Les mau­vais choix de Me­dou­ni

Ac­cu­sé avec Sa­bri­na Koui­der du meurtre à Londres (Royaume-Uni) de leur jeune fille au pair So­phie Lion­net, Me­dou­ni a dé­crit lun­di une re­la­tion de couple pha­go­cy­tée par la paranoïa de sa com­pagne.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS -

aus­si avoir mis au point un tel pro­jet avec sa com­pagne. L’ac­cu­sé re­con­naît ce­pen­dant avoir pris de « très mau­vaises dé­ci­sions » dans les mois qui ont pré­cé­dé le dé­cès de la jeune fille au pair.

La per­son­na­li­té do­mi­nante dans le couple ? « C’est elle », af­firme Ouis­sem Me­dou­ni, d’un timbre peu as­su­ré. Il évoque leurs mul­tiples sé­pa­ra­tions, liées d’après lui aux in­fi­dé­li­tés de Sa­bri­na Koui­der, qui a eu deux en­fants avec deux autres hommes — dont l’an­cien chan­teur du groupe Boy­zone, Mark Wal­ton. Dans le box, Sa­bri­na Koui­der se­coue la tête, semble pleu­rer, ob­tient même une in­ter­rup­tion d’au­dience quand son com­pa­gnon aborde l’agres­sion qu’elle au­rait su­bie de la part d’un cou­sin et d’un oncle. et lui fait su­bir des vio­lences en pré­sence de Me­dou­ni. Ce­la com­mence en juillet, où elle s’énerve contre la jeune fille, jus­qu’à lui ti­rer les che­veux. « C’est al­lé cres­cen­do après ça, se sou­vient l’ac­cu­sé. Je m’en veux vrai­ment, j’au­rais pu l’évi­ter. »

Cra­vate, cos­tume sombre et voix blanche, l’ac­cu­sé dresse en re­vanche de lui un au­to­por­trait presque idéal. Ce­lui d’un fils de plom­bier, is­su d’une fa­mille mo­deste, qui a gra­vi l’échelle so­ciale à force de tra­vail. Le jeune homme a mul­ti­plié les stages, et cu­mu­lé, dit-il, les pe­tits bou­lots et les études d’éco­no­mie à l’uni­ver­si­té d’As­sas, à la Sor­bonne et à Lyon, avant de dé­cro­cher un em­ploi d’ana­lyste à la So­cié­té gé­né­rale à Londres.

Il se dé­crit comme un homme « gé­né­reux, tra­vailleur, am­bi­tieux », qui n’a ja­mais tou­ché d’al­lo­ca­tions so­ciales, ja­mais été violent, ni avec un homme ni avec une femme, y com­pris Sa­bri­na Koui­der.

« J’étais très in­quiet pour la san­té men­tale de Sa­bri­na », avance à plu­sieurs re­prises l’ac­cu­sé. « Je n’ai rien dit aux ser­vices so­ciaux, ni à sa fa­mille, parce que je vou­lais la pro­té­ger, et qu’elle puisse gar­der les en­fants. » Pour­quoi Ouis­sem Me­dou­ni a-t-il pour­sui­vi cette re­la­tion avec Sa­bri­na Koui­der, compte te­nu de tout ce qui s’est pas­sé ? « Parce que je l’aime », ré­pond l’ac­cu­sé presque à voix basse. « Tou­jours ? » in­ter­roge son avo­cat. « Oui. » Les pro­chains jours d’au­di­tion de­vraient per­mettre de tes­ter cette mo­ti­va­tion.

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