Entre Au­las et les fans, ce n’est plus vrai­ment l’amour foot

Les sup­por­teurs lo­caux osent au­jourd’hui épin­gler le pré­sident lyon­nais, long­temps in­con­tes­té à Lyon. Lui se dé­fend face à ces cri­tiques.

Le Parisien (Seine et Marne) - - FOOTBALL - DE NOTRE CORRESPONDANT AN­THO­NY FAURE À LYON (RHÔNE)

« ON N’AU­RAIT ja­mais été aus­si haut sans Jean-Mi­chel Au­las. On n’au­rait ja­mais eu un tel stade sans lui. C’est notre mes­sie. » Une très grande ma­jo­ri­té de sup­por­teurs lyon­nais par­tagent tou­jours le sen­ti­ment de JeanLouis, 47 ans, abon­né à l’OL de­puis plus de vingt ans. Mais dé­sor­mais, dans les dis­cus­sions entre fans, un « oui mais » re­vient sou­vent comme une ponc­tua­tion ré­cur­rente. « C’est un vi­sion­naire, un très bon ges­tion­naire, mais il en fait trop, il surréagit sur les ré­seaux so­ciaux et, spor­ti­ve­ment, on est dé­çus. Entre potes, on en parle sou­vent, on est un peu las­sés », sou­ligne Thi­bault, 31 ans, fi­dèle du vi­rage sud. Il n’est pas le seul, chez les Gones, à avoir cette per­cep­tion.

« C’est le seul pré­sident à faire ça. Il ré­agit au moindre mec qui a 15 abon­nés sur Twit­ter, il se mêle de tout, des af­faires du PSG. Nous, on pré­fère des ré­sul­tats », souffle Yo­han, 26 ans, abon­né au vi­rage nord. JeanMi­chel Au­las, pré­sident de l’OL de­puis trente ans, se dé­fend : « Ce n’est ab­so­lu­ment pas mon res­sen­ti. Cette image est ré­ser- vée à une mi­no­ri­té, à 3 % de mes 426 000 abon­nés sur Twit­ter. J’ai des tests tous les jours en temps réel. A l’en­traî­ne­ment, au stade, dans les rues de Lyon ou de Pa­ris, dans le TGV, les gens sont vrai­ment contents de ce qui a été fait à Lyon et ils ont confiance. Ce ne sont pas ceux qui râlent sur Twit­ter. »

Les sup­por­teurs pointent éga­le­ment son in­ter­ven­tion­nisme dans le do­maine spor­tif. « C’est un ex­cellent pré­sident. Mais on a l’im­pres­sion qu’avec lui à la barre on ne peut pas avoir de grand di­rec­teur spor­tif ou de grand coach. Il est trop in­tru­sif, il se mêle trop des choix de joueurs lors du mer­ca­to », pense Cy­ril, 26 ans. « Vous sa­vez com­bien j’ai ma­na­gé d’en­traî­neurs ? ba­laie JMA. Au­cun ne vous di­ra que je suis in­ter­ven­tion­niste. Ju­nin­ho, ça va se faire, peut-être moins ra­pi­de­ment que pré­vu, mais ça va se faire. J’ai lu aus­si que je vou­drais im­po­ser à l’en­traî­neur des joueurs qui ont coû­té cher

C’est faux. Sur le re­cru­te­ment, je fais confiance aux gens en place. »

Reste la ques­tion de l’ab­sence de titre de cham­pion de France de­puis 2008 qui at­tise les im­pa­tiences. « Les sup­por­teurs ne veulent pas que je m’en­dorme, que je manque d’am­bi­tion. Cette sai­son, on vise le po­dium, mar­tèle Au­las. A moyen terme, sur le plan na­tio­nal et eu­ro­péen, Lyon a-t-il tou­jours l’am­bi­tion d’être le pre­mier ? Oui. »

Quant à Bru­no Ge­ne­sio, ré­gu­liè­re­ment cri­ti­qué par cer­tains fans de­puis des mois, JMA avance qu’il a le sou­tien du Kop vi­rage nord (KVN), le plus gros groupe de sup­por­teurs lyon­nais (6 000 membres) : « Ils pensent aus­si, la ma­jo­ri­té, que je fais bien de sou­te­nir Bru­no. » Mais hier soir, dans un com­mu­ni­qué, le KVN (qui com­prend les in­fluents Bad Gones) a te­nu à ti­rer « la son­nette d’alarme » avant OL - Mo­na­co, après avoir ren­con­tré Au­las pen­dant la trêve et « in­sis­té sur la com­mu­ni­ca­tion dé­faillante du club, du staff, du pré­sident qui semblent se sa­tis­faire de ré­sul­tats loin d’être suf­fi­sants pour l’OL ». A Lyon donc, plus per­sonne n’est épar­gné. Pas même son pré­sident.

“C’EST UN VI­SION­NAIRE, UN BON GES­TION­NAIRE, MAIS IL EN FAIT TROP, IL SURRÉAGIT SUR LES RÉ­SEAUX SO­CIAUX ET, SPOR­TI­VE­MENT, ON EST DÉ­ÇUS.

THI­BAULT, UN SUPPORTEUR

Jean-Mi­chel Au­las, pré­sident de l’OL, a rap­pe­lé que « cette sai­son, le club [vi­sait] le po­dium », af­fir­mant que Lyon avait tou­jours l’am­bi­tion d’être le pre­mier en France et en Eu­rope.

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