Le gou­ver­ne­ment veut faire payer les ci­ga­ret­tiers

La se­cré­taire d’Etat à la Tran­si­tion éco­lo­gique et so­li­daire, Brune Poir­son, convoque au­jourd’hui les in­dus­triels du ta­bac. Ob­jec­tif : les obli­ger à col­lec­ter les 30 mil­liards de mé­gots je­tés dans la na­ture.

Le Parisien (Seine et Marne) - - LA UNE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR FRÉ­DÉ­RIC MOUCHON

SI LES IN­DUS­TRIELS du ta­bac re­chignent à col­lec­ter les mé­gots, la se­cré­taire d’Etat à l’Eco­lo­gie nous an­nonce qu’elle pour­rait les y contraindre.

Vous ren­con­trez ce ma­tin les in­dus­triels du ta­bac. Pour­quoi ?

BRUNE POIR­SON. J’ai convo­qué un à un les ci­ga­ret­tiers pour leur de­man­der de lut­ter contre une pol­lu­tion qui est de­ve­nue un fléau : les mé­gots. C’est le prin­ci­pal dé­chet que l’on re­trouve sur nos trot­toirs et dans la na­ture. Il est au­jourd’hui à la charge ex­clu­sive des villes. Ren­dez-vous compte : il se vend en France près de 50 mil­liards de ci­ga­rettes par an et on es­time que plus de 30 mil­liards fi­nissent dans notre en­vi­ron­ne­ment.

Qu’at­ten­dez-vous d’eux ?

Que la pol­lu­tion que gé­nèrent les mé­gots soit re­con­nue et qu’ils me fassent des pro­po­si­tions d’en­ga­ge­ments avec des so­lu­tions ef­fi­caces d’ici septembre. Je suis ferme sur les ob­jec­tifs, mais je n’ai pas de re­li­gion sur les moyens d’y par­ve­nir.

Bri­tish Ame­ri­can To­bac­co es­time que ce n’est pas aux in­dus­triels de payer…

Per­sonne ne peut se dé­faus­ser de sa res­pon­sa­bi­li­té. Et sur ce dos­sier, le Pre­mier mi­nistre veut des ré­sul­tats ra­pides. Certes, il y a de l’in­ci­visme de la part de fu­meurs et ce­la doit chan­ger. Mais les in­dus­triels du ta­bac ont à as­su­mer une res­pon­sa­bi­li­té qui va jus­qu’au dé­chet de leur pro­duit. Il leur ap­par­tient de se sou­cier de ce que de­viennent les mé­gots qu’ils gé­nèrent, tout comme le fa­bri­cant de votre machine à la­ver a la res­pon­sa­bi­li­té de se sou­cier de ce qu’elle de­vient une fois que vous la jetez. Ça s’ap­pelle la res­pon­sa­bi­li­té élar­gie du pro­duc­teur, ça fait presque trente ans que ce­la existe en France pour bon nombre de pro­duits.

Et s’ils ne veulent pas mettre la main au porte-mon­naie ?

Et ce se­rait les seuls in­dus­triels à s’y op­po­ser alors qu’ils sont à l’ori­gine d’une très grande pol­lu­tion ? Ce­la ne se­rait pas ac­cep­table. Si leurs pro­po­si­tions ne sont pas éco­lo­gi­que­ment à la hau­teur du pro­blème, le gou­ver­ne­ment re­pren­dra la main. Nous dé­ploie­rons le prin­cipe de la res­pon­sa­bi­li­té élar­gie pour qu’ils contri­buent fi­nan­ciè­re­ment, comme les autres in­dus­triels, à la col­lecte et au trai­te­ment des dé­chets is­sus des pro­duits qu’ils ont ven­dus. Au­jourd’hui, c’est l’en­vi­ron­ne­ment qui trinque et ce sont d’abord les contri­buables qui paient pour le ba­layage des mé­gots à tra­vers leurs im­pôts lo­caux. Ce n’est plus to­lé­rable.

Brune Poir­son rap­pelle que le prin­cipe de res­pon­sa­bi­li­té élar­gie du pro­duc­teur l’en­gage à se sou­cier des dé­chets de ses pro­duits.

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