Et si Wau­quiez ga­gnait faute d’ad­ver­saires...

Par­mi les six can­di­dats dé­cla­rés à la pré­si­dence, qui se joue­ra en dé­cembre, seul l’ex-mi­nistre de Sar­ko­zy est as­su­ré de dé­cro­cher les par­rai­nages. Pas ques­tion pour­tant de chan­ger les règles.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE -

que cha­cun doit re­mettre à la Haute Au­to­ri­té d’ici au 11 oc­tobre. Une for­ma­li­té pour le pré­sident de la ré­gion Au­vergne - Rhône-Alpes, fa­vo­ri de ce scru­tin pré­vu les 10 et 17 dé­cembre via In­ter­net, mais un vrai casse-tête pour les autres. « J’en­re­gistre une moyenne de 60 par­rai­nages par jour. A ce rythme, c’est in­suf­fi­sant pour es­pé­rer at­teindre l’ob­jec­tif », ad­met le dé­pu­té Ju­lien Au­bert, qui au­rait à ce stade re­cueilli un peu plus de 600 sou­tiens d’adhé­rents. « J’ai un peu moins de 1 000 par­rai­nages et j’en rentre en moyenne 130 par jour… alors qu’il fau­drait que j’en sois plu­tôt à 150 pour être ras­su­ré », ajoute de son cô­té le jup­péiste Ca­lan. « Je ga­lère, mais j’es­père vrai­ment que ça va pas­ser », ex­plique pour sa part la fillo­niste Flo­rence Por­tel­li, qui dit tout de même « avoir lar­ge­ment dé­pas­sé le cap du mil­lier ».

Tous sont confron­tés au même obs­tacle : un dé­lai de col­lecte ju­gé trop court, un mois, et sur­tout le peu d’ap­pé­tence des mi­li­tants. « Ils sont en­core traumatisés par la double dé­faite pré­si­den­tielle-lé­gis­la­tives. Et dès qu’on leur parle de cam­pagne in­terne, ça ra­vive les mau­vais sou­ve­nirs de la ba­taille Co­pé-Fillon », ra­conte Au­bert.

« Sur­tout, les adhé­rents sont sou­sin­for­més. Beau­coup ignorent qu’il y a une cam­pagne et qu’ils peuvent ap­por­ter leur sou­tien à un can­di­dat », re­bon­dit Por­tel­li. Mis en cause, le par­ti a pour­tant fait par­ve­nir cette se­maine à ses quelque 230 000 adhé­rents un bul­le­tin de par­rai­nage dans le ma­ga­zine des Ré­pu­bli­cains. Laurent Wau­quiez se­rait sur­tout sus­pec­té de pro­fi­ter des ré­seaux du mou­ve­ment pour faire cam­pagne. « C’est faux, on ne ver­rouille rien ! Si cer­tains can­di­dats ne sont pas ca­pables d’ob­te­nir les si­gna­tures d’au moins 1 % du corps élec­to­ral, c’est à eux de s’in­ter­ro­ger sur leur ca­pa­ci­té à ras­sem­bler », ren­voie le maire de Cha­lon-sur-Saône, Gilles Pla­tret, sou­tien de Wau­quiez. « S’il n’y a qu’un can­di­dat, il n’y au­ra pas de dé­bat sur la ligne, alors qu’il doit avoir lieu. Et ça ne se­ra pas flat­teur pour notre dé­mo­cra­tie in­terne », in­siste Flo­rence Por­tel­li.

Sai­sie du pro­blème, la ju­riste Anne Le­vade, pré­si­dente de la Haute Au­to­ri­té, n’en­vi­sage pas de ral­lon­ger le dé­lai de col­lecte. « Ob­te­nir les par­rai­nages est tou­jours une étape com­pli­quée. Mais on ne change pas les règles du jeu en cours de com­pé­ti­tion, per­sonne ne le com­pren­drait. Et je rap­pelle qu’elles ont été fixées par les sta­tuts du par­ti », ren­voie celle qui pi­lote l’or­ga­ni­sa­tion des cam­pagnes in­ternes de la droite de­puis 2014.

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