avec un gain pou­vant at­teindre 35 % par rap­port aux équi­va­lents em­bal­lés », as­sure Da­vid Su­trat, co­fon­da­teur de la chaîne d’épi­ce­rie Day by Day.

Tous les pro­fes­sion­nels sont d’ac­cord pour re­con­naître que « le vrac n’est évi­dem­ment pas tou­jours la so­lu­tion la moins chère du mar­ché » mais offre à coup sûr un ex­cellent rap­port qua­li­té/prix. « Lors d’une pé­nu­rie de graines de courge, un best-sel­ler, nous avons op­té pour un pro­duc­teur au­tri­chien proche, plu­tôt qu’un four­nis­seur chi­nois bio à la tra­ça­bi­li­té dou­teuse », se sou­vient Pierre-Yves Blan­chard. A dé­faut de pro­fi­ter du prix le plus bas, le client est as­su­ré d’avoir un pro­duit équi­table. DIS­TRI­BU­TION

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