Po­li­cés pour mieux ga­gner ?

Les joueurs tri­co­lores pré­sentent une image très maî­tri­sée, très loin des frasques du pas­sé. Comme un sym­bole de leur vo­lon­té d’être concen­trés sur leur ob­jec­tif.

Le Parisien (Seine et Marne) - - FAIT DU JOUR - PAR

« C’EST LA COUPE DU MONDE, pour moi il faut al­ler à la guerre. Et pour al­ler à la guerre, il faut une coupe de mi­li­taire. » Voi­là en une for­mule la ma­nière dont Pres­nel Kim­pembe a ré­su­mé à la fois son état d’es­prit et sa coupe de che­veux du mo­ment. Fi­ni les co­lo­ra­tions roses, les ara­besques sur les cô­tés… Seuls quelques mil­li­mètres de son an­cienne tein­ture per­oxy­dée af­fleurent, mais le style est des plus sobres. Un dé­tail qui n’en est pas un au mo­ment d’abor­der la compétition.

Plus au­cun Bleu n’af­fiche de crête ou autre ten­ta­tive ca­pil­laire au­da­cieuse, alors que Paul Pog­ba et An­toine Griez­mann en étaient par exemple des adeptes. Les pro­pos du Pa­ri­sien confirment le lien entre l’image qu’en­tendent ren­voyer les Tri­co­lores et leur état d’es­prit à l’ap­proche de la compétition, bien per­cep­tible lors de pe­tits jeux très in­tenses à l’en­traî­ne­ment. Cette so­brié­té est aus­si par­fois une ques­tion de cir­cons­tances. An­toine Griez­mann, adepte de­puis son plus jeune âge de toutes les ex­cen­tri­ci­tés, a dû pour ain­si dire se ra­ser la tête après que ses che­veux ont été abî­més par sa pré­cé­dente co­lo­ra­tion.

Sur les ré­seaux so­ciaux, les Bleus pro­longent l’im­pres­sion d’une image as­sez lisse. L’am­biance est aux blagues de po­tache sur l’ins­ta­gram de Ky­lian Mbap­pé et quelques autres joueurs, mais la plu­part des mes­sages sont très cor­po­rate et prin­ci­pa­le­ment ali­men­tés par des conte­nus four­nis par la FFF. On est loin du reste de la sai­son où cer­tains in­ter­na­tio­naux aiment par­fois af­fi­cher leur « fast life », à coups de rap et de grosses voitures. Kim­pembe re­con­naît de bonne grâce avoir bais­sé le vo­lume : « Je me suis cal­mé un peu sur les ré­seaux so­ciaux. On sait que dans les mé­dias ça va vite. »

La très gé­né­rale charte de bonne conduite mise en place après le psy­cho­drame de Knys­na, en 2010, est tou­jours af­fi­chée dans les lieux de vie des Bleus.

Ils ont été aler­tés en dé­but de stage à Clai­re­fon­taine par Di­dier Des­champs. Cette fois, pas de texte à si­gner, pas d’en­ga­ge­ment, mais seule­ment une mise en garde sur les conduites à te­nir, ou pas. Il est par exemple de­man­dé aux joueurs de ne pas se mettre en scène au­tour d’une pis­cine ou de mettre en avant tout autre élé­ment qui pour­rait lais­ser pen­ser qu’ils se­raient en va­cances plu­tôt qu’en conquête. Une si­tua­tion qui s’était pré­sen­tée au Bré­sil, en 2014, et qui avait contra­rié le sé­lec­tion­neur.

LES LE­ÇONS DE LA COUPE DU MONDE 2014

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