Cas­ta­ner ac­cuse des sénateurs de vou­loir des­ti­tuer Ma­cron

A son tour, le pa­tron de LREM a at­ta­qué la com­mis­sion d’en­quête de la Chambre haute sur l’af­faire Be­nal­la.

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - POLITIQUE - JU­LIE CLORIS

UNE ES­CA­LADE VERBALE, signe des ten­sions gran­dis­santes entre un Sé­nat di­ri­gé par l’op­po­si­tion de droite et une ma­jo­ri­té ma­cro­niste em­pê­trée dans une ren­trée com­pli­quée. Hier, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, le dé­lé­gué gé­né­ral de la Ré­pu­blique en marche (LREM), a fait re­mon­ter d’un cran le ten­sio­mètre en ac­cu­sant des sénateurs de vou­loir « des­ti­tuer le pré­sident de la Ré­pu­blique ». Rien de moins !

In­ter­ro­gé lors de sa conférence de presse de ren­trée sur le coup de fil par Em­ma­nuel Ma­cron au pré­sident (LR) du Sé­nat, Gé­rard Lar­cher, pour le mettre en garde sur l’af­faire Be­nal­la, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner a sè­che­ment ré­pon­du : « Si cer­tains pensent qu’ils peuvent s’ar­ro­ger un pou­voir de des­ti­tu­tion du pré­sident de la Ré­pu­blique, ils sont eux-mêmes des me­naces pour la Ré­pu­blique. »

L’at­taque est d’au­tant plus sur­pre­nante que, consti­tu­tion­nel­le­ment, le Sé­nat n’a, seul, au­cun pou­voir de des­ti­tu­tion. Et qu’au­cun sé­na­teur n’a évo­qué cette hy­po­thèse… Très re­mon­té, ce­lui qui est aus­si se­cré­taire d’Etat char­gé des Re­la­tions avec le Par­le­ment a lan­cé cet aver­tis­se­ment : « Une com­mis­sion d’en­quête qui au­rait des am­bi­tions po­li­tiques » et pen­se­rait « qu’elle peut jouer de ses fonc­tions de contrôle du gou­ver­ne­ment pour faire tom­ber un pré­sident de la Ré­pu­blique com­met­trait une faute consti­tu­tion­nelle ». De quoi lais­ser les sénateurs pan­tois, après les nom­breuses at­taques dont ils ont fait l’ob­jet. Aux pro­pas­sé pos de l’an­cien conseiller char­gé de la sé­cu­ri­té du pré­sident de la Ré­pu­blique, Alexandre Be­nal­la, qui en dé­but de se­maine avait dit n’avoir « au­cun res­pect » pour la Chambre haute du Par­le­ment fran­çais, se sont ajou­tées les re­mon­trances de la garde des Sceaux, Ni­cole Bel­lou­bet, et du porte-pa­role du gou­ver­ne­ment, Ben­ja­min Gri­veaux.

La vio­lente charge de Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, qui a fait la le­çon aux sénateurs sur la né­ces­saire « sé­pa­ra­tion des pou­voirs », montre que la pres­sion monte avant l’au­di­tion, mer­cre­di par la com­mis­sion d’en­quête du Sé­nat, d’Alexandre Be­nal­la, soup­çon­né de vio­lences en marge des ma­ni­fes­ta­tions du 1er mai.

Cette sor­tie in­ha­bi­tuelle du pa­tron d’En Marche ! a sus­ci­té une salve de cri­tiques. « Du ja­mais-vu, a ain­si ton­né le dé­pu­té In­sou­mis Jean-Luc Mé­len­chon. En ex­por­tant sa crise d’au­to­ri­té, l’exé­cu­tif l’am­pli­fie et dé­sta­bi­lise les ins­ti­tu­tions. Gare aux chutes im­pré­vues ! »

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