Pour­quoi le bre­vet est en­core re­ma­nié

Les 787 000 élèves de 3e vont connaître en juin un nou­vel exa­men… avec peu de bou­le­ver­se­ments.

Le Parisien (Paris) - - SOCIETE - CH­RIS­TEL BRIGAUDEAU

qu’ont pas­sé en juin les élèves de 3e est dé­jà de l’his­toire an­cienne. L’exa­men, qui sanc­tionne la fin de la sco­la­ri­té au col­lège, va être à nou­veau re­ma­nié dès cette an­née sco­laire.

Le pro­jet de dé­cret, pré­sen­té hier aux syn­di­cats d’en­sei­gnants, ne crée pas une ré­vo­lu­tion pour les 787 000 élèves concer­nés. Il se dé­rou­le­ra tou­jours sur deux jours en juin. Il ne mo­di­fie pas pro­fon­dé­ment l’ordre de pas­sage ni la du­rée des épreuves, mais il es­quisse, par quelques ajus­te­ments tech­niques, un très po­li­tique re­tour en ar­rière.

Se­lon le texte, sus­cep­tible d’être en­core mo­di­fié avant sa pré­sen­ta­tion jeu­di pro­chain au Con­seil su­pé­rieur de l’édu­ca­tion, le poids de l’épreuve fi­nale va être aug­men­té au dé­tri­ment du contrôle conti­nu. L’exa­men fi­nal, qui comp­tait pour 350 points sur 750, se­ra dé­sor­mais no­té sur 400, soit la moi­tié d’un score glo­bal cal­cu­lé sur 800 points. En clair, ceux qui ont des bonnes notes toute l’an­née sont moins avan­ta­gés qu’avant. Tou­te­fois, le contrôle conti­nu des col­lé­giens se­lon « huit do­maines de com­pé­tence », mê­lant entre elles les notes des dif­fé­rentes ma­tières, n’est pas re­mis en cause : « l’usine à gaz » dé­non­cée à l’époque par plu­sieurs syn­di­cats d’en­sei­gnants conti­nue­ra de fonc­tion­ner. « Le mi­nistre n’a pas sou­hai­té rou­vrir le dé­bat po­lé­mique sur les notes », dé­crypte Va­lé­rie Si­pa­hi­ma­la­ni, du syn­di­cat d’en­sei­gnants Snes, le prin­ci­pal op­po­sant l’an der­nier à la ré­forme du col­lège.

Deuxième chan­ge­ment, le nombre des épreuves passe à cinq, avec tou­jours un oral (sur un pro­jet ou une op­tion me­née au cours de l’an­née comme his­toire de l’art) et main­te­nant quatre écrits (fran­çais, his­toi­re­géo­gra­phie-édu­ca­tion ci­vique, maths et sciences). Le pro­jet de dé­cret re­crée ain­si des bar­rières plus nettes entre chaque dis­ci­pline, là où le pré­cé­dent exa­men lais­sait la pos­si­bi­li­té de concoc­ter des exer­cices mê­lants fran­çais et his­toi­re­géo­gra­phie d’une part, maths et sciences d’autre part.

Au syn­di­cat ré­for­miste Un­sa, qui sou­te­nait la po­li­tique de Na­jat Val­laud-Bel­ka­cem sur les col­lèges, on voit dans le pro­jet « un signe po­li­tique de res­tau­ra­tion, avec une vi­sion très tra­di­tion­nelle du di­plôme », tacle Claire Krep­per, sa se­cré­taire na­tio­nale char­gée de l’édu­ca­tion.

Et de craindre de nou­velles in­flexions conser­va­trices à ve­nir dans les fu­turs su­jets zéro des épreuves, pas en­core pa­rus. « Le conte­nu de l’exa­men peut créer une mo­di­fi­ca­tion de fait des pro­grammes, pour­suit-elle. Il suf­fit de dé­ci­der d’at­tri­buer de nom­breux points à des exer­cices de gram­maire, par exemple, pour que les en­sei­gnants passent beau­coup de temps en cours à y en­traî­ner leurs élèves, au dé­tri­ment d’autres par­ties du pro­gramme. » Ces su­jets zéro, qui ser­vi­ront aus­si de base aux bre­vets blancs or­ga­ni­sés par les col­lèges, sont at­ten­dus d’ici à la fin de l’an­née.

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