Quand Au­diard était an­ti­sé­mite

Le dia­lo­guiste s’en se­rait pris par écrit aux juifs pen­dant la guerre.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS -

Il a amu­sé des mil­lions de Fran­çais avec les ré­pliques des « Ton­tons flin­gueurs ». Mais la prose de Mi­chel Au­diard n’a pas tou­jours pro­vo­qué le rire. Dans son nu­mé­ro à pa­raître le 26 oc­tobre, la re­vue « Temps noir » ac­cuse le plus cé­lèbre dia­lo­guiste du ci­né­ma fran­çais d’avoir écrit des propos an­ti­sé­mites dans des re­vues col­la­bo­ra­tion­nistes en pleine Se­conde Guerre mon­diale. Plu­sieurs de ses pu­bli­ca­tions ont été dé­voi­lées jeu­di par « l’Obs ».

En juillet 1943, dans « l’Ap­pel », Mi­chel Au­diard, la ving­taine, dé­crit ses per­son­nages juifs avec les termes « une veu­le­rie suante », « une odeur de cha­cal », « une syn­thèse de four­be­rie », et évoque une « conju­ra­tion des sy­na­gogues ». Et quand les pro­ta­go­nistes fi­nissent pen­dus, il sa­lue une « ma­ni­fes­ta­tion de l’im­ma­nente jus­tice ».

Mais l’homme der­rière les ré­pliques d’« Un singe en hi­ver » et d’« Un taxi pour To­brouk » ne s’est pas ar­rê­té là. Dans « l’Union fran­çaise », il s’en prend au monde ar­tis­tique, dé­crit comme « le plus co­quet ra­mas­sis de fai­sans, juifs (par­don­nez le pléo­nasme), mé­tèques, mar­gou­lins… » et qua­li­fie l’écri­vain Jo­seph Kes­sel de « pe­tit you­pin ».

« Temps noir » af­firme aus­si que son nom ap­pa­raît sur une fiche d’ad­hé­sion au mou­ve­ment Col­la­bo­ra­tion da­tée de 1942. Se­lon Au­diard, cette ins­crip­tion se se­rait faite à son in­su. Ce n’est pas la pre­mière fois que le nom du dia­lo­guiste, mort à l’âge de 65 ans en 1985, est as­so­cié à la col­la­bo­ra­tion. En 1980, le livre « les Col­la­bo­ra­teurs », de Pas­cal Ory, men­tion­nait dé­jà ses pu­bli­ca­tions dans « l’Ap­pel ». Au­diard n’a ja­mais ca­ché son ad­mi­ra­tion pour Cé­line, écri­vain connu pour son an­ti­sé­mi­tisme.

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