Crash d’Egyp­tAir : l’Air­bus était-il en état de vo­ler?

Les juges pa­ri­siens veulent sa­voir si l’appareil était bien en ca­pa­ci­té de dé­col­ler. Des in­ci­dents avaient été re­le­vés sur les vols pré­cé­dents.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - JEAN-MARC DUCOS

se mul­ti­plient sur le crash du vol d’Egyp­tAir MS 804. Se­lon nos in­for­ma­tions, les trois juges pa­ri­siens char­gés de l’en­quête ont dé­si­gné de nou­veaux ex­perts par or­don­nance, en date du 5 septembre 2017, pour « dres­ser un état de la main­te­nance des ap­pa­reils de la com­pa­gnie ». Ils cherchent à éva­luer si l’Air­bus A320, qui a dé­col­lé de Rois­sy pour son der­nier vol de la jour­née vers Le Caire (Egypte), était « bien en ca­pa­ci­té » d’ef­fec­tuer cette liai­son après une sé­rie d’alertes élec­triques re­le­vées plus tôt dans la jour­née lors des pré­cé­dentes ro­ta­tions.

Une ex­per­tise en lien di­rect avec celle dé­ci­dée en mai, et ré­vé­lée par notre jour­nal, sur l’ana­lyse de « com­por­te­ment » des bat­te­ries d’un té­lé­phone por­table et d’une ta­blette de marque Apple em­por­tés par le co­pi­lote dans le cock­pit. Là, des ex­perts doivent dé­ter­mi­ner si ces pro­duits do­tés de bat­te­ries au li­thium et bran­chés sur deux prises aux cou­rants dif­fé­rents au­raient pu être à l’ori­gine d’un em­bal­le­ment ther­mique et d’un feu dans le poste de pi­lo­tage. du dé­part de Rois­sy. Cette liste consiste à ins­pec­ter les ins­tru­ments de bord et à pur­ger les in­ci­dents si­gna­lés (équi­pe­ments in­for­ma­tiques et avio­niques) pour s’as­su­rer qu’ils sont en état de fonc­tion­ner. Une pro­cé­dure clas­sique et obli­ga­toire pour tous les équi­pages et tech­ni­ciens avant le dé­col­lage.

Les juges veulent sa­voir si « l’appareil était en état de réa­li­ser le vol pré­vu ». Des alertes élec­triques avaient en ef­fet été re­le­vées lors des dé­col­lages pré­cé­dents, mais elles n’avaient eu au­cune consé­quence. Les ma­gis­trats de­mandent aussi aux ex­perts de vé­ri­fier « si les tech­ni­ciens de l’aé­ro­port de Rois­sy dis­po­saient des qua­li­fi­ca­tions pro­fes­sion­nelles né­ces­saires ». Il s’agit de mettre à plat l’état de main­te­nance de l’Air­bus de la com­pa­gnie na­tio­nale égyp­tienne, faute de co­opé­ra­tion « sin­cère » avec les au­to­ri­tés égyp­tiennes.

L’avion avait ef­fec­tué, le jour fa­tal, une liai­son entre l’Ery­thrée et l’Egypte, avant de re­par­tir pour la Tu­ni­sie et re­joindre à nou­veau la ca­pi­tale égyp­tienne puis Pa­ris. Il en dé­col­lait à 23 h 9 avec un nou­vel équi­page pour cet ul­time vol. L’Air­bus A320 plon­ge­ra dans la mer, sans émettre au­cun si­gnal de dé­tresse…

Per­du en Mé­di­ter­ra­née à 250 km au large d’Alexan­drie (Egypte).

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