Jean-Mi­chel Au­las est-il ja­loux du PSG ?

FOOT­BALL De­puis plu­sieurs sai­sons, le pré­sident lyon­nais n’a de cesse de stig­ma­ti­ser le mo­dèle éco­no­mique du PSG dé­non­çant ce qu’il consi­dère comme une concur­rence dé­loyale.

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - La Une - PAR DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC

IL S’ÉTAIT UN PEU CALMÉ ces der­nières sai­sons. Mais l’été flam­boyant et dis­pen­dieux du PSG a ra­ni­mé l’une de ses pas­sions : com­men­ter la vie pa­ri­sienne, si pos­sible plu­tôt pour cri­ti­quer que louan­ger. Jean-Mi­chel Au­las, le pré­sident de Lyon, mul­ti­plie ain­si les at­taques de­puis la si­gna­ture de Ney­mar et en­core plus celle de Mbap­pé dans la ca­pi­tale. Il n’a pas non plus hé­si­té à ret­wee­ter ré­cem­ment une vi­déo as­sez dé­pla­cée (voir ci-contre).

Le cha­ris­ma­tique di­ri­geant, à la tête de la plus belle réus­site du foot­ball fran­çais sur la du­rée, se pose sys­té­ma­ti­que­ment en vic­time. A son âge d’or, quand Lyon do­mi­nait le Cham­pion­nat de France dans les an­nées 2000, il s’in­quié­tait peu du sort des autres. « Le pro­blème, ce n’est pas que des clubs soient riches mais comment ils le de­viennent, dit-on à Lyon. Nous, on gé­né­rait nos res­sources parce qu’on avait bien bos­sé ». Pour l’OL, l’ar­gent du PSG, dé­te­nu par le Qa­tar de­puis 2011, tombe du ciel et me­nace de dé­ré­gu­ler l’éco­sys­tème de la Ligue 1. « L’in­fla­tion des trans­ferts vient des clubs an­glais et de leurs droits té­lé exor­bi­tants et du PSG », tranche-t-on en­core à Lyon. Mais le club rho­da­nien se plaint beau­coup moins quand cette même in­fla­tion lui per­met de cé­der La­ca­zette et To­lis­so, deux bons joueurs pas en­core in­ter­na­tio­naux confir­més, pour près de 100 M€ cet été, à Arse- nal ou au Bayern Mu­nich. For­cé­ment, à Pa­ris, les piques suc­ces­sives d’Au­las agacent au­tant qu’elles lassent.

« Il se trompe de dé­bat., op­pose-t-on dans la cou­lisse pa­ri­sienne. S’il pas­sait plus d’éner­gie à dé­fendre son club qu’à nous at­ta­quer, il ne fe­rait pas 1-1 contre l’Apol­lon Li­mas­sol (jeu­di en

Ligue Eu­ro­pa), un club au bud­get lar­ge­ment in­fé­rieur à ce­lui de Lyon. Comment peut-il se faire dé­pas­ser par Nice la sai­son der­nière voire Mo­na­co ? Qu’il se pose les bonnes ques­tions ! » Nas­ser Al-Khe­laï­fi s’en­tre­te­nait jeu­di soir pen­dant plus d’une heure avec un pré­sident de Ligue 1, signe de ses bonnes re­la­tions avec les ac­teurs du foot­ball fran­çais. Glo­ba­le­ment, la Ligue 1 pousse der­rière Pa­ris, conscient des re­tom­bées éco­no­miques in­di­rectes. Sous cou­vert d’ano­ny­mat, un an­cien col­lègue de JMA au con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de la Ligue se veut ca­té­go­rique : « Au­las est ja­loux du PSG et réa­lise que son mo­dèle éco­no­mique ne suf­fi­ra plus. » « Ja­loux ? Mais ce sont des conne­ries ! peste-t-on à Lyon. S’il y a bien un truc qui ne l’a ja­mais gê­né, c’est la com­pé­ti­tion. Mais la com­pé­ti­tion à armes égales… »

Des re­marques que l’on n’en­tend pour­tant ja­mais en Es­pagne où le Real et le Bar­ça se par­tagent presque tout, en Ita­lie où la Ju­ven­tus truste les titres, en Al­le­magne où le Bayern règne. Il s’agit de championnats où les dettes ont été an­nu­lées mi­ra­cu­leu­se­ment, où des équi­pe­men­tiers ont sur­payé le prix du maillot, où l’ar­gent d’un ri­chis­sime ac­tion­naire a bien ai­dé. Le jour où Lyon re­trou­ve­ra di­rec­te­ment une place en Ligue des cham­pions, Au­las gar­de­ra-t-il sa même fé­ro­ci­té à l’égard du PSG ?

GLO­BA­LE­MENT, LA LIGUE 1 POUSSE DER­RIÈRE PA­RIS

Prin­ci­pa­li­ty Sta­dium (Car­diff), le 1er juin. Le pré­sident du PSG, Nas­ser Al-Khe­laï­fi (à g.), avec son ho­mo­logue de Lyon, Jean-Mi­chel Au­las, lors de la fi­nale de la Ligue des cham­pions fé­mi­nine, rem­por­tée par l’OL.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.