Les se­crets d’une pe­tite ré­vo­lu­tion

La France de­vrait se pré­sen­ter, sa­me­di face à l’Aus­tra­lie, sans Ma­tui­di ni Gi­roud, mais avec To­lis­so et Dem­bé­lé. Le fruit de choix dé­li­cats et d’une ré­flexion me­née par le sé­lec­tion­neur.

Le Parisien (Seine et Marne) - - FAIT DU JOUR - DE L’UN DE NOS EN­VOYÉS SPÉ­CIAUX

DI­DIER DES­CHAMPS vient de pas­ser au plan B. Au dé­but de la pré­pa­ra­tion, il y a trois se­maines, une éter­ni­té, le sé­lec­tion­neur avait un onze de dé­part en tête et une stra­té­gie. Il comp­tait ain­si se ser­vir de la ren­contre face aux EtatsU­nis, à Lyon, comme d’une ré­pé­ti­tion gé­né­rale avant d’af­fron­ter l’Aus­tra­lie, une se­maine plus tard à Ka­zan.

Mais dès le coup de sif­flet fi­nal, après le match nul (1-1) ar­ra­ché dans le der­nier quart d’heure, la to­na­li­té avait dé­jà chan­gé. « Non, ce ne se­ra pas for­cé­ment la même équipe face à l’Aus­tra­lie », glis­sait-il sa­me­di soir. Ce n’était pas une pa­role en l’air. Il s’était pas­sé trop de choses à son goût les jours d’avant pour res­ter les bras croi­sés plus long­temps. La séance d’en­traî­ne­ment d’hier, au cours de la­quelle il a com­po­sé une équipe cal­quée sur celle ali­gnée face à l’Ita­lie (3-1) dé­but juin, est sa ré­ponse après trois se­maines d’ob­ser­va­tion.

MA­TUI­DI, VIC­TIME DU LOBBYING DE POG­BA ?

Pre­mier élé­ment, le plus évident, ses ar­rières la­té­raux n’étaient pas au ni­veau au cours de la phase pré­pa­ra­toire. Ben­ja­min Men­dy, de re­tour à la compétition fin avril après huit mois d’ar­rêt, ti­rait la langue sa­me­di au bout de cin­quante mi­nutes, avant d’être rem­pla­cé à l’heure de jeu. Quant à Si­di­bé, bles­sé cou­rant avril, il ve­nait de li­vrer une pres­ta­tion in­quié­tante et de su­bir un coup sur son ge­nou dé­jà en­do­lo­ri. A peine ar­ri­vé en Rus­sie di­manche, Des­champs com­men­çait d’ailleurs à dif­fu­ser des ondes né­ga­tives au su­jet de ses ti­tu­laires ini­tiaux

Et très po­si­tives à pro­pos des dou­blures sup­po­sées : Pa­vard à droite et Her­nan­dez à gauche, deux nou­veaux ve­nus qui n’ont pas froid aux yeux.

Le sé­lec­tion­neur lan­çait aus­si, lors de ses conver­sa­tions avec son staff, quelques bal­lons d’es­sai au su­jet de la com­po­si­tion du mi­lieu. L’idée d’écar­ter Ma­tui­di com­men­çait à faire son che­min. Non pas pour sanc­tion­ner l’ex-Pa­ri­sien, pas for­cé­ment im­pé­rial face aux Etats-Unis mais ir­ré­pro­chable de­puis plu­sieurs an­nées. Plu­tôt pour bâ­tir un en­tre­jeu plus adap­té aux ca­rac­té­ris­tiques de l’Aus­tra­lie… et aus­si pour li­bé­rer la place de mi­lieu gauche au bé­né­fice de Pog­ba, le poste que le Man­cu­nien ré­clame en in­terne comme en pu­blic . Ma­tui­di, vic­time du lobbying de Pog­ba ? Cette ten­dance, dé­jà per­cep­tible en dé­but de se­maine, s’est confir­mée hier. Au bout du compte, c’est To­lis­so qui tire son épingle du jeu au poste de mi­lieu droit. En­fin, sur le front de l’at­taque, les jeunes ont pris le pou­voir. Exit le tren­te­naire Gi­roud, vic­time d’un choc à la tête sa­me­di qui lui a va­lu six points de su­ture et pous­sé vers le banc de touche par le duo Mbap­pé-Dem­bé­lé. « Ous­mane a d’énormes qua­li­tés, a glis­sé Mbap­pé hier. Tout le monde connaît son im­por­tance dans l’équipe. » Griez­mann n’évo­lue­rait plus dans un rôle de nu­mé­ro 10, en sou­tien des deux at­ta­quants mais plu­tôt sur un cô­té. Bref, tout change, tout le temps. Et ce n’est que le dé­but.

Dji­bril Si­di­bé, tou­ché au ge­nou sa­me­di face et ab­sent de l’en­traî­ne­ment en dé­but de se­maine, a par­ti­ci­pé nor­ma­le­ment à la séance d’hier. Sauf re­chute d’ici demain, le risque d’un for­fait semble écar­té.

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