Les drôles de lu­mi­naires de Mous­tik

A l’oc­ca­sion des portes ou­vertes chez les ar­tistes de la ville, ren­contre avec un créa­teur de lu­mi­naires aux idées... élec­tri­santes.

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - Seine-Saint-Denis - PAR HÉ­LÈNE HAUS

AT­TEN­TION, TOUT N’EST PAS À VENDRE

PAS UN ÉLÉ­MENT de dé­co­ra­tion n’a été lais­sé au ha­sard. De la porte d’en­trée qui res­semble à celle d’un sous-ma­rin au sque­lette de Ter­mi­na­tor, dont le re­gard rouge lu­mi­neux hyp­no­tise le vi­si­teur. Sans ou­blier toutes ces lampes qui ré­chauffent l’at­mo­sphère de l’ate­lier de Sté­phane Hillai­ret, alias Mous­tik*. Un nid d’une tren­taine de mètres car­rés où ce fa­bri­cant de lu­mi­naires s’est même ins­tal­lé une cui­sine et une chambre en mez­za­nine, où il dort lorsque sa pas­sion le pousse à tra­vailler jus­qu’au bout de la nuit. Car cet ar­tiste mon­treuillois, qui ouvre pour la pre­mière fois au­jourd’hui son ate­lier au pu­blic à l’oc­ca­sion des 19es portes ou­vertes des ate­liers d’ar­tistes lo­caux (lire ci­des­sous), a en réa­li­té deux mé­tiers. Ce Pa­ri­sien de 54 ans s’est lan­cé dans cette ac­ti­vi­té il y a seule­ment trois ans. Un hob­by qui oc­cupe tout son temps libre, car la jour­née, il gagne sa vie en tant que char­pen­tier­cou­vreur sur les toits de Pa­ris. « Au­jourd’hui, je ne pour­rais pas vivre de mon ac­ti­vi­té d’ar­tiste, même si j’es­père y ar­ri­ver un jour », rêve ce bri­co­leur qui trans­forme le zinc et les vieux ma­té­riaux en lampes steam­punk. « Un genre qui mé­lange l’uni­vers de Jules Verne et le style fu­tu­riste », dé­taille-t-il.

De­puis qu’il s’est lan­cé, Mous­tik a dé­jà réa­li­sé plus de 200 mo­dèles. « Quand je trouve un ma­té­riau, j’ai tout de suite une idée, à par­tir de la­quelle je crée une nou­velle lampe. » Un vieux la­va­bo dé­ni­ché dans la rue, un fût de bière, un cha­lu­meau, des brides de chauf­fage… Avec ses ci­sailles, ses pinces, son fer à sou­der et une bonne ving­taine d’heures de tra­vail, Sté­phane fait re­naître tous ces tas de fer­raille. Il a même créé une ver­sion lu­mi­naire de R2D2, le cé­lèbre ro­bot de « Star Wars ». Ce week-end, il es­père d’ailleurs vendre plu­sieurs de ses créa­tions au pu­blic. « Je ne vends que du­rant les ex­pos. L’an pas­sé à Ro­main­ville, j’ai pra­ti­que­ment tout écou­lé », re­late l’ar­ti­san, dont les prix va­rient de plu­sieurs di­zaines à plu­sieurs cen­taines d’eu­ros. Mais il y a aus­si les lampes qui ont une va­leur sen­ti­men­tale in­es­ti­mable. « Celle en forme de mous­tique par exemple, je ne peux pas m’en dé­faire, mais je vais quand même l’ex­po­ser car je l’adore. Mais je met­trai qu’elle a été ven­due pour ne pas qu’on me la ré­clame ! », avoue-t-il. Chut, on ne vous a rien dit ! * Au 4, place de la Fra­ter­ni­té, ou­vert dès 18 heures ce soir, et de 10 heures de­main et di­manche.

Mon­treuil, hier. Le fa­bri­cant a no­tam­ment re­créé le cé­lèbre ro­bot R2D2 de « Star Wars » en lu­mi­naire.

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