« Je ne poi­gnarde ja­mais dans le dos »

Ni­co­las Du­pont-Ai­gnan, ex-al­lié de Ma­rine Le Pen

Le Parisien (Seine et Marne) - - POLITIQUE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR VALÉRIE HACOT ET HEN­RI VER­NET @vha­cot1 | @Hen­riVer­net

DE­BOUT LA FRANCE (DLF), le par­ti de l’ex-can­di­dat sou­ve­rai­niste à la pré­si­den­tielle qui s’était al­lié à Ma­rine Le Pen entre les deux tours, tient ce week-end ses uni­ver­si­tés d’été au Cirque d’hi­ver à Pa­ris.

On a l’im­pres­sion que votre mou­ve­ment De­bout la France a du mal à sur­vivre à l’aven­ture FN…

NI­CO­LAS DU­PONT-AI­GNAN. C’est l’in­verse, nous en sommes sor­tis ren­for­cés. Suite à mon choix de se­cond tour, nous avons ac­cueilli 2 600 nou­veaux adhé­rents et eu seule­ment 222 ren­vois de cartes. La ligne que nous avons choi­sie a été com­prise par l’opi­nion, même si elle a été ca­ri­ca­tu­rée par les mé­dias qui ont don­né l’im­pres­sion que je de­ve­nais FN. C’était une al­liance où je fai­sais évo­luer son pro­jet sur des points fon­da­men­taux comme l’eu­ro. J’ai fait un choix que j’as­sume, mais DLF comme moi-même de­meu­rons des gaul­listes in­dé­pen­dants.

Le soir du dé­bat Ma­cron - Le Pen, vous n’avez pas re­gret­té votre choix ?

J’ai été dé­çu. Mais quand je prends un en­ga­ge­ment, je ne poi­gnarde ja­mais dans le dos. C’est l’ave­nir qui compte.

Ma­rine Le Pen est-elle à la hau­teur du poste ?

Je ne com­mente pas le pas­sé. C’est aux mi­li­tants FN de dé­ci­der.

Vous al­lez re­prendre votre al­liance avec Ma­rine Le Pen ?

Il faut ti­rer les le­çons de la dé­faite col­lec­tive, de la di­vi­sion des pa­triotes et des Ré­pu­bli­cains. Main­te­nant qu’il y a une recomposition po­li­tique au centre, au­tour de Ma­cron, il ne faut pas re­par­tir cha­cun dans sa roue, le cou­loir LR Wau­quiez, le cou­loir DLF Du­pontAi­gnan, le cou­loir FN Le Pen. La plu­part de nos élec­teurs par­tagent des va­leurs, la na­tion, les fron­tières… Ils ont plus de choses qui les rap­prochent que de choses qui les sé­parent. On a cinq ans pour bâ­tir un pro­gramme com­mun de gou­ver­ne­ment, al­ter­na­tif à la ca­tas­trophe Ma­cron.

Mais Laurent Wau­quiez ne veut au­cune al­liance avec le FN…

Ce n’est pas M. Wau­quiez qui va dé­ci­der ce que veulent les élec­teurs LR, ni mettre un pis­to­let sur la tempe des cadres. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a une im­mense as­pi­ra­tion à l’union pour en fi­nir avec le piège de Mit­ter­rand qui consiste à di­vi­ser la droite entre un FN avec ses dé­fauts et des Ré­pu­bli­cains sou­mis à Bruxelles. La moi­tié des di­ri­geants LR sont al­lés à la soupe avec M. Ma­cron, donc l’autre moi­tié, res­tée in­tègre, est libre. Quant au FN, il y a beau­coup de dé­bats chez eux pour évo­luer. Si tout le monde re­part sé­pa­rés, la droite per­dra toutes les élec­tions. Je ne veux pas lais­ser la France à M. Ma­cron, le pré­sident des su­per-riches. Je suis convain­cu qu’avec son mé­pris il va se fra­cas­ser sur la réa­li­té.

Ce­la va prendre quelle forme ?

Je vais pro­po­ser de­main une pla­te­forme par­ti­ci­pa­tive d’ap­pel au peuple pour éla­bo­rer le pro­gramme des « amou­reux de la France ». On pour­ra ain­si ré­con­ci­lier des Fran­çais qui sont ar­ti­fi­ciel­le­ment di­vi­sés.

Le FN, pour être plus au­dible et in­car­ner l’op­po­si­tion face à Mé­len­chon, veut un groupe à l’As­sem­blée. Etes-vous prêt à le re­joindre ?

J’ai sou­te­nu Ma­rine Le Pen parce que j’avais in­flé­chi son pro­jet. Mais, au­jourd’hui, la ques­tion d’un groupe ne se pose pas, puisque le FN n’a pas en­core dé­fi­ni sa ligne po­li­tique. Et je n’ai ja­mais fait au­tant de bruit tout seul que sur la loi sur la mo­ra­li­sa­tion !

« ON A CINQ ANS POUR B­TIR UN PRO­GRAMME COM­MUN, AL­TER­NA­TIF À LA CA­TAS­TROPHE MA­CRON »

Ni­co­las Du­pont-Ai­gnan.

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