Trois mois pour faire table rase d’APB

La Cnil a exi­gé hier que soit re­pen­sé le sys­tème qui oriente les élèves après le bac.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - JOFFREY VOVOS

coup de bou­toir à un édi­fice dé­jà chan­ce­lant. La Com­mis­sion na­tio­nale de l’in­for­ma­tique et des libertés (Cnil) a en­joint hier le gou­ver­ne­ment de « ces­ser de prendre des dé­ci­sions concer­nant des per­sonnes sur le seul fon­de­ment d’un al­go­rithme ». En cause, la plate-forme d’ad­mis­sion post-bac (APB) à la­quelle elle re­proche en outre son « manque de trans­pa­rence ». Gé­né­ra­li­sé en 2009, ce por­tail in­for­ma­ti­sé dé­cide de l’ave­nir de la plu­part des ba­che­liers, al­lant jus­qu’à ti­rer au sort les places en fac, quand la de­mande est trop forte. Un sys­tème que le gou­ver­ne­ment, avant même la mise en de­meure de la Cnil, s’est en­ga­gé à ré­for­mer.

Car, cette an­née, le por­tail, qui a dû ab­sor­ber 40 000 ba­che­liers sup­plé­men­taires et 100 000 étu­diants en ré­orien­ta­tion, a mon­tré de gros signes de fai­blesse. A l’is­sue de la pre­mière phase, en juillet, 65 000 can­di­dats n’avaient pas d’af­fec­ta­tion. Et, mar­di, au len­de­main de la clô­ture d’APB, 3 700 élèves, qua­si­ment tous is­sus de fi­lières tech­no­lo­giques et pro­fes­sion­nelles, sont res­tés sur le car­reau. « Cette si­tua­tion est d’au­tant plus inac­cep­table qu’il reste plus de 135 000 places va­cantes, pour l’es­sen­tiel en li­cence (111 000) mais aussi en BTS (9 200) », a com­men­té hier Frédérique Vi­dal. La mi­nistre de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur a de­man­dé aux rec­teurs de se pen­cher « dès cette se­maine » sur ce gi­se­ment pour trou­ver des so­lu­tions aux der­niers nau­fra­gés.

Quant à la ré­forme d’APB, le temps presse. Ha­bi­tuel­le­ment, le por­tail ouvre fin jan­vier. Le gou­ver­ne­ment n’a donc que trois mois pour tout re­mettre à plat. Pres­sion sup­plé­men­taire : avec la mise en de­meure de la Cnil, « c’est dé­sor­mais une obli­ga­tion lé­gale », in­siste la mi­nistre. « L’al­go­rithme peut ré­par­tir comme il veut les étu­diants, s’il manque des places, il man­que­ra tou­jours des places. Ce n’est pas là qu’est le pro­blème », réagit Jim­my Los­feld, le pré­sident de la Fage, prin­ci­pal syn­di­cat d’étu­diants.

Une opinion en par­tie par­ta­gée par Frédérique Vi­dal, qui a re­con­nu hier que « l’échec d’APB, ce n’est pas un échec tech­nique, c’est un échec po­li­tique ». La mi­nistre a lan­cé fin août une vaste consul­ta­tion pour amé­lio­rer l’ac­cès aux études su­pé­rieures. Ce n’est qu’en fonc­tion des ré­sul­tats que l’ou­til in­for­ma­tique se­ra mo­di­fié.

Les fa­milles se­ront in­for­mées des nou­velles règles (par exemple l’éven­tuelle ins­tau­ra­tion de « pré­re­quis » pour ac­cé­der à cer­tains cur­sus) en no­vembre, « au re­tour des va­cances de la Tous­saint ».

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