Sa­gnol, pa­tron ba­va­rois par in­té­rim

À 40 ans, l’an­cien dé­fen­seur des Bleus de­vient le pre­mier Fran­çais coach du Bayern Mu­nich. Mais il pour­rait vite re­trou­ver son poste d’ad­joint…

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - CH­RIS­TOPHE BÉ­RARD (AVEC F.G.)

ses va­lises en Ba­vière cet été, Willy Sa­gnol, 40 ans, ne s’ima­gi­nait pas de­ve­nir le pre­mier Fran­çais en­traî­neur du Bayern Mu­nich. Son rôle d’ad­joint de Car­lo An­ce­lot­ti lui suf­fi­sait am­ple­ment. Mais après l’évic­tion hier de l’Ita­lien, c’est bien à lui que les di­ri­geants ba­va­rois ont confié les clés du banc de touche face au Her­tha Ber­lin di­manche après-mi­di.

Si sa car­rière de joueur fut plu­tôt rec­ti­ligne (for­ma­tion à Saint-Etienne, trois sai­sons à Mo­na­co puis un long et pres­ti­gieux tun­nel de huit ans au Bayern où il em­pi­le­ra les tro­phées), son par­cours de tech­ni­cien a, lui, épou­sé quelques tra­jec­toires in­at­ten­dues. Sans expérience, Sa­gnol se voit ain­si confier en 2011 les clés des équipes de France de jeunes par Noël Le Graët. « Je l’avais bien étu­dié quand il était en équipe de France

se sou­vient le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de football. C’est un type intelligent, res­pec­tueux et cour­tois. On voyait qu’il était fait pour di­ri­ger. Deux ans plus tard, je lui ai pro­po­sé l’équipe de France Es­poirs. »

Un poste où Sa­gnol — qui, lors de la Coupe du monde 2006, avait lâ­ché un « Ta gueule l’an­cien » en con­fé­rence de presse des Bleus à Mar­cel De­sailly alors consul­tant — mon­tre­ra no­tam­ment qu’il ne to­lé­rait pas les écarts de conduite en évin­çant le Mar­seillais Gian­nel­li Im­bu­la qui s’était au­to­ri­sé des pro­pos dé­pla­cés en­vers un des membres du staff. « Bor­deaux l’a en­suite contac­té et je l’ai lais­sé par­tir », pour­suit Le Graët. En Gi­ronde, Sa­gnol va réus­sir sa pre­mière sai­son en qua­li­fiant les Gi­ron­dins pour la Ligue Eu­ro­pa. Sa se­conde an­née va tour­ner au cau­che­mar et il se­ra évin­cé en mars 2016. Patrick Guillou, son an­cien par­te­naire à Saint-Etienne, était son ad­joint à Bor­deaux. « Willy, c’est mon ami, alors on va pen­ser que je ne suis pas ob­jec­tif mais c’est un très gros bos­seur, es­time-til. Il pos­sède l’âme d’un en­traî­neur, ne vit que pour le foot. Il a connu de très grands coachs comme Ti­ga­na, Puel, Ma­gath ou Hitz­feld et il veut re­trans­crire ce qu’il a ap­pris. »

Après son évic­tion de Bor­deaux, Sa­gnol avait donc choi­si de si­gner un contrat d’ad­joint de deux ans à Mu­nich. Les di­ri­geants ba­va­rois ap­pré­ciaient sa par­faite connais­sance du club et sa maî­trise de cinq langues. An­ce­lot­ti ne l’avait pas ré­cla­mé mais les deux hommes tra­vaillaient sans heurts. Et Sa­gnol s’ima­gi­nait seule­ment re­trou­ver un nou­veau cos­tume d’en­traî­neur à la fin de son bail.

La du­rée de son nou­veau rôle reste floue. Quand il a quit­té Mu­nich en 2016, Pep Guar­dio­la avait glis­sé le nom de Tho­mas Tu­chel, alors en­traî­neur de Dort­mund. Et ce der­nier est libre de­puis cet été…

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