Le Japon en­core vi­sé par Pyon­gyang

La Co­rée du Nord a ré­pli­qué aux der­nières sanc­tions de l’ONU en ti­rant un mis­sile au-des­sus de l’ar­chi­pel nip­pon.

Le Parisien (Seine et Marne) - - POLITIQUE - JANNICK ALIMI

LE RÉ­VEIL, hier, a été bru­tal pour les Ja­po­nais de l’est et du nord du pays : un peu avant 7 heures, la Co­rée du Nord a pro­cé­dé à un tir de mis­sile, le 19e cette an­née, le 2e de­puis moins d’un mois et le 4e à avoir sur­vo­lé l’ar­chi­pel nip­pon, aux­quels s’ajoutent deux tirs, en 2012 et 2016, sur l’île d’Oki­na­wa… « Il n’y a au­cun dé­gât, a in­di­qué le gou­ver­ne­ment ja­po­nais. […] Notre pays ne peut plus to­lé­rer les pro­vo­ca­tions ré­pé­tées de la Co­rée du Nord. »

L’en­gin, qui s’est abî­mé dans l’océan Pa­ci­fique, à quelque 2 000 km au sud de l’île ja­po­naise d’Hok­kai­do, a par­cou­ru 3 700 km — soit plus loin et plus haut que le tir du 29 août —, ce qui, mal­gré les dé­né­ga­tions du com­man­de­ment amé­ri­cain du Pa­ci­fique (Pa­com), met l’île amé­ri­caine de Guam à por­tée de mis­sile de Pyon­gyang. Cette île abrite des bom­bar­diers stra­té­giques amé­ri­cains.

Ce tir in­ter­vient quatre jours après l’adop­tion d’une ré­so­lu­tion du Conseil de sé­cu­ri­té de l’ONU im­po­sant de nou­velles sanc­tions, dont une in­ter­dic­tion des li­vrai­sons de gaz à la Co­rée du Nord, un blo­cage de ses ex­por­ta­tions tex­tiles et des li­mites à l’ac­cueil de ses res­sor­tis­sants ve­nus tra­vailler à l’étran­ger. Jeu­di, le ré­gime nord-co­réen avait me­na­cé de « cou­ler » le Japon et de ré­duire les Etats-Unis « en cendres » et ap­pe­lé à dis­soudre le Conseil de sé­cu­ri­té de l’ONU, « un outil diabolique », siège de pays « cor­rom­pus » aux ordres de Wa­shing­ton.

MA­CRON ET POU­TINE POUR DES « NÉ­GO­CIA­TIONS DI­RECTES »

Rex Tiller­son, le se­cré­taire d’Etat amé­ri­cain, a ju­gé que ces sanc­tions étaient un « plan­cher, pas un pla­fond, des ac­tions à en­tre­prendre ». Il a de­man­dé à la Rus­sie et à la Chine — proches de Pyon­gyang — d’in­ter­ve­nir au­près de Kim Jong-un. « La Chine four­nit la ma­jeure par­tie du pé­trole de la Co­rée du Nord. La Rus­sie est le pre­mier em­ployeur de tra­vailleurs for­cés nord-co­réens », a-t-il sou­li­gné. « (Elles) doivent in­di­quer qu’elles ne to­lèrent pas ces tirs de mis­siles in­cons­cients en agis­sant de leur propre chef. »

Wa­shing­ton a été par­tiel­le­ment en­ten­du. La Chine a rap­pe­lé son op­po­si­tion « à la vio­la­tion, par la Co­rée du Nord, des ré­so­lu­tions du Conseil de sé­cu­ri­té et à son re­cours à des mis­siles ba­lis­tiques pour des tirs », tout en ju­geant « ir­res­pon­sables » les exi­gences amé­ri­caines. Le Krem­lin a condam­né le « nou­veau tir pro­vo­ca­teur » de Pyon­gyang, mais a dé­non­cé aus­si la « rhé­to­rique agres­sive de Wa­shing­ton ». Les pré­si­dents russe, Vla­di­mir Pou­tine, et fran­çais, Em­ma­nuel Ma­cron, qui se sont en­tre­te­nus par té­lé­phone, ap­pellent à des « né­go­cia­tions di­rectes » avec la Co­rée du Nord « pour faire bais­ser les ten­sions ré­pé­tées de Pyon­gyang pour la paix et la sé­cu­ri­té in­ter­na­tio­nales ». Quant au Conseil de sé­cu­ri­té, il s’est réu­ni, en ur­gence, hier soir, à huis clos. Le jour­na­liste Loup Bu­reau

em­pri­son­né de­puis plus de cin­quante jours en Tur­quie, a été li­bé­ré et va être ex­pul­sé vers la France. In­ter­pel­lé le 26 juillet à la fron­tière ira­ko-turque, il était ac­cu­sé d’ap­par­te­nance à « une or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste ar­mée » par An­ka­ra. « Je l’ai sen­ti sur­pris, sou­la­gé, mais en même temps pru­dent », a té­moi­gné son père Loïc Bu­reau, peu après avoir par­lé avec son fils au té­lé­phone. Loup Bu­reau de­vrait ren­trer ce soir à Pa­ris.

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