GA­ROU : « La France peut remporter l’Eu­ro­vi­sion »

C’est of­fi­ciel. L’an­cien coach de « The Voice » va pré­sen­ter trois émis­sions sur France 2 pour sé­lec­tion­ner le can­di­dat fran­çais au concours de l’Eu­ro­vi­sion.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR MI­CHAËL ZOLTOBRODA

Il au­rait pu être ju­ré de « Des­ti­na­tion Eu­ro­vi­sion », comme il a été coach de « The Voice » et bien­tôt de « la Voix », la ver­sion qué­bé­coise du té­lé­cro­chet de TF 1. Mais non, Ga­rou se­ra bien l’ani­ma­teur de ce nou­veau concours de chan­sons pour choi­sir le re­pré­sen­tant de la France, dif­fu­sé sur France 2 dé­but 2018. Sté­phane Bern et Marianne James, eux, conti­nue­ront à pré­sen­ter la fi­nale de l’Eu­ro­vi­sion, qui se tien­dra au Por­tu­gal. Le croo­ner de 45 ans nous ex­plique pour­quoi il a ac­cep­té de s’in­ves­tir dans ce nou­veau pro­gramme.

L’Eu­ro­vi­sion, ça re­pré­sente quoi pour vous ?

GA­ROU. Je ne suis pas né avec. Au Qué­bec, on ne suit pas trop ça. La pre­mière fois, j’ai trou­vé l’Eu­ro­vi­sion presque dé­rou­tant. Mais c’est une vi­trine cultu­relle unique. Je ne com­prends pas ceux qui trouvent ça rin­gard. Moi, quand on m’a de­man­dé de pré­sen­ter « Des­ti­na­tion Eu­ro­vi­sion », j’ai ac­cep­té di­rect. Après la Fête de la mu­sique, ça me plaît de por­ter ce show. Je suis un chevalier du di­ver­tis­se­ment. Et puis, ça m’in­té­resse de voir quel choix va faire la France, quel genre mu­si­cal, quelle chan­son se­ra re­te­nue.

Quel se­rait le pro­fil idéal pour re­pré­sen­ter la France à l’Eu­ro­vi­sion ?

Il n’y en a pas. Quand on voit Sal­va­dor Sa­brol l’an­née der­nière… ce n’était pas le ga­gnant qu’on avait ima­gi­né. Mais fi­na­le­ment, c’est lui qui a été le plus tou­chant. Je crois que c’est da­van­tage cette di­men­sion qu’il faut prendre en compte. En tant que chan­teur, on doit être le plus émou­vant pos­sible, émou­vant dans la fo­lie, dans la ten­dresse, dans la force ou dans la peine. Sans être for­cé­ment ra­co­leur, on joue avec des émo­tions. Et c’est dif­fi­cile de les an­ti­ci­per. Peut-être même qu’un rap peut me tou­cher plus qu’un rock.

Vous pen­sez que la France a une réelle chance de ga­gner ?

Bien sûr que la France peut remporter l’Eu­ro­vi­sion. Elle a même toutes ses chances. Et en même temps, j’ai tou­jours sen­ti une re­te­nue. Comme si les Fran­çais n’avaient pas en­vie de s’ex­por­ter. Quand je vais dans des pays non fran­co­phones, on me voit comme un am­bas­sa­deur de la cul­ture fran­çaise. C’est une grande fier­té. Mais pour­quoi moi ? J’ai l’im­pres­sion que les Fran­çais ont peur de le faire.

Ça vous au­rait ten­té d’être can­di­dat ?

C’est vrai que Cé­line Dion ou Na­ta­sha St-Pier l’ont dé­jà été. Moi, on ne m’a ja­mais de­man­dé. La seule per­sonne qui ait pen­sé à moi, c’est la mère de ma fille. Elle est sué­doise et là-bas, ça marche très fort. Si on m’avait ap­pro­ché, je n’au­rais pas re­fu­sé. Il faut avoir une bonne chan­son. Si on m’en pro­po­sait une, je se­rais par­tant. Une autre an­née, peut-être.

Vous avez éga­le­ment d’autres pro­jets avec France 2…

Je vais ani­mer pour la troi­sième fois la Fête de la mu­sique le 21 juin 2018. Et puis, je vais ten­ter de nou­velles ex­pé­riences. J’ai en­vie de faire quelque chose de nou­veau en té­lé, en rap­port avec la mu­sique. On y tra­vaille. Je suis dans mon laboratoire en train de fu­sion­ner des choses.

De­puis 2014, vous n’avez plus sor­ti d’al­bum de chan­sons ori­gi­nales…

Je suis un spec­ta­teur. Fran­che­ment, ma vie est tel­le­ment pleine de nou­velles affaires que je n’ai pas la rage de sor­tir un nou­vel al­bum, en ce mo­ment. Mais je concocte de nou­velles ex­pé­riences mu­si­cales, qui m’ins­pirent et qui me donnent en­vie de faire de la mu­sique. Je n’ar­rête pas de faire de la mu­sique. Et puis, faire un al­bum au­jourd’hui… On est en pleine mu­ta­tion. On re­garde trop vers l’ar­rière, alors qu’il fau­drait peut-être al­ler de l’avant et en­vi­sa­ger la mu­sique d’une nou­velle fa­çon.

EN TANT QUE CHAN­TEUR, ON DOIT ÊTRE LE PLUS ÉMOU­VANT POS­SIBLE, DANS LA FO­LIE, DANS LA TEN­DRESSE, DANS LA FORCE OU DANS LA PEINE SI ON M’AVAIT AP­PRO­CHÉ, JE N’AU­RAIS PAS RE­FU­SÉ

Comme Florent Pa­gny, vous par­ta­gez votre vie entre plu­sieurs pays. Avez-vous com­pris son choix de s’ins­tal­ler au Por­tu­gal pour des rai­sons fis­cales ?

Peut-être qu’il veut pré­sen­ter l’Eu­ro­vi­sion, non ? Al­lez, fin de l’in­ter­view.

Pa­ris (XVe), hier. « J’ai en­vie de faire quelque chose de nou­veau en té­lé », pro­met le chan­teur.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.