Ma­hut-Ben­ne­teau, un an plus tard…

Les deux re­ca­lés de la fi­nale 2017 ont l’oc­ca­sion, au­jourd’hui, d’of­frir le point de la qua­li­fi­ca­tion face à l’Es­pagne.

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - SPORTS - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL ÉRIC BRUNA À VILLE­NEUVE-D’ASCQ (NORD) JU­LIEN BEN­NE­TEAU

À EUX DE FI­NIR le tra­vail…Ni­co­las Ma­hut et Ju­lien Ben­ne­teau, 36 ans tous les deux, ont la qua­li­fi­ca­tion pour la fi­nale de la Coupe Da­vis au bout de leur ra­quette, après les vic­toires en simple de Be­noît Paire et Lu­cas Pouille, hier face à l’Es­pagne. Un sa­cré clin d’oeil de l’his­toire. Il y a dix mois, alors qu’ils étaient per­sua­dés de dis­pu­ter le double de la fi­nale vic­to­rieuse face à la Bel­gique (3-2), les deux hommes tom­baient de très haut.

Pas­sant le week-end à ra­va­ler leurs larmes, en re­gar­dant Pouille, Tson­ga et sur­tout la dou­blette Her­bert-Gas­quet fou­ler le cen­tral du stade Pierre-Mau­roy. Le choix dé­rou­tant de Noah a lais­sé des traces. Une ci­ca­trice qui ne se re­fer­me­ra ja­mais vrai­ment et que le dé­sor­mais tra­di­tion­nel pè­le­ri­nage dans le Nord a ra­vi­vée.

« La se­maine n’a pas été fa­cile, concède Ma­hut. Il a fal­lu res­ter au pré­sent, sur cette ren- contre et se pré­pa­rer au mieux, comme on l’avait fait il y a quelques mois. Ça a été dur d’être sor­tis. Il faut mettre tout ça de cô­té et ce n’est pas évident. C’est un vrai tra­vail. Quand on connaît Yan­nick et qu’on a eu une pre­mière ex­pé­rience, on sait que ça peut tou­jours ar­ri­ver… » Les deux hommes, vain­queurs de l’édi­tion 2017 par pro­cu­ra­tion, re­fusent de par­ler de re­vanche.

« Je ne sais pas vrai­ment ce que je me suis dit ces der­niers jours, mais je n’ai pas ce sen­ti­ment-là, souffle Ben­ne­teau. C’est un fait de car­rière, des choix qui bas­culent en ta fa­veur ou en ta dé­fa­veur, des bles­sures qui peuvent te pri­ver d’une de­mie ou d’une fi­nale comme ça m’est ar­ri­vé. Et, au­jourd’hui, c’est la bles­sure

NOUS SOMMES UN VIEUX COUPLE. ON A GRAN­DI EN­SEMBLE [...], PAR­TA­GÉ NOS GRANDES JOIES ET

” NOS GRANDES PEINES

autre (NDLR : Her­bert) qui me per­met de jouer… »

Une sé­lec­tion d’au­tant plus in­at­ten­due que le Bres­san, nou­veau capitaine de Fed Cup, est of­fi­ciel­le­ment re­trai­té du cir­cuit ATP de­puis l’US Open (en août) ! « C’était la seule pos­si­bi­li­té de me faire pro­lon­ger ma car­rière, sou­rit-il. Quand Yan­nick m’a ap­pe­lé, il n’y avait au­cun pro­blème. Ce n’était pas com­pli­qué de re­prendre l’en­traî­ne­ment, sur­tout pour la Coupe Da­vis. Je vais jouer de­vant 15 000 per­sonnes, mes amis, ma famille, avec Ni­co que je cô­toie de­puis vingt­cinq ans… » Même s’ils n’ont été as­so­ciés que deux fois (pour deux suc­cès) dans l’épreuve, les duet­tistes tri­co­lores se connaissent par coeur.

« Nous sommes un vieux couple, pour­suit Ben­ne­teau. On a gran­di en­semble, voya­gé en­semble, dor­mi à l’hô­tel en­semble. On a par­ta­gé nos grandes joies et nos grandes peines dans la vie pro­fes­sion­nelle ou pri­vée. C’est par­ti­cu­lier. Il y a des liens si forts que nos re­trou­vailles sont fa­ciles. Même si on n’a pas joué de double ded’un puis long­temps, c’est comme si on s’était ar­rê­té la veille. »

Quel que soit le score de la ren­contre, Ben­ne­teau ces­se­ra sans doute dé­fi­ni­ti­ve­ment d’être un joueur de tennis. Son al­ter ego pré­fère ne pas y pen­ser. « On a tra­ver­sé tel­le­ment de choses et je sais que ça peut être son der­nier match, lâche Ma­hut. C’est sym­bo­lique de l’avoir à mes cô­tés mais tout ça, j’es­saie d’en faire abs­trac­tion. Bien sûr qu’émo­tion­nel­le­ment, c’est quelque chose en plus. » Un an plus tard, les larmes n’au­ront pas la même sa­veur…

Stade Pierre-Mau­roy (Ville­neuve-d’Ascq), hier. Dix mois après les larmes, Ni­co­las Ma­hut et Ju­lien Ben­ne­teau sou­rient avant d’af­fron­ter les Es­pa­gnols Fe­li­cia­no Lo­pez et Mar­cel Gra­nol­lers.

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