Les dis­pa­rus de Mi­re­poix sont tom­bés dans un im­pla­cable guet-apens

La prin­ci­pale sus­pecte a avoué le meurtre du père et de sa fille, pré­ci­sant l’hor­rible scé­na­rio écha­fau­dé avec son ex-amant et com­plice. Ils ont été écroués.

Le Parisien (Seine et Marne) - - FAITS DIVERS - PAR JEAN-MARC DUCOS

LE COUPLE DE SUS­PECTS AVAIT « VÉ­RI­FIÉ SI LA DALLE DE LA FOSSE SEPTIQUE PER­MET­TAIT DE LAIS­SER PAS­SER UN CORPS »

LE COUPLE MA­CHIA­VÉ­LIQUE avait pré­pa­ré son fu­neste pro­jet dès le mois de juin 2017, six mois avant la dis­pa­ri­tion des vic­times. Et avait ef­fec­tué des re­pé­rages sur les lieux de la mise à mort de Ch­ris­tophe Or­saz, 46 ans, et de sa fille Cé­lia, 18 ans, vo­la­ti­li­sés le 30 no­vembre 2017.

Après les pre­miers aveux du sus­pect, Jean-Paul Vi­dal, 48 ans, mar­di au pe­tit ma­tin face aux gen­darmes de la sec­tion de re­cherches (SR) de Toulouse, c’est sa maî­tresse, Ma­rie-Jo­sé Mon­te­si­nos, 56 ans, qui a cra­qué à son tour mer­cre­di ma­tin. C’est lorsque les gen­darmes ont avan­cé leur carte maî­tresse, des re­le­vés de té­lé­phones pré­payés que seul le couple avait pu uti­li­ser, que cette femme a avoué. Jus­qu’alors, elle s’abri­tait der­rière un faux ali­bi vite dé­mon­té par les en­quê­teurs.

Cette in­fir­mière, mince, brune, sé­dui­sante, pas­sion­née de ran­don­née et ins­tal­lée à La­ve­la­net (Ariège), an­cienne maî­tresse de Ch­ris­tophe Or­saz, jar­di­nier pay­sa­giste, a re­con­nu que le « té­lé­phone pré­payé uti­li­sé était des­ti­né à faire croire à la vic­time qu’elle était ap­pe­lée par un client ». C’est donc bien un tra­que­nard, comme « le Pa­ri­sien » « Au­jourd’hui en France » l’a ré­vé­lé dès lun­di, que les deux sus­pects ont ten­du.

Ce 30 no­vembre, leur cible, Ch­ris­tophe Or­saz, croit se rendre à un ren­dez-vous pour « conclure un contrat d’en­tre­tien fo­res­tier ». Ar­ri­vé sur place, Ch­ris­tophe Or­saz sort de la voi­ture. Sa fille Cé­lia, qu’il doit em­me­ner en­suite à la gare, reste dans la Kan­goo. Le père, s’éloi­gnant du vé­hi­cule pour trou­ver son in­ter­lo­cu­teur, est alors agres­sé à coups de barre de fer par Jean-Paul Vi­dal, qui sur­git d’une ferme en ruine où il s’était ca­ché, éga­le­ment mu­ni d’un fu­sil et d’une sangle. Ch­ris­tophe Or­saz tente de re­joindre sa voi­ture, mais son bour­reau le rat­trape et l’achève.

CÉ­LIA, EXÉ­CU­TÉE EN FO­RÊT

Se­lon leurs aveux, les sus­pects ont je­té le corps de Ch­ris­tophe Or­saz dont « le tronc et les bras sont at­ta­chés par une sangle » dans la fosse septique de la ferme. Dé­tail sor­dide : le couple de sus­pects « avait vé­ri­fié si la dalle de la fosse per­met­tait de lais­ser pas­ser un corps ». Un re­pé­rage ef­fec­tué il y a un an.

Pen­dant ce temps, Cé­lia, dont les « dia­bo­liques » igno­raient la pré­sence, en­tend la mise à mort de son père. Elle hurle. JeanPaul Vi­dal se di­rige vers la Kan­goo dont il brise la vitre. Il li­gote et bâillonne la jeune fille avant de « rou­ler avec elle pen­dant vingt mi­nutes sur la route » dans la fo­rêt. Puis il la fait mar­cher dans les bois yeux ban­dés avant de l’exé­cu­ter d’une balle dans la tête. Tou­jours se­lon leurs aveux, les sus­pects se dé­bar­ras­se­ront de l’arme en la dé­cou­pant avant de la je­ter dans une ri­vière.

Comment et pour­quoi le couple s’est-il lan­cé dans une telle équi­pée san­glante ? Ma­rieJo­sé Mon­te­si­nos, adepte de clubs li­ber­tins, a convain­cu son amant, Jean-Paul Vi­dal, que Ch­ris­tophe Or­saz, un de ses ex­par­te­naires de jeux sexuels et ex-amant, « était un monstre ». Elle lui avait mon­tré de fausses lettres de me­nace que ce der­nier lui au­rait écrites. Ma­rie-Jo­sé Mon­te­si­nos, maî­tresse femme au dire de ses ex-amants, « ne sup­por­tait pas qu’ils la quittent ».

Ma­rie-Jo­sé Mon­te­si­nos et Jean-Paul Vi­dal ont été mis en exa­men mer­cre­di soir pour l’as­sas­si­nat de Ch­ris­tophe Or­saz et meurtre com­mis en concomitance avec un autre crime pour Cé­lia. Ils ont été écroués. Une au­top­sie des corps est pré­vue dans la se­maine.

C’est dans cette ferme en ruine du hameau de Rieu­four­cant, sur les hau­teurs de Bé­les­ta (Ariège), que les deux sus­pects ont ten­du un piège à Ch­ris­tophe Or­saz. Ils ont avoué avoir re­pé­ré les lieux plu­sieurs mois avant l’exé­cu­tion de leur plan.

Ma­rie-Jo­sé Mon­te­si­nos, la prin­ci­pale sus­pecte.

Cé­lia, 18 ans.

Ch­ris­tophe Or­saz, 46 ans.

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