« C’est du chan­tage aux che­mi­nots »

An­tho­ny, conduc­teur de tran­si­lien

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - DEL­PHINE DE­NUIT

À 25 ANS, An­tho­ny tra­vaille à la SNCF de­puis sept ans et conduit de­puis deux ans un Tran­si­lien dans l’Ouest pa­ri­sien. Fier d’être che­mi­not, en­car­té à la CGT de­puis jan­vier, il se dit « gré­viste de la pre­mière à la der­nière heure ». Il a écou­té hier soir Em­ma­nuel Ma­cron et son ver­dict est sans ap­pel. « Il a ma­nié la ca­rotte en évo­quant une re­prise par­tielle de la dette de la SNCF, ré­sume le che­mi­not, dé­pi­té. Comme si cette dette était de notre faute à nous, che­mi­nots… La dette de la SNCF, c’est l’Etat qui la creuse en com­man­dant par exemple 100 TGV du fu­tur à Al­stom alors que la SNCF n’en a pas les moyens ! »

Même l’an­nonce par le pré­sident d’une re­prise « pro­gres­sive » de la dette de la SNCF « à par­tir de 2020 » ne le ras­sure pas. « Il nous lance un ul­ti­ma­tum dé­gui­sé en nous di­sant être prêt à re­prendre de la dette si on ac­cepte de ré­for­mer notre sta­tut, c’est ce qui s’ap­pelle du chan­tage », s’agace-t-il. De la même ma­nière, l’en­ga­ge­ment d’Em­ma­nuel Ma­cron de trans­for­mer dès le 1er jan­vier 2020 l’en­tre­prise pu­blique en « so­cié­té ano­nyme à ca­pi­taux pu­blics avec titres in­ces­sibles » pour ras­su­rer les che­mi­nots n’a guère convain­cu le jeune homme. « Si ce n’est pas pour pri­va­ti­ser à terme l’en­tre­prise, pour­quoi mo­di­fier les sta­tuts ? »

Très in­quiet sur l’ave­nir de son mé­tier avec l’ar­ri­vée de la concur­rence, il es­time que le pré­sident a ré­pé­té « sa fiche Bris­tol et les élé­ments de lan­gage qu’on nous ra­bâche de­puis plu­sieurs se­maines ». Avant même la fin de l’en­tre­tien, An­tho­ny a confir­mé pour­suivre la grève dès mer­cre­di et jeu­di.

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