LES MA­NIFS CONTI­NUENT, MA­CRON AUS­SI

Entre deux ma­ni­fes­ta­tions, le chef de l’Etat conti­nue de dé­rou­ler son pro­gramme. De­main, il ouvre les né­go­cia­tions sur l’ap­pren­tis­sage et la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR OLI­VIER BEAUMONT, CHRISTELLE BRIGAUDEAU ET CA­THE­RINE GASTÉ

im­mor­ta­li­sant des lea­deurs syn­di­caux at­ten­dra… Le mot d’ordre avait beau être uni­taire — dé­non­cer la sup­pres­sion de 120 000 postes de fonc­tion­naires d’ici à la fin du quin­quen­nat, le gel des ré­mu­né­ra­tions, le ré­ta­blis­se­ment du jour de ca­rence ou la re­mise en cause du sta­tut des agents pu­blics —, les têtes d’af­fiche ont dé­fi­lé cha­cune dans son coin. JeanC­laude Mailly, de Force ou­vrière, était à Lyon, Laurent Ber­ger, nu­mé­ro un de la CFDT, a pré­fé­ré La Roche-sur-Yon, en Vendée, et Phi­lippe Mar­ti­nez, de la CGT, Pa­ris.

Ces pré­fé­rences ré­gio­nales n’ont trom­pé per­sonne quant aux pro­fondes di­vi­sions syn­di­cales, mais n’ont pas em­pê­ché les fonc­tion­naires de se faire en­tendre. Des soi­gnants aux en­sei­gnants, des mi­nis­tères aux col­lec­ti­vi­tés, ils étaient entre 400 000 agents et un taux glo­bal de gré­vistes de 30 % (se­lon la CGT, pre­mier syn­di­cat du pu­blic) et 209 000 ma­ni­fes­tants et 14 % de gré­vistes (se­lon l’In­té­rieur et les Comptes pu­blics).

Main­te­nant que le rap­port de force est éta­bli, que va-t-il se pas­ser ? A Ma­ti­gnon, on mi­no­rait dé­jà hier soir l’im­pact de cette mo­bi­li­sa­tion. « Si on re­garde les choses à plat, les syn­di­cats n’ont pas at­teint leur ob­jec­tif pour cette jour­née de mo­bi­li­sa­tion », ex­plique l’en­tou­rage d’Edouard Phi­lippe, re­fu­sant d’y voir un quel­conque aver­tis­se­ment à l’égard de la ma­jo­ri­té. « Qu’il y ait des re­ven­di­ca­tions, c’est lé­gi­time. Mais le ma­laise de la fonc­tion pu­blique exis­tait avant l’élection d’Em­ma­nuel Ma­cron. Nous, on veut trou­ver un che­min pour mo­der­ni­ser l’ad­mi­nis­tra­tion et ce­la ne doit pas nous em­pê­cher de dia­lo­guer avec les syn­di­cats », sou­ligne-t-on, alors que ces der­niers se­ront jus­te­ment re­çus de­main à l’Ely­sée, avant Ma­ti­gnon la se­maine pro­chaine. Un dé­but d’opé­ra­tion dé­mi­nage, à l’image de celle uti­li­sée vis-à-vis des rou­tiers ou celle qui est à l’oeuvre sur le dos­sier des CRS ?

L’EXÉ­CU­TIF GARDE UN OEIL SUR LES ÉTU­DIANTS

En tout cas, la mé­thode est dé­jà ro­dée (lire ci-contre). « Nous al­lons faire une phase de consul­ta­tion si­mi­laire à celle ap­pli­quée aux or­don­nances de la loi Tra­vail. Ç’avait été as­sez ef­fi­cace. On fait les choses de ma­nière in­tel­li­gente », en­fonce un conseiller mi­nis­té­riel. L’exé­cu­tif garde aus­si un oeil sur les étu­diants et ly­céens qui se tiennent en­core ma­jo­ri­tai­re­ment à l’écart des cor­tèges. Car se né­go­cie ces jours-ci au mi­nis­tère de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur l’épi­neuse ré­forme de la li­cence et des condi­tions d’ac­cès à l’uni­ver­si­té. Si ce­la abou­tit à une sé­lec­tion à l’en­trée des études su­pé­rieures, l’Unef et la Fage ont dé­jà pré­ve­nu : les étu­diants iront dans la rue. Ce se­rait alors le pire des scé­na­rios pour Em­ma­nuel Ma­cron.

Hier, à Pa­ris. Hier, à Franc­fort (Al­le­magne).

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