La rude jour­née d’Edouard Philippe

Fronde des élus lo­caux, mau­vais son­dage et duel contre Mé­len­chon sur France 2 étaient à son pro­gramme hier.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - OLI­VIER BEAU­MONT

hier pour le Pre­mier mi­nistre Edouard Philippe ! En­ta­mée dans la ma­ti­née avec un dé­pla­ce­ment à Or­léans (Loi­ret) pour la Con­fé­rence des ré­gions, où les pré­si­dents d’exé­cu­tifs lui ont cla­qué la porte au nez après qu’il a confir­mé la sup­pres­sion de 450 M€ de cré­dits pour 2018, elle s’est pour­sui­vie par la pu­bli­ca­tion d’un son­dage Odoxa pour « le Fi­ga­ro » ré­vé­lant qu’un Fran­çais sur trois ne le connaît tou­jours pas ! Ce­la va­lait bien un foo­ting de dé­com­pres­sion dès son re­tour à Ma­ti­gnon, dans l’après-mi­di, avant d’en­ta­mer la pré­pa­ra­tion du gros mor­ceau pré­vu pour le soir : sa pre­mière participation à « l’Emis­sion po­li­tique » sur France 2.

Un ren­dez-vous très at­ten­du pour ce­lui qui peine en­core à in­car­ner la fonc­tion. Sur­tout après sa pres­ta­tion ra­tée sur BFMTV et RMC, fin août, où il était ap­pa­ru ap­proxi­ma­tif dans ses ré­ponses, sé­chant sur cer­tains chiffres. Et un exer­cice à haut risque puisque c’est Jean-Luc Mé­len­chon qui lui a por­té la contra­dic­tion en fin de soi­rée. « C’est un sa­cré pro­gramme », a du coup iro­ni­sé Philippe dès le dé­but de l’émis­sion, avant d’être mis sur le gril des ques­tions de Léa Salamé. No­tam­ment la pre­mière : pour­quoi n’était-il pas sur la fa­meuse photo de Ma­cron si­gnant les or­don­nances ? « Je ne peux pas être sur toutes les photos », ren­voie-t-il, un brin cris­pé.

L’an­cien maire du Havre est ve­nu avec quelques fiches, dont le « Li­vret jaune du pou­voir d’achat », édi­té cette se­maine par Ber­cy pour dé­fendre les me­sures bud­gé­taires du gou­ver­ne­ment au­près des contri­buables. Ce qui ne l’a pas em­pê­ché de bu­ter quand il a fal­lu dé­fendre la po­li­tique fis­cale, no­tam­ment la sup­pres­sion de l’ISF, et de ne rien cla­ri­fier de la po­si­tion de l’exé­cu­tif sur le su­jet de la ré­forme du ré­gime spé­cial de re­traite des che­mi­nots. Mais aussi de res­ter ferme lors d’une sé­quence fil­mée avec des femmes sa­la­riées d’Em­maüs, où il dé­fend la baisse des em­plois ai­dés dans leur as­so­cia­tion. « On ne peut pas se sa­tis­faire du mieux que rien », leur dit-il. « En­fin si, quand même, quand on n’a rien… » lui ren­voie, amère, une tra­vailleuse.

En­fin ar­rive Jean-Luc Mé­len­chon, que Léa Salamé a ap­pe­lé « Edouard Mé­len­chon » lors de son en­trée. Il a d’em­blée at­ta­qué le Pre­mier mi­nistre « sur les gens qui souffrent ». «Vous êtes un homme culti­vé et très construit in­tel­lec­tuel­le­ment », l’a-t-il cu­rieu­se­ment flat­té, avant de dé­non­cer « une Ré­pu­blique in­digne ». « Nous avons ob­te­nu un man­dat du peuple », lui a ré­tor­qué Philippe, ap­pa­rais­sant par­fois com­plice avec son contra­dic­teur. « Il est ré­vo­lu­tion­naire, moi ré­for­miste, mais ce­la ne nous em­pêche pas de par­ler », a-t-il ex­pli­qué à Na­tha­lie Saint-Cricq en toute fin de soi­rée.

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