La fac de Tours sou­tient ses étu­diants trans­genres

L’uni­ver­si­té a an­non­cé hier une série de me­sures, no­tam­ment le droit d’uti­li­ser son pré­nom « d’usage ».

Le Parisien (Seine et Marne) - - SOCIÉTÉ - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT CHAR­LY, 20 ANS

TOUT EST PAR­TI du ma­laise de Char­ly, 20 ans, née fille mais qui se sent gar­çon. Cet étu­diant de l’uni­ver­si­té de Tours, mi­li­tant de l’as­so­cia­tion de dé­fense des ho­mo­sexuels, bi­sexuels et trans­genres LGBT, a aler­té l’ad­mi­nis­tra­tion sur la dif­fé­rence entre son iden­ti­té ad­mi­nis­tra­tive et son iden­ti­té propre. « Chaque fois qu’on m’ap­pe­lait pour un de­voir, un ren­du de co­pie ou en tra­vaux di­ri­gés, j’étais contraint de m’ex­pli­quer, ça crée un ma­laise de de­voir se jus­ti­fier tout le temps », ex­plique l’étu­diant qui a sui­vi un trai­te­ment hor­mo­nal.

Pre­mier ré­sul­tat de sa dé­marche : « Dès cette an­née, la carte d’étu­diant de l’uni­ver­si­té de Tours ne fait plus men­tion du sexe et chaque étu­diant peut faire in­di­quer son pré­nom d’usage », ré­sume Con­cet­ta Pen­nu­to, char­gée de mis­sion éga­li­té di­ver­si­té et han­di­cap dans cette fac qui a an­non­cé hier une série de me­sures pour ac­com­pa­gner ses étu­diants trans­genres.

« Il a fal­lu un an pour y ar­ri­ver, mais je suis heu­reux de cette évo­lu­tion. Je de­vrais re­ce­voir ma carte d’étu­diant avec mon pré­nom d’usage dans les pro­chains jours », se ré­jouit Char­ly, ins­crit en psy­cho­lo­gie. L’uni­ver­si­té de Tours, qui compte 25 000 étu­diants, est pion­nière dans cette re­con­nais­sance trans­genre. Cet hi­ver, confirme Con­cet­ta Pen­nu­to, des toi­lettes neutres, sans si­gna­lé­tique homme ou femme et sans uri­noir, vont être créées. Les tra­vaux sont en cours en fac de mé­de­cine.

« Le trans­genre n’est pas en­core une réa­li­té, ça concerne com­bien de per­sonnes ? » s’in­ter­rogent Elise et Lei­la, en 1re an­née. « Nous avons au moins un se­cond dos­sier à l’étude », ré­torque Con­cet­ta Pen­nu­to, qui es­time qu’une di­zaine d’étu­diants pour­raient être concer­nés dans les an­nées à ve­nir. Autre me­sure, « quand un-e di­plô­mé-e a mo­di­fié son état ci­vil, il peut se faire édi­ter un nou­veau di­plôme avec le nou­veau pré­nom » et il « n’au­ra donc plus à se jus­ti­fier » sur la dif­fé­rence de pré­nom dans sa vie pro­fes­sion­nelle. « Le but est de per­mettre à cha­cun de vivre sa vie étu­diante sans dis­cri­mi­na­tion ni ju­ge­ment. »

« ÇA CRÉE UN MA­LAISE DE DE­VOIR SE JUS­TI­FIER TOUT LE TEMPS »

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