Il au­rait mis son père dans le congé­la­teur pour tou­cher sa re­traite

Un ha­bi­tant de Saint-Maur (Val-de-Marne) est en garde à vue, soup­çon­né d’avoir tué son père et ca­ché son corps pour tou­cher 3 500 € par mois.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - PAR DE­NIS COUR­TINE ET MA­RINE LEG­RAND LA GAR­DIEN DE LA RÉ­SI­DENCE OÙ VIT LE COUPLE

AD­MI­NIS­TRA­TI­VE­MENT, Jacques était en très bonne san­té. Mal­gré ses 97 ans, il n’al­lait ja­mais chez le mé­de­cin, ne se fai­sait ja­mais rem­bour­ser un an­ti­bio­tique. En fait, s’il sol­li­ci­tait aus­si peu la ~écu­ri­té so­ciale, c’est qu’il était mort. Et per­sonne ne le sa­vait, à part son propre fils et sa bru. Ce couple de Saint-Maur (Val-de­Marne) était en garde à vue à Cré­teil hier ma­tin pour « ho­mi­cide vo­lon­taire » et « re­cel de ca­davre ». Di­dier est soup­çon­né d’avoir tué son père il y a treize ans lors d’une dis­pute. Il au­rait en­suite dis­si­mu­lé le corps dans un congé­la­teur à Ville­neuve-le-Roi (Val-de­Marne). De­puis, la re­traite de Jacques, de 3 500 € men­suels, conti­nuait d’être ver­sée.

La maî­tresse dé­nonce son amant

Comme sou­vent, l’af­faire éclate pour une his­toire de coeur bri­sé. Le week-end der­nier, la maî­tresse de Di­dier craque. De­puis en­vi­ron trois mois, ce­la ne se passe plus trop bien entre eux. Elle si­gnale des faits de mal­trai­tance concer­nant la fille du couple. On ne sait pas si cette en­fant de 13 ans a bel et bien su­bi des vio­lences. Le par­quet de Cré­teil sai­sit en tout cas le com­mis­sa­riat de Saint­Maur. Au­di­tion­née mar­di, la maî­tresse fait une ré­vé­la­tion aux en­quê­teurs. Se­lon elle,

Di­dier lui a confié tout ré­cem­ment qu’il avait tué son père et ca­ché le ca­davre dans un box. Où, elle n’en sait rien. Les po­li­ciers de Saint-Maur prennent ce té­moi­gnage très au sé­rieux. Ils fouillent la vie de Jacques, le père de Di­dier. Et ef­fec­ti­ve­ment, au­cun rem­bour­se­ment mé­di­cal n’est en­re­gis­tré de­puis treize ans. A l’état ci­vil de sa com­mune, pas d’avis de dé­cès. Of­fi­ciel­le­ment, le vieil homme est toujours en vie.

Les époux, qui vivent dans une ré­si­dence pri­vée mo­deste des bords de Marne, sont convo­qués. Seule Lin­da se pré­sente jeu­di à Saint-Maur. Elle est aus­si­tôt pla­cée en garde à vue. Cette femme sans em­ploi ra­conte qu’elle a ap­pris la liai­son ex­tracon­ju­gale de son ma­ri et pense qu’il se fait ex­tor­quer de l’ar­gent par sa maî­tresse. Elle a même trou­vé un ré­cé­pis­sé de vi­re­ment au pro­fit de sa ri­vale. Cette der­nière au­rait-elle fait chan­ter Di­dier ? De l’ar­gent en échange de son si­lence ? « Ce n’est pas du tout éta­bli », re­la­ti­vise une source proche du dossier. Et Di­dier, jus­te­ment, pour­quoi n’est-il pas là ? Il a dis­pa­ru le ma­tin même avec leur fille de 13 ans, lâche Lin­da. Les en­quê­teurs du SDPJ 94 ne met­tront pas long­temps à les re­trou­ver en re­cher­chant le vé­hi­cule du sus­pect. « La fille était saine et sauve, se ré­jouit une source proche du dossier. En fait, le gars a com­pris que sa vie al­lait s’écrou­ler. Il s’est mis à er­rer sans cher­cher vé­ri­ta­ble­ment à prendre la fuite. »

Hier, on igno­rait si cet homme, « un peu es­croc sur les bords » se­lon la même source, s’était confié en garde à vue sur la mort de son père. Le ca­davre, re­trou­vé dans le congé­la­teur à Ville­neuve-le­Roi, « était comme mo­mi­fié », dit un té­moin. « L’autopsie va évi­dem­ment être dé­ter­mi­nante », sou­ligne une source ju­di­ciaire. Quant à l’épouse, elle aus­si en garde à vue, les po­li­ciers cherchent à sa­voir si elle pou­vait igno­rer l’ori­gine de cette manne fi­nan­cière pen­dant ces treize an­nées.

La sur­prise des voi­sins

Le gar­dien de la ré­si­dence avait le souffle cou­pé en ap­pre­nant hier la rai­son de l’ar­res­ta­tion de Di­dier : « Les po­li­ciers m’ont de­man­dé qui com­po­sait ce foyer et s’il y avait une per­sonne âgée à leur do­mi­cile. Ils étaient nom­breux, et vi­si­ble­ment pré­oc­cu­pés. On sen­tait que c’était du sé­rieux. Ils ont dé­fon­cé la porte de leur ap­par­te­ment pour en­trer. On ne fait pas ça pour un simple feu rouge grillé. » « Lui était un homme po­li, sans pro­blème, très gen­til », pour­suit le gar­dien. Les voi­sins ont aus­si la mâ­choire qui se dé­croche : « Il était très sym­pa avec les gosses, il les em­me­nait par­fois en groupe man­ger chez McDo­nald’s », se re­mé­more une ma­man du quar­tier. « Et Lin­da, c’était une crème, une ma­man qui kiffe sa fille », ré­sume un pa­pa.

Les po­li­ciers étaient nom­breux, et vi­si­ble­ment pré­oc­cu­pés.

Ils ont dé­fon­cé la porte de leur ap­par­te­ment pour en­trer.

On ne fait pas ça pour un simple feu rouge grillé.

Saint-Maur-des-Fos­sés, hier. Le couple, qui ha­bite cette ré­si­dence, a été mis en garde à vue pour ho­mi­cide vo­lon­taire et re­cel de ca­davre.

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