Neuf ré­ponses à vos ques­tions

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAR ÉMI­LIE TORGEMEN

QUELS VACCINS DE­VIENNENT OBLI­GA­TOIRES ?

En plus de la diph­té­rie, du té­ta­nos et de la po­lio­myé­lite (DT­po­lio), les nour­ris­sons de­vront obli­ga­toi­re­ment, d’ici trois mois, être im­mu­ni­sés contre la co­que­luche, l’hé­pa­tite B, la mé­nin­gite, le pneu­mo­coque, le mé­nin­go­coque C, la rou­geole, les oreillons et la ru­béole (ROR). Ce ne se­ra pas une ré­vo­lu­tion. L’im­mense ma­jo­ri­té des Fran­çais ef­fec­tuent dé­jà ces vaccins, ins­crits dans le carnet de san­té de leurs en­fants, mêmes s’ils ne sont au­jourd’hui que re­com­man­dés. No­tam­ment parce que le DT-po­lio seul n’est plus com­mer­cia­li­sé et que les la­bo­ra­toires ne le pro­posent plus que sous la forme de su­per­vac­cins tout-en-un. « On es­time que 30 % des en­fants ne sont pas pro­té­gés contre le mé­nin­go­coque C et que 20 % n’ont pas fait leur deuxième rap­pel pour le ROR », re­cense le pro­fes­seur Da­niel Flo­ret, pé­diatre et pré­sident du co­mi­té tech­nique des vac­ci­na­tions en France.

POUR­QUOI LE VAC­CIN CONTRE L’HÉ­PA­TITE B CONCENTRE LES CRI­TIQUES ?

Parce que, après le pic de vac­ci­na­tion de 1994, on a soup­çon­né le sé­rum de trans­mettre la sclé­rose en plaques. En 2014, l’Etat a même été condam­né pour le cas d’une an­cienne in­fir­mière qui avait dé­cla­ré cette ma­la­die neu­ro­dé­gé­né­ra­tive après avoir été vac­ci­née. Pour­tant, les études ne montrent pas « d’as­so­cia­tion sta­tis­ti­que­ment si­gni­fi­ca­tive » entre le vac­cin et cette af­fec­tion.

MON BÉ­BÉ EST-IL CONCER­NÉ ?

Seule­ment s’il naît après le 1er jan­vier 2018. La ré­forme n’est pas ré­tro­ac­tive. Si votre fils doit naître en dé­cembre ou si votre fille fête ses 2 ans, pas de chan­ge­ment. Mais rien n’em­pêche de les vacciner si ce n’est dé­jà fait.

JE RE­FUSE. QU’EST-CE QUE JE RISQUE ?

La mi­nistre de la San­té, Agnès Bu­zyn, a pro­mis qu’il n’y au­rait pas de « sanc­tions pé­nales ni d’amendes » pour les pa­rents qui re­fusent le vac­cin. Le gou­ver­ne­ment de­vrait même sup­pri­mer la dis­po­si­tion du Code de la san­té pu­blique qui pré­voit jus­qu’à six mois de pri­son et 3 750 € d’amende. En re­vanche, un en­fant qui se re­trou­ve­rait han­di­ca­pé en rai­son d’une ab­sence de vac­cin au­rait le droit « de mettre en cause pé­na­le­ment ses pa­rents », tou­jours se­lon la mi­nistre de la San­té.

LES EN­FANTS NON VAC­CI­NÉS POUR­RONT-ILS AL­LER À L’ÉCOLE OU À LA CRÈCHE ?

Non, si les éta­blis­se­ments jouent le jeu. Comme c’est le cas au­jourd’hui pour le DT-po­lio, les pe­tits nés après le 1er jan­vier 2018 de­vront mon­trer à par­tir du 1er juin leur carnet de san­té page vac­ci­na­tions dû­ment tam­pon­né pour être ad­mis à la crèche mais aussi dans toutes les col­lec­ti­vi­tés : école, centres de loi­sirs, co­lo­nies. Le gou­ver­ne­ment compte sur la crainte de de­voir dé­sco­la­ri­ser leurs en­fants pour convaincre les plus ré­cal­ci­trants.

Y A-T-IL DES EX­CEP­TIONS ?

Oui, mais uni­que­ment en cas de contre-in­di­ca­tions mé­di­cales. « C’est pea­nuts, com­mente le pro­fes­seur Flo­ret. Elles concernent les per­sonnes qui ont dé­ve­lop­pé un choc al­ler­gique à l’un des com­po­sants du vac­cin. » Et, dans le cas spé­ci­fique du ROR (rou­geole-oreillons­ru­béole), les en­fants im­mu­no­dé­pri­més. Il n’y au­ra en re­vanche pas d’ex­cep­tion idéo­lo­gique. Les pa­rents ne pour­ront pas faire va­loir « une clause d’exemp­tion » pour faire ad­mettre leurs têtes blondes non vac­ci­nées en col­lec­ti­vi­té. Aux Etats-Unis, l’adulte res­pon­sable peut si­gner un do­cu­ment dans le­quel il re­con­naît les risques. En France, cette piste a été évo­quée en no­vembre puis aban­don­née.

COM­BIEN DE­VRA-T-ON FAIRE D'IN­JEC­TIONS PAR EN­FANT ?

Avant 2 ans, nos bé­bés de­vront être pi­qués dix fois (voir l’in­fo­gra­phie ci-des­sus). C’est sept pi­qûres et trois ren­dez-vous de plus qu’avant chez le pé­diatre ou dans un centre de vac­ci­na­tion. Et c’est sans comp­ter les rap­pels après 2 ans, qui ne sont certes tou­jours pas obli­ga­toires mais res­tent re­com­man­dés et in­dis­pen­sables à 6 ans, 11-13 ans puis à 25 ans dans le cas du DT-po­lio.

RISQUE-T-ON UNE PÉ­NU­RIE ?

« Nous avons lar­ge­ment an­ti­ci­pé, ras­sure-t-on chez Sa­no­fi. Nous n’au­rons au­cune dif­fi­cul­té à four­nir le mar­ché fran­çais. » Le la­bo­ra­toire fran­çais com­mer­cia­lise l’Hexyon, un vac­cin hexa­valent qui pro­tège contre six ma­la­dies (diph­té­rie, té­ta­nos, po­lio­myé­lite, co­que­luche, hé­pa­tite B, in­fec­tions à Hae­mo­phi­lus in­fluen­zae). Le groupe es­time que, par­mi les nou­veau-nés de 2018, au maxi­mum 20 %, soit 160 000 bé­bés sup­plé­men­taires, de­vront être vac­ci­nés.

CES VACCINS SE­RONT-ILS GRA­TUITS ?

Oui. Ils sont pris en charge à 65 % par l’as­su­rance ma­la­die et à 35 % par les as­su­rances com­plé­men­taires. Les per­sonnes qui ne sont pas cou­vertes pour­ront se rendre dans un centre de pro­tec­tion ma­ter­nelle et in­fan­tile (PMI) et ain­si ne pas dé­bour­ser un cen­time.

Une em­ployée du la­bo­ra­toire Sa­no­fi-Pas­teur, près de Lyon (Rhône), qui fa­brique un vac­cin hexa­valent, pro­té­geant contre six ma­la­dies.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.