Les belles af­faires des foires aux vins

20 % des ventes an­nuelles se tiennent pen­dant cette pé­riode. Et le cru 2017 offre de belles op­por­tu­ni­tés, que nous dé­crypte l’oe­no­logue Thier­ry Des­seauve.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - AYMERIC RENOU

PAR DES BOU­TEILLES

par cen­taines de mil­liers… et des bonnes af­faires à faire pour les ama­teurs de pe­tits et de grands crus. Après Co­ra, Ca­si­no, In­ter­mar­ché mais aus­si les hard dis­coun­ters Lidl et Lea­der Price, qui ont lan­cé les hos­ti­li­tés dès la fin août et le dé­but sep­tembre, c’est au tour des ma­ga­sins U, Au­chan, de­puis le dé­but de la se­maine, et de l’en­seigne E.Le­clerc, à par­tir de mar­di, de lan­cer leurs foires aux vins.

La valse des éti­quettes sur les rouges, blancs et ro­sés est tou­jours une au­baine pour les en­seignes de la grande dis­tri­bu­tion, puisque 70 % des Fran­çais fré­quentent au moins une foire aux vins chaque an­née, et qu’elles y écoulent, pour un chiffre d’af­faires flir­tant avec les 500 M€, 20 % des ventes an­nuelles de vins. Pour les clients, c’est un peu dif­fé­rent. « MISEZ SUR L’EX­CELLENT MIL­LÉ­SIME 2015 » cor­rects THIER­RY DES­SEAUVE

« Foire aux vins n’est pas sy­no­nyme de soldes, rap­pelle Thier­ry Des­seauve, co­fon­da­teur du guide des vins Bet­tane+Des­seauve. C’est une opé­ra­tion com­mer­ciale qui per­met avant tout de se faire plai­sir en ache­tant de très bonnes bou­teilles à moindre prix, mais pas de vins

à prix cas­sés », ex­plique ce spé­cia­liste qui, avec ses équipes, goûte pas moins de 40 000 breu­vages pour éta­blir son pal­ma­rès. « Le prix moyen d’achat d’une bou­teille, à 4 € sur toute l’an­née, passe en ef­fet à 7 € pen­dant les foires », signe d’une mon­tée en gamme.

L’édi­tion 2017 a tou­te­fois l’avan­tage de pré­sen­ter en rayons de très bonnes op­por­tu­ni­tés. « Il suf­fit de mi­ser sur l’ex­cellent mil­lé­sime 2015, qui re­pré­sente la grande ma­jo­ri­té des bou­teilles pro­po­sées à l’achat, pour être qua­si­ment sûr de ne pas se trom­per, conseille Thier­ry Des­seauve. Par contre, et comme chaque an­née, on évi­te­ra de se lais­ser sé­duire par les ap­pel­la­tions qui, tra­di­tion­nel­le­ment, sont très peu pré­sentes dans les foires, faute de stocks suf­fi­sants et/ou parce qu’elles n’en ont pas be­soin. C’est le cas, par exemple, des vins de Bour­gogne et de ceux d’Al­sace. » Une fois ces grands prin­cipes as­si­mi­lés, toute la dif­fi­cul­té reste, pour le non-ini­tié, de faire son choix par­mi plu­sieurs di­zaines de « 2015 » qui lui tendent les bras. « De nom­breuses ap­plis ont ré­cem­ment vu le jour, ob­serve Thier­ry Des­seauve, qui prêche pour sa cha­pelle, puisque son guide est éga­le­ment dis­po­nible en ver­sion nu­mé­rique sous le nom de Grand Tes­ting. Elles peuvent être de bon con­seil, mais je dé­con­seille celles qui fonc­tionnent à la ma­nière d’un TripAd­vi­sor. En re­flé­tant l’avis de tous les ache­teurs à tra­vers le monde, on se re­trouve à voir des vins sans ca­rac­tère ar­ri­ver en tête des pal­ma­rès car plai­sant à la fois à des Amé­ri­cains, à des Asia­tiques et à des Eu­ro­péens. C’est dom­mage, car les foires sont jus­te­ment le mo­ment idéal de dé­go­ter des pro­duits éton­nants et dif­fé­rents. »

Pour être sûr de se faire plai­sir et être fier de faire goû­ter ses trou­vailles à ses hôtes, le mieux est de sé­lec­tion­ner deux, trois ou quatre bou­teilles dif­fé­rentes, de les goû­ter chez soi puis de re­ve­nir le len­de­main pour faire le plein de celles qui au­ront le plus flat­té votre palais.

Mar­seille (Bouches-du-Rhône), dé­but sep­tembre. Il est en­core temps de dé­ni­cher de bonnes bou­teilles dans les foires aux vins des en­seignes de la grande dis­tri­bu­tion.

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