Vaccins SA­CHEZ TOUT

Il n’y a ja­mais eu au­tant de vaccins obli­ga­toires en France. C’est ac­té de­puis hier. Dans trois mois, le ca­len­drier des in­jec­tions va chan­ger. Seuls les bé­bés nés à par­tir du 1er jan­vier 2018 sont concer­nés.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAR CH­RIS­TINE MATEUS (AVEC ELSA MA­RI)

AC­TÉ ! L’heure n’est plus au débat. Le nombre des vaccins obli­ga­toires chez les jeunes en­fants pas­se­ra bien de trois à onze, pour les bé­bés nés à par­tir du 1er jan­vier. C’est l’une des prin­ci­pales me­sures du pro­jet de loi de fi­nan­ce­ment de la Sé­cu­ri­té so­ciale pour 2018 qui a été pré­sen­té, hier, par le gou­ver­ne­ment. A la diph­té­rie, le té­ta­nos et la po­lio­myé­lite vont s’ajou­ter co­que­luche, rou­geo­leo­reillons-ru­béole (ROR), hé­pa­tite B, bac­té­rie Hae­mo­phi­lus in­fluen­zae, pneu­mo­coque et mé­nin­go­coque C. Pour le gou­ver­ne­ment, c’est simple : il faut amé­lio­rer la cou­ver­ture vac­ci­nale, qui est forte mais pas suf­fi­sante pour évi­ter le re­tour de cer­taines ma­la­dies comme la rou­geole, qui a tué dix en­fants de­puis 2008. « Ce n’est pas ad­mis­sible », dé­cla­rait la mi­nistre de la San­té, Agnès Bu­zyn, en juin dans nos co­lonnes.

Ja­mais la France n’au­ra donc connu au­tant de vaccins obli­ga­toires à faire men­tion­ner sur les car­nets de san­té des bam­bins. Le pays de Louis Pas­teur, père de la vac­ci­na­tion, s’ap­prête donc à vivre un bou­le­ver­se­ment… dans une am­biance dé­lé­tère. Car notre pays est aussi ce­lui de la mé­fiance à l’égard de cette tech­nique qui a fait re­cu­ler, voire dis­pa­raître de la pla­nète, de nom­breuses pa­tho­lo­gies comme la va­riole. Or com­ment, en si peu de temps — trois mois entre l’an­nonce en juin et sa concré­ti­sa­tion —, ba­layer l’in­quié­tude que les vaccins ins­pirent à quelque 40 % des Fran­çais. Un ré­sul­tat fai­sant de l’Hexa­gone le pays au monde où l’on doute le plus de leur sé­cu­ri­té, se­lon une vaste étude conduite en 2016 dans 67 pays. D’où viennent les craintes contre la vac­ci­na­tion qui compte à son ac­tif 3 mil­lions de vies sau­vées par an sur la pla­nète ? En 2015, à l’in­vi­ta­tion du Leem, les En­tre­prises du mé­di­ca­ment, le so­cio­logue Gé­rald Bron­ner, pro­fes­seur à l’uni­ver­si­té Pa­ris-Di­de­rot, ex­pli­quait : « C’est une ten­dance na­tu­relle de l’être hu­main : nous avons une hy­per­sen­si­bi­li­té face au risque. Or si la pro­ba­bi­li­té du risque dans un vac­cin est très faible, elle n’est pas nulle. Dans le ma­quis des sites, blogs… 70 % dif­fusent des conte­nus qui re­mettent en cause des faits scien­ti­fiques. Ce­la joue lorsque vous êtes in­dé­cis. »

Mais que vont ris­quer les ré­frac­taires ? En cas de re­fus, les pa­rents n’au­ront pas de sanc­tions pé­nales et d’amende, a tou­te­fois pré­ci­sé la mi­nistre. La dis­po­si­tion pré­voyant jus­qu’à six mois de pri­son et 3 750 € d’amende pour « re­fus de se sou­mettre à l’obli­ga­tion vac­ci­nale » se­ra abro­gée. Seule consé­quence, mais de taille : ils n’au­ront pas ac­cès à l’école ou à la crèche. Il se­ra en ef­fet im­pos­sible d’ins­crire leur pro­gé­ni­ture non vac­ci­née dans ces col­lec­ti­vi­tés. D’autres ont dé­jà trou­vé une pa­rade. Et font faire de faux cer­ti­fi­cats de contre-in­di­ca­tions par des mé­de­cins com­plices (voir en­ca­dré), mi­no­ri­taires dans la pro­fes­sion.

LA SANC­TION PÉ­NALE DIS­PA­RAÎT

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