Nas­ser Al-Khe­laï­fi vi­sé par une en­quête pé­nale

Le pré­sident du PSG et pa­tron de BeIN Media Group est vi­sé par une en­quête pé­nale pour des soup­çons de cor­rup­tion dans le cadre de l’at­tri­bu­tion des droits té­lé des Coupes du monde 2026 et 2030.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR FRÉ­DÉ­RIC GOUAILLARD (AVEC T.B. ET B.L.)

le pré­sident du PSG, était à Do­ha (Qa­tar) hier ma­tin quand les en­quê­teurs de l’Of­fice cen­tral de lutte contre la cor­rup­tion et les in­frac­tions fi­nan­cières et fis­cales (OCLCIFF) et les deux ma­gis­trats du PNF (Par­quet na­tio­nal fi­nan­cier), as­sis­tés d’un re­pré­sen­tant suisse, ont son­né à la porte de BeIN Sports, la chaîne de té­lé­vi­sion à Bou­logne-Billan­court. Le di­ri­geant qa­ta­rien de 43 ans, éga­le­ment di­rec­teur de BeIN Media Group dont fait par­tie la chaîne, s’est donc te­nu au cou­rant des in­ves­ti­ga­tions des po­li­ciers par té­lé­phone.

Car, si ce sont les lo­caux de sa té­lé­vi­sion qui ont été per­qui­si­tion­nés, c’est sa per­sonne qui est vi­sée par une en­quête pé­nale de la jus­tice suisse. Le di­ri­geant qa­ta­rien n’est pas seul à être concer­né par la pro­cé­dure en­clen­chée en mars der­nier par le MPC (mi­nis­tère pu­blic de la Con­fé­dé­ra­tion) hel­vé­tique. On trouve éga­le­ment dans ce dos­sier le Fran­çais et an­cien se­cré­taire gé­né­ral de la Fi­fa, Jé­rôme Valcke (lire

ci-des­sous) ain­si qu’un homme d’af­faires grec qui, se­lon nos in­for­ma­tions, se nomme Kons­tan­ti­nos Nte­ris, an­cien di­ri­geant de Doms Hol­ding, une so­cié­té de pa­ris. Le MPC leur re­proche toute une sé­rie de dé­lits

(cor­rup­tion pri­vée, es­cro­que­rie, ges­tion dé­loyale) liés à l’at­tri­bu­tion des droits mé­dias des Coupes du monde 2018, 2022, 2026 et 2030.

« Jé­rôme Valcke est soup­çon­né d’avoir ac­cep­té des avan­tages in­dus en lien avec l’oc­troi de droits mé­dias dans cer­tains pays de la part d’un homme d’af­faires (NDLR : Nte­ris ?) dans le do­maine des droits spor­tifs en ce qui concerne les Coupes du monde de foot­ball de la Fi­fa de 2018, 2022, 2026 et 2030 et de la part de Nas­ser Al-Khe­laï­fi en ce qui concerne les Coupes du monde de la Fi­fa de 2026 et 2030 », ex­plique le mi­nis­tère pu­blic suisse dans un com­mu­ni­qué.

IL N’A PAS EN­CORE ÉTÉ IN­TER­RO­GÉ ET RÉ­FUTE TOUTES LES AC­CU­SA­TIONS

Se­lon son en­tou­rage, le pré­sident du PSG au­rait dé­cou­vert les pour­suites dont il est l’ob­jet hier ma­tin, au mo­ment où toute une sé­rie d’ac­tions de jus­tice co­or­don­nées était me­née à tra­vers l’Eu­rope (en France, en Grèce, en Ita­lie et en Espagne). Pré­sent en Suisse pour une au­dience du Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport (pour une af­faire de re­vente de billets de la Coupe du monde 2014), Jé­rôme Valcke a ain­si été en­ten­du, hier, par les en­quê­teurs de la Con­fé­dé­ra­tion et lais­sé libre. La ré­ponse du di­ri­geant qa­ta­rien s’est fait at­tendre, mais elle est tom­bée hier soir dans un court com­mu­ni­qué ponc­tué par ces phrases : « BeIN Media Group ré­fute toutes les ac­cu­sa­tions por­tées par le MPC (mi­nis­tère pu­blic de la Con­fé­dé­ra­tion). Le groupe col­la­bo­re­ra plei­ne­ment avec les au­to­ri­tés et at­tend se­rei­ne­ment les suites de l’en­quête. »

Si Nas­ser Al-Khe­laï­fi se re­trouve au­jourd’hui sus­pec­té d’avoir fa­vo­ri­sé illé­ga­le­ment son groupe mé­dias pour ob­te­nir la dif­fu­sion des Coupes du monde 2026 et 2030, c’est jus­te­ment parce que les droits de ces deux Mon­diaux (qui n’ont pas en­core de pays hôte) ont dé­jà été at­tri­bués dans cer­taines zones géo­gra­phiques. Ain­si, dès 2014, BeIN Sports a ob­te­nu le droit de re­trans­mettre ces deux com­pé­ti­tions pour les pays d’Afrique et du MoyenO­rient. Rien ne per­met d’écar­ter to­ta­le­ment qu’Al-Khe­laï­fi paie au­jourd’hui ses ini­mi­tiés au sein de Qa­tar 2022, le co­mi­té d’or­ga­ni­sa­tion de la Coupe du monde 2022. Les re­la­tions sont en ef­fet fraîches entre le pa­tron de BeIN et ses com­pa­triotes char­gés des pré­pa­ra­tifs du Mon­dial dans leur pays.

Nas­ser Al-Khe­laï­fi, qui n’a pas en­core été in­ter­ro­gé, au­ra tout loi­sir de don­ner sa ver­sion des faits. D’au­tant que les charges sont lourdes et pour­raient mettre en pé­ril son ave­nir de di­ri­geant d’en­tre­prise et de pré­sident du PSG. Rien que pour la cor­rup­tion pri­vée, la loi suisse pré­voit, de­puis 2016, une peine pri­va­tive de li­ber­té de trois ans au plus ou d’une peine pé­cu­niaire.

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