Round d’ob­ser­va­tion à l’Ely­sée

Le pré­sident Ma­cron a me­né hier ses ren­contres avec les di­ri­geants syn­di­caux et pa­tro­naux. Au me­nu : les ré­formes à ve­nir de la for­ma­tion et de l’as­su­rance chô­mage. Leurs im­pres­sions sont mi­ti­gées.

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - Économie - PAR

EM­MA­NUEL MA­CRON a dé­jà tour­né la page de la loi Tra­vail. Après les me­sures sur la flexi­bi­li­té, le pré­sident de la Ré­pu­blique a em­brayé hier sur le vo­let sé­cu­ri­té de son pro­jet de « ré­no­va­tion du sys­tème so­cial », comme il le dé­fi­nit. Un se­cond vo­let de ré­formes sur le­quel le pré­sident, en perte de po­pu­la­ri­té, est d’au­tant plus at­ten­du que ses pre­mières me­sures sont consi­dé­rées comme un ca­deau au pa­tro­nat.

Pour évo­quer le trip­tyque for­ma­tion-ap­pren­tis­sage-as­su­rance chô­mage, Em­ma­nuel Ma­cron a donc re­çu hier, en tête à tête, Jean-Claude Mailly (FO), Phi­lippe Mar­ti­nez (CGT), Fran­çois Hom­me­ril (CFE-CGC), Alain Gri­set (U2P, les ar­ti­sans), Pierre Gat­taz (Me­def), Phi­lippe Louis (CFTC) et Fran­çois As­se­lin (CPME). Au­jourd’hui, c’est au tour de Laurent Ber­ger (CFDT).

Que s’est-il dit hier ? « J’ai beau­coup par­lé et le pré­sident n’a pas dit grand-chose », ré­sume avec son franc-par­ler Phi­lippe Mar­ti­nez. Le se­cré­taire gé­né­ral de la CGT, qui avait une heure pour échan­ger, a no­tam­ment évo­qué les conflits so­ciaux ré­cents ou en cours et « le mau­vais trai­te­ment qu’il (NDLR : Em­ma­nuel Ma­cron) in­flige aux sa­la­riés lors de ses dé­pla­ce­ments ».

LE SU­JET SEN­SIBLE DE L’UNÉDIC ABOR­DÉ

Quid des in­ten­tions pré­si­den­tielles ? « On ne sait pas, je reste pru­dent. Il est à cô­té des réa­li­tés », ré­sume Phi­lippe Mar­ti­nez. « C’était di­rect, je n’ai pas le sen­ti­ment que tout est bou­clé, ré­agit de son cô­té Jean-Claude Mailly, se­cré­taire gé­né­ral de FO. Le pré­sident n’est pas hos­tile à une concer­ta­tion sur les mis­sions du ser­vice pu­blic ré­pu­bli­cain, par exemple. Le ti­ming est moins ser­ré que pour la loi Tra­vail. On a jus­qu’au prin­temps pour tra­vailler. » Su­jet ul­tra sen­sible, le pro­jet d’en­trée de l’Etat dans la gou­ver­nance de l’Unédic (qui gère pa­ri­tai­re­ment l’as­su­rance chô­mage) a été évo­qué. Si Pierre Gat­taz, pré­sident du Me­def, s’est dit « un peu ré­ser­vé » sur le su­jet, le se­cré­taire gé­né­ral de FO est, lui, « scep­tique quant à un tri­par­tisme ; ça fi­nit tou­jours par deux contre un ». Sur la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, Jean-Claude Mailly a ré­cla­mé, « en amont de la ré­forme », une né­go­cia­tion avec le pa­tro­nat. Phi­lippe Mar­ti­nez veut « un grand mé­nage » par­mi les 75 000 or­ga­nismes exis­tants. L’hôte de l’Ely­sée, qui en­vi­sage un la­bel, s’y se­rait dit fa­vo­rable. En­fin, l’in­dem­ni­sa­tion de nou­veaux chô­meurs (les dé­mis­sion­naires ou les tra­vailleurs in­dé­pen­dants) ne sé­duit pas la CGT qui « re­doute que le pa­tro­nat n’en pro­fite pour li­cen­cier à moindre coût ». Pas hos­tile, Pierre Gat­taz s’in­quiète d’un « pe­tit pro­blème éco­no­mique concer­nant la re­ré­par­ti­tion » des droits.

Pour fi­nir, mé­fiant, le lea­deur de la CGT rap­porte avoir de­man­dé « des ren­contres mul­ti­la­té­rales avec syn­di­cats, mi­nistre… pour que tout le monde en­tende la même chose… ».

Pro­chains ren­dez-vous la se­maine pro­chaine, cette fois avec le Pre­mier mi­nistre.

Pa­lais de l’Ely­sée, Pa­ris (VIIIe), hier. Jean-Claude Mailly (FO) et Phi­lippe Mar­ti­nez (CGT) à la sor­tie de leur ren­contre avec Em­ma­nuel Ma­cron.

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