Les des­sous d’une réunion syn­di­cale ra­tée

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - C.G.

LE SCÉ­NA­RIO DE LA DÉSUNION

syn­di­cale était écrit d’avance, mal­gré l’ap­pa­rente ré­con­ci­lia­tion sur le dos­sier des fonc­tion­naires. Réunis à Montreuil (Seine-Saint-De­nis) lun­di soir au siège la CGT pour dé­ci­der d’une grande ri­poste contre la ré­forme du Code du tra­vail, les re­pré­sen­tants man­da­tés par les confé­dé­ra­tions de sa­la­riés (CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, So­li­daires, Un­sa) en sont re­par­tis bre­douilles.

Rien — ni texte, ni dé­cla­ra­tion com­mune — n’a été dis­cu­té pen­dant ces deux heures. Même la date de la ma­ni­fes­ta­tion du 19 oc­tobre dé­ci­dée par la CGT « n’a pas été mise en dis­cus­sion, ce­la a été an­non­cé une fois que tout était fi­ni », s’étonne un des par­ti­ci­pants. Le ma­tin même, Phi­lippe Mar­ti­nez (CGT), face à ses troupes, avait ven­du la mèche de ce flop uni­taire an­non­cé. Pour lui, il s’agis­sait avant tout d’af­fi­cher qu’il était à l’ini­tia­tive de ce ren­dez-vous au som­met. Et que, quoi qu’il ar­rive, il fe­rait une jour­née d’ac­tion le 19 oc­tobre avec ou sans le sou­tien des autres syn­di­cats.

PER­SONNE N’A ÉTÉ SUR­PRIS

« Quelques jours avant, il s’est fait re­mon­ter les bre­telles par des fé­dé­ra­tions contes­ta­taires le soup­çon­nant de vou­loir jouer la montre en ne lan­çant pas de nou­velle jour­née d’ac­tion pour dea­ler quelque chose avec FO et la CFDT », rapporte une source in­terne. Se­lon nos in­for­ma­tions, plu­sieurs unions dé­par­te­men­tales et fé­dé­ra­tions CGT ont par ailleurs som­mé Phi­lippe Mar­ti­nez de boy­cot­ter le ren­dez-vous avec Em­ma­nuel Ma­cron pré­vu de­main.

Du cô­té de FO, les choses sem­blaient aus­si jouées d’avance. Mis en mi­no­ri­té en in­terne pour sa po­si­tion trop mo­dé­rée, Jean-Claude Mailly avait don­né man­dat pour « une jour­née d’ac­tion la plus large pos­sible » à ses re­pré­sen­tants à Montreuil. Le ma­tin, il avait don­né pour­tant un autre son de cloche. « Il a dé­cla­ré qu’il ne fe­rait pas une jour­née d’ac­tion contre les or­don­nances. Il était au cou­rant de la dé­ci­sion de Mar­ti­nez de faire une jour­née le 19 oc­tobre. Ce­la lui a don­né un ali­bi », as­sure un res­pon­sable de FO très re­mon­té. Dans les rangs de la CFDT, per­sonne n’a été sur­pris par la tour­nure de cette réunion. Pres­sé par sa base de dur­cir sa stra­té­gie, Laurent Ber­ger avait mis une condi­tion à sa par­ti­ci­pa­tion à une jour­née d’ac­tion : qu’elle soit uni­taire et porte sur les ré­formes à ve­nir, comme l’as­su­rance chô­mage, mais pas sur les or­don­nances. Quant à Fran­çois Hom­me­ril, de la CFE-CGC, il semble dé­sor­mais cher­cher une po­si­tion moins contes­ta­taire. Une pro­chaine réunion est pré­vue le 24 oc­tobre, cette fois à la CFDT. Un signe.

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