Les idées re­çues sur les rhu­ma­tismes

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Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR MARC PAYET

ïe ! j’ai mal à mes rhu­ma­tismes. » Près de 10 mil­lions de Fran­çais se plaignent ré­gu­liè­re­ment de ces dou­leurs ar­ti­cu­laires, d’in­ten­si­té et de gra­vi­té va­riables. L’ar­throse consti­tue le deuxième mo­tif de consul­ta­tion mé­di­cale en France, après les ma­la­dies car­dio-vas­cu­laires, avec 11 mil­lions de consul­ta­tions par an. Il s’agit le plus sou­vent d’une vé­ri­table ma­la­die qui en­traîne une in­flam­ma­tion des car­ti­lages des ar­ti­cu­la­tions. Mais on a par­fois ten­dance à tout confondre sur ce su­jet. Dé­cryp­tage des idées re­çues.

QUAND IL FAIT PLUS HU­MIDE, ON A DA­VAN­TAGE MAL

Au dé­but du prin­temps, comme en ce mo­ment, lorsque le cli­mat est sou­vent plu­vieux, il est fré­quent d’en­tendre les gens se plaindre des dou­leurs liées à leurs rhu­ma­tismes. Cette « mé­téo dé­pen­dance » est-elle réelle ? « Il est vrai que, quand il fait hu­mide, la dou­leur liée aux rhu­ma­tismes est da­van­tage per­çue par les pa­tients. C’est plu­tôt sur le plan men­tal que ça se passe, car on ne sait pas en réa­li­té si les rhu­ma­tismes sont plus pré­sents, mais il est in­dé­niable que de nom­breux pa­tients disent res­sen­tir à ce mo­ment da­van­tage de dou­leurs et avoir plus de mal à se dé­pla­cer sans peine », ex­plique le doc­teur Bru­no Fau­trel, chef du ser­vice de rhu­ma­to­lo­gie à l’hô­pi­tal de la Pi­tiéSal­pê­trière à Pa­ris. Ce n’est pas une ex­cep­tion fran­çaise. En man­da­rin, les deux idéo­grammes com­po­sant le mot rhu­ma­tisme si­gni­fient « vent » et « hu­mide ».

ÇA NE CONCERNE QUE LES PER­SONNES ÂGÉES

Les rhu­ma­tismes sont le plus fré­quem­ment as­so­ciés aux se­niors. Même si la fré­quence de ces dou­leurs ar­ti­cu­laires aug­mente de fait avec l’âge, en rai­son de l’usure des car­ti­lages, l’ar­throse est loin de concer­ner uni­que­ment les per­sonnes âgées. « Une grande par­tie de la po­pu­la­tion peut être tou­chée par les rhu­ma­tismes. Il y a un fac­teur hé­ré­di­taire. Les femmes en ont un peu plus sou­vent que les hommes, pour des rai­sons hor­mo­nales, car les rhu­ma­tismes ap­pa­raissent sou­vent à la mé­no­pause », ajoute le doc­teur Fau­trel.

Il ar­rive aus­si, mais c’est as­sez rare, que des en­fants et des ado­les­cents aient des rhu­ma­tismes in­flam­ma­toires. D’après la Haute Au­to­ri­té de san­té, cette ar­throse ju­vé­nile concerne en ma­jo­ri­té des pe­tites filles, qui dé­ve­loppent cette pa­tho­lo­gie lors de l’ac­qui­si­tion de la marche. Ces rhu­ma­tismes peuvent évo­luer vers une pa­tho­lo­gie plus com­plexe, ap­pe­lée po­ly­ar­thrite rhu­ma­toïde, qui en­traîne aus­si des dou­leurs au ta­lon et au dos. Elle doit im­pé­ra­ti­ve­ment être traitée par un mé­de­cin pour évi­ter les com­pli­ca­tions.

LE SUR­POIDS PEUT LES PRO­VO­QUER

L’obé­si­té est un fac­teur d’ap­pa­ri­tion des rhu­ma­tismes, car le poids du corps exerce alors une pres­sion ex­ces­sive sur les car­ti­lages. En re­vanche, il n’y a pas de lien avé­ré entre l’ali­men­ta­tion et leur ap­pa­ri­tion. « A un mo­ment on s’est po­sé la ques­tion du rôle que pou­vait jouer le glu­ten, ou les pro­téines du lait de vache, mais le lien n’est pas très pro­bant », pré­cise le doc­teur Fau­trel.

SE FAIRE CRA­QUER LES AR­TI­CU­LA­TIONS DES DOIGTS LES FA­VO­RISE

« Se faire cra­quer les ar­ti­cu­la­tions des doigts n’a au­cun in­té­rêt… mais ça ne fa­vo­rise pas l’ap­pa­ri­tion des rhu­ma­tismes », ajoute le mé­de­cin. Il ne faut pas croire non plus que ça les gué­rit. La meilleure fa­çon de les pré­ve­nir est au contraire d’avoir une ac­ti­vi­té phy­sique ré­gu­lière. Il ne s’agit pas for­cé­ment de faire du sport, mais de pra­ti­quer ré­gu­liè­re­ment la marche… en évi­tant de pas­ser de longues heures d’af­fi­lée af­fa­lé sur son ca­na­pé.

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