Les Fran­çais s’at­tachent au SANS-CONTACT

Après des dé­buts ti­mides, les paie­ments sans contact ex­plosent. Et à par­tir d’oc­tobre, on pour­ra ré­gler jus­qu’à 30 €, au lieu de 20 € au­jourd’hui.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - DOS­SIER RÉA­LI­SÉ PAR BORIS CASSEL

ES­PÈCES, LI­QUIDE, bif­fe­tons, maille, oseille… Bien­tôt, tous ces sur­noms ap­par­tien­dront au pas­sé. Que ce soit à la bou­lan­ge­rie, chez le fleu­riste ou au su­per­mar­ché, les billets et les pièces sont, dou­ce­ment, sans faire de bruit, en train de dis­pa­raître. Ain­si, « en 2016, pour la pre­mière fois, le nombre de re­traits aux dis­tri­bu­teurs au­to­ma­tiques de billets a bais­sé de 3 % », sou­ligne Ré­gis Fol­baum, di­rec­teur des paie­ments de la Banque pos­tale.

D’autres ré­seaux ban­caires en­re­gistrent la même désaf­fec­tion pour le cash, au­quel se sub­sti­tuent les cartes ban­caires et les smart­phones, tous deux équi­pés du paie­ment sans contact. Lan­cée en 2012 en France, cette tech­no­lo­gie per­met à 67 % des por­teurs de carte ban­caire de payer jus­qu’à 20 € sans ta­per leur code. Il suf­fit d’ap­pro­cher la carte ou le té­lé­phone por­table à quelques cen­ti­mètres du ter­mi­nal de paie­ment d’un des 585 000 com­merces équi­pés pour dé­clen­cher la tran­sac­tion.

DU MÉ­TRO AU RES­TAU­RANT, L’HA­BI­TUDE DU SANS-CONTACT VITE PRISE

Long­temps du­bi­ta­tifs sur l’uti­li­té du sans-contact, les Fran­çais s’y conver­tissent au­jourd’hui à vi­tesse grand V : le nombre de tran­sac­tions a dou­blé en un an ! « Lorsque vous en pre­nez l’ha­bi­tude, vous ne re­ve­nez pas en ar­rière. La seule chose qui peut vous ar­rê­ter, c’est un ter­mi­nal de paie­ment an­cien, pas à jour, qui bugge, ex­plique un connais­seur. Et là, vous aban­don­nez le sans-contact car vous avez eu l’air ri­di­cule dans la file d’at­tente… » Mais ces bugs sont de moins en moins fré­quents. Tant les com­mer­çants que les dis­tri­bu­teurs, sou­cieux de ré­duire le temps d’at­tente en caisse (sy­no­nyme de grosses pertes de chiffre d’af­faires…), ont com­pris l’in­té­rêt du sans-contact. Et re­mis à jour leurs ter­mi­naux.

Dès le mois pro­chain, ce mode de rè­gle­ment va sans doute faire en­core un grâce au re­lè­ve­ment du pla­fond de paie­ment : chez les com­mer­çants, il pas­se­ra pro­gres­si­ve­ment de 20 € à 30 € pour les cartes ban­caires.

Quant au sans contact par smart­phone, ceux réa­li­sés avec la so­lu­tion Pay­lib sur An­droid ne se­ront plus li­mi­tés à 300€ comme ils le sont au­jourd’hui. Et d’autres in­no­va­tions ar­rivent pour nous faire payer sans contact à l’aide de porte-clés, de montres con­nec­tées, etc. (lire ci­contre). « Le paie­ment par carte ban­caire pour des pe­tits mon­tants dé­col­le­ra grâce aux trans­ports. On l’a consta­té à Londres », ana­lyse Gé­rard Né­bouy, le di­rec­teur France de Vi­sa. Et de pré­ci­ser : « Les voya­geurs ont pris l’ha­bi­tude de payer leur mé­tro et leur bus en po­sant sim­ple­ment leur carte ban­caire sur les au­to­mates à l’en­trée et à la sor­tie. Ils ont pris cette ha­bi­tude dans le mé­tro et ont conti­nué à uti­li­ser le paie­ment sans contact ailleurs, pour payer, par exemple, au pub. » Preuve, s’il en est, que le sys­tème est adop­té !

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