Le tueur de chiot ter­ro­ri­sait aus­si sa fa­mille

Le tri­bu­nal a dé­cou­vert hier que l’homme ju­gé en com­pa­ru­tion im­mé­diate était aus­si un ty­ran do­mes­tique.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS -

alors de l’ani­mal, re­tourne à son do­mi­cile et an­nonce à son épouse son in­ten­tion d’en fi­nir avec le chiot. « Je vou­lais le tuer d’une fa­çon douce » af­firme-t-il à la barre.

Son épouse tente de s’in­ter­po­ser. « Si tu tues le chien, tu ne ver­ras plus tes gosses », lui au­rait lan­cé la jeune femme. L’homme, au­to­ri­taire et violent, est hors de lui. Il s’em­pare d’une hache et, sous les yeux hor­ri­fiés de sa femme et de son fils de 11 ans, il mas­sacre la pe­tite chienne. Les mains en­san­glan­tées, il part en­suite vers la fo­rêt pour l’en­ter­rer.

« J’ai ré­agi comme ça car ma femme m’avait dit des choses atroces », se jus­ti­fie-t-il. L’homme re­con­naît qu’il vou­lait mon­trer qu’il était le maître chez lui. Les gen­darmes sont aler­tés. Le père de fa­mille est ar­rê­té. De­vant le tri­bu­nal, l’homme fait preuve d’un aplomb in­croyable : « Si je veux eu­tha­na­sier ma chienne, j’ai le droit. Je ne suis pas un dé­lin­quant. Je n’ai ja­mais été violent. » Cette af­faire a per­mis de mettre en lu­mière d’autres faits par­ti­cu­liè­re­ment graves. L’homme est sus­pec­té de mar­ty­ri­ser éga­le­ment sa femme et leurs cinq en­fants, se­lon les té­moi­gnages de ses proches. « J’ai re­çu des coups dans le ventre lorsque j’étais en­ceinte. J’ai per­du deux fois con­nais­sance. Un de mes fils han­di­ca­pé était de­ve­nu son souffre-dou­leur. Il l’a en­fer­mé dans un pla­card, l’a frappé », té­moigne son épouse qui, après la mort du chiot, a dé­ci­dé de bri­ser la loi du si­lence.

En­ten­due par les gen­darmes, la soeur du pré­ve­nu a eu des mots ter­ribles : « Il est ca­pable de tuer toute la fa­mille. Le chien, ce n’est qu’une pré­misse. » Le pro­cu­reur a re­quis dix­huit mois de pri­son ferme pour l’en­semble des faits re­pro­chés au père de fa­mille. Le tri­bu­nal a dé­ci­dé d’or­don­ner une ex­per­tise psy­chia­trique avant de se pro­non­cer. Une nou­velle au­dience au­ra lieu le 24 mai. En at­ten­dant ce nou­veau ren­dez-vous avec la jus­tice, le tueur de chien res­te­ra en pri­son.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.