« Nous n’avons pas de li­mites »

Ru­dy Go­bert, le pi­vot fran­çais, dis­pute de­puis hier les playoffs NBA avec les Utah Jazz. Il ca­resse de grandes am­bi­tions.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - PAR ÉRIC MI­CHEL AVEC JU­LIEN LESAGE

LES 14 POINTS as­sor­tis de 7 rebonds de Ru­dy Go­bert n’ont pas suf­fi à évi­ter, hier, la dé­faite des Utah Jazz (116-108), lors du pre­mier match des playoffs NBA face à Ok­la­ho­ma Ci­ty (OKC). En dé­pit de ce re­vers, le club du pi­vot fran­çais rêve de créer la sen­sa­tion de la sai­son en dé­cro­chant le titre. Le géant tri­co­lore (2,16 m) de­meure d’ailleurs le grand fa­vo­ri pour être élu meilleur dé­fen­seur du cham­pion­nat de bas­ket amé­ri­cain et donc du monde. La par­ti­ci­pa­tion aux playoffs consti­tuait-elle l’ob­jec­tif prio­ri­taire de votre sai­son ?

RU­DY GO­BERT. Ça en fai­sait par­tie. Mais al­ler en playoffs juste pour se dire qu’on y est ne sert à rien. Ça donne sur­tout une chance de rem­por­ter le titre et c’est l’ob­jec­tif de toute l’équipe. Je n’ai ja­mais ca­ché que mon rêve est d ga­gner ce titre NBA un jour. Nous sommes sur le che­min et, en dis­pu­tant une deuxième fois les playoffs en deux ans, on gagne le res­pect de toute la NBA.

Mal­gré la dé­faite, est-ce une bonne pioche de jouer Ok­la­ho­ma Ci­ty au pre­mier tour ?

Il n’y a pas de bonne pioche en NBA. La Confé­rence Ouest est très dense. OKC est une équipe très phy­sique, dan­ge­reuse. On a du pain sur la planche. On a per­du 3 matchs sur 4 en sai­son ré­gu­lière face à elle, mais je n’en avais joué qu’un seul à cause de ma bles­sure (NDLR : il a ra­té 26 matchs à cause d’une en­torse à un ge­nou).

Sans votre re­tour, Utah se se­rai­til qua­li­fié pour les playoffs ?

C’était dur de ra­ter plu­sieurs matchs à cause de cette bles­sure. Pen­dant mon ab­sence, c’était plus dur aus­si pour mes co­équi­piers, sur­tout en dé­fense, mais ils n’ont rien lâ­ché. Quand je suis re­ve­nu, nous avons eu une sorte d’élan et on a sen­ti un groupe dif­fé­rent. On a pro­gres­sé comme équipe par rap­port au dé­but de sai­son.

Vous avez même fi­ni la sai­son ré­gu­lière en trombe avec 30 vic­toires sur 38 matchs…

C’était presque un par­cours de cham­pion. Nous avons été bons en mon­trant qu’on pou­vait battre tout le monde. Nous n’avons pas de li­mites.

A quoi as­pi­rez-vous dé­sor­mais ?

Pour l’ins­tant, il s’agit de battre OKC. Après, on ver­ra. L’ob­jec­tif est de ga­gner le pro­chain match et si on réus­sit, on va se sur­prendre nous-mêmes et sur­prendre les autres, je pense. Le Jazz cham­pion dès cette an­née, c’est pos­sible ?

Rien n’est im­pos­sible. Gol­den State n’a donc pas en­core rem­por­té le cham­pion­nat ?

Rien n’est plié. Beau­coup de fac­teurs entrent en jeu. Il y a plein d’équipes avec beau­coup de ta­lents et c’est ça qui est beau : tout peut se pas­ser et si toi, de ton cô­té, tu fais tout ce qu’il faut pour y ar­ri­ver, tout est ou­vert.

Comment avez-vous trou­vé cette sai­son NBA ?

C’était une sai­son avec beau­coup de bles­sures concer­nant des joueurs ma­jeurs. Ce­la a un peu faus­sé les choses. Mais c’est en­core une fois ce qui est beau dans le sport : tu ne peux rien pré­voir.

Comment ju­gez-vous votre sai­son ?

Je suis content de la pro­gres­sion de l’équipe et je suis im­pa­tient de voir ce que ce­la va don­ner en playoffs et dans les an­nées futures.

Se­rez-vous élu dé­fen­seur de l’an­née ?

Ce n’est pas à moi de ju­ger, mais bien sûr, ce se­rait un vé­ri­table hon­neur de ga­gner ce tro­phée. Ce­la fait par­tie des ob­jec­tifs de tous les joueurs de bas­ket.

Comment trou­vez-vous la sai­son des joueurs fran­çais de la NBA ?

C’est tou­jours un grand hon­neur d’être un des pays les mieux re­pré­sen­tés. On a eu des bles­sures, mais on a tous eu une bonne sai­son. Des jeunes viennent d’ar­ri­ver qui font du bon bou­lot. Il y a aus­si des mecs comme Ni­co Ba­tum, Evan Four­nier et moi qui sont ins­tal­lés et sont des joueurs ma­jeurs dans leur équipe. C’est très po­si­tif.

To­ny Par­ker est-il tou­jours un joueur do­mi­nant en NBA ?

On sait tous ce qu’il a réa­li­sé dans sa car­rière. Bien sûr, le temps passe et les jambes de­viennent lourdes, mais il reste le joueur fran­çais qui a le plus ac­com­pli en NBA. Il est tou­jours en NBA dans une des meilleures équipes de la Ligue, donc il reste un joueur do­mi­nant.

Joue­rez-vous les matchs de qua­li­fi­ca­tion de l’équipe de France à la Coupe du monde 2019 cet été ?

Pour l’ins­tant, je suis concen­tré sur les playoffs. Quand ce se­ra fi­ni, on en re­par­le­ra.

PAR­KER RESTE UN JOUEUR DO­MI­NANT

Ok­la­ho­ma Ci­ty (Etats-Unis), di­manche. Le Fran­çais Ru­dy Go­bert (nu­mé­ro 27 en bleu) a per­du le pre­mier match des playoffs mais pas son am­bi­tion.

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