Ra­chi­da Da­ti s’y ver­rait bien…

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

qui fe­ra dres­ser l’oreille à cer­tains : « Maire de Pa­ris ? C’est le man­dat de rêve. Tout le monde connaît Pa­ris. Per­son­nel­le­ment, je pré­fé­re­rais mille fois ce­la à un por­te­feuille de mi­nistre. » L’au­teur de cette dé­cla­ra­tion d’amour… ou de can­di­da­ture ? Ra­chi­da Da­ti. Et de confier à un proche en pri­vé : « Pa­ris, si j’y vais, je gagne. »

L’in­té­rêt de la maire LR du VIIe ar­ron­dis­se­ment — éga­le­ment dé­pu­tée eu­ro­péenne — pour la ca­pi­tale n’est, certes, pas nou­veau. Elle en rê­vait dé­jà en 2014 et avait pro­po­sé à Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet, la candidate is­sue de la pri­maire UMP dans la ca­pi­tale, de for­mer un « ti­cket » avec elle. Après la fin de non­re­ce­voir de l’in­té­res­sée, les deux femmes s’étaient brouillées.

Mais au­jourd’hui, Ra­chi­da Da­ti se sent pous­ser des ailes. Car de­puis sa dé­faite aux lé­gis­la­tives à Pa­ris, NKM s’est mise en re­trait de la po­li­tique, aban­don­nant la pré­si­dence du groupe LR (mais pas son siège) au Con­seil de Pa­ris. Elle a don­né des cours à Po­ly­tech­nique, son école d’ori­gine, et cherche un emploi dans le pri­vé. Mais « Na­tha­lie n’a re­non­cé à rien, si­non elle n’au­rait pas conser­vé son poste au Con­seil de Pa­ris », tem­po­rise un ami.

NKM, se­couée par son échec de juin der­nier, se don­ne­rait le temps de la ré­flexion. Quant à Da­ti, si elle n’en est pas en­core à avan­cer ses pions, elle son­ge­rait dé­jà à une stra­té­gie. « Mais elle ne se lan­ce­ra qu’à une condi­tion, pré­cise un proche : être as­su­rée de dis­po­ser d’une su­per équipe, fai­sant bloc au­tour de la tête de liste. » Or, l’uni­té est tra­di­tion­nel­le­ment ce qui manque le plus à la droite pa­ri­sienne.

Sur qui pour­rait comp­ter la maire du VIIe en cas de can­di­da­ture ? Se­lon son en­tou­rage, elle s’en­tend bien avec Flo­rence Ber­thoud, maire du Ve et chef de file LR au Con­seil de Pa­ris, avec Bri­gitte Kus­ter, l’ancienne maire du XVIIe, élue dé­pu­tée en juin , et avec Jean-Pierre Le­coq et Del­phine Bürk­li (res­pec­ti­ve­ment maires LR des VIe et IXe ar­ron­dis­se­ments). « Et même, de­puis peu, avec le dé­pu­té du XVIe, Claude Goas­guen », ajoute-t-on. De là à en faire une équipe de cam­pagne, il y a un (grand) pas que ne fran­chit pour l’heure au­cun des in­té­res­sés. Tan­dis que ses dé­trac­teurs af­fûtent dé­jà leurs ar­gu­ments. « Ra­chi­da Da­ti cham­pionne LR en 2020, c’est une plaisanterie ? Au Con­seil de Pa­ris elle a tou­jours joué per­so, et ne payait même pas ses co­ti­sa­tions au groupe », tacle une fi­gure pa­ri­sienne.

Reste que d’autres noms cir­culent à droite, comme ce­lui de Del­phine Bürk­li, étoile mon­tante LR. Quant au conseiller LR et dé­pu­té du XVIIIe ar­ron­dis­se­ment, Pierre-Yves Bour­na­zel, dé­jà can­di­dat à la pri­maire de la droite pour Pa­ris en 2013 (et an­cien col­la­bo­ra­teur de Da­ti au mi­nis­tère de la Jus­tice), il s’in­té­resse aus­si à la mai­rie et se ver­rait bien en « De­la­noë de la droite mo­dé­rée ». « De­puis Chi­rac, je suis le seul à avoir rem­por­té une cir­cons­crip­tion sur la gauche », re­lève-t-il. Mais ses dé­trac­teurs sont lé­gion. Une fi­gure des Ré­pu­bli­cains ri­cane : « Bour­na­zel can­di­dat ? Il y a en a qui de­viennent un peu fous ! »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.