Des es­sais à trans­for­mer

Trois mois après leur sacre au Mon­dial des moins de 20 ans, rien n’est fa­cile pour les pro­diges fran­çais qui connaissent des for­tunes di­verses dans leur club.

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - TOP 14 RUGBY - PAR OLI­VIER FRAN­ÇOIS

IL Y A TROIS MOIS, des vi­sages pou­pons aux sou­rires écla­tants le­vaient leurs yeux rieurs vers les étoiles per­çant la nuit bi­ter­roise. Sur la pe­louse du stade de la Mé­di­ter­ra­née, des ga­mins sau­taient dans tous les sens, leur maillot bleu sur les épaules, leur rêve ac­cro­ché au­tour du cou. C’était le 17 juin, à Bé­ziers. Les Tri­co­lores de moins de 20 ans, qui ve­naient de domp­ter leurs ho­mo­logues an­glais, étaient sa­crés cham­pions du monde. A leur ta­bleau de chasse, les joueurs de Sé­bas­tien Pi­que­ro­nies avaient au pas­sage épin­glé les Ba­by Blacks en de­mi-fi­nale (16-7).

Nta­mack, Car­bo­nel, Coville, Jo­seph, Bam­ba, Ba­ras­si, Wo­ki… Des noms ap­pe­lés à briller en Top 14, puis, plus tard, dans la grande équipe de France. « L’ave­nir leur ap­par­tient », avait alors glis­sé Di­dier Re­tière, le di­rec­teur tech­nique na­tio­nal. En­core fal­lait-il fran­chir le pas et se faire une place dans un cham­pion­nat fa­vo­ri­sant da­van­tage les monstres sa­crés sur le re­tour que les jeunes pousses ta­len­tueuses mais in­ex­pé­ri­men­tées.

Après trois journées de Top 14, tous n’ont pas fou­lé les pe­louses de l’Hexa­gone avec les grands, même si cer­tains d’entre eux ont mar­qué les es­prits. Jor­dan Jo­seph, la ré­vé­la­tion du Mon­dial, le 3e ligne is­su de Sar­celles (Vald’Oise) qui a dé­cro­ché le titre à 17 ans, juste après avoir si­gné au Ra­cing 92, a dé­jà été lan­cé avec les pros. « Phy­si­que­ment il est prêt, ex­plique Laurent Tra­vers, l’en­traî­neur des avants fran­ci­liens. Pour conti­nuer à pro­gres­ser, il doit jouer mais il ne faut pas lui faire brû­ler les étapes. Ce se­rait très dan­ge­reux. Nous de­vons l’ac­com­pa­gner, le faire bien ré­cu­pé­rer après chaque ef­fort car il est pas­sé dans le monde pro qui est beau­coup plus exi­geant. »

La palme re­vient au Tou­lou­sain Ro­main Nta­mack, qui a été ti­tu­la­ri­sé à trois re­prises au centre de l’at­taque rouge et noire. L’ou­vreur tou­lon­nais Louis Car­bo­nel a été ali­gné deux fois d’en­trée de jeu et est en­tré en cours de match contre Castres. L’ar­rière Clé­ment La­porte a jusque-là tou­jours fait par­tie du groupe age­nais.

« On a une gé­né­ra­tion qui sort de l’or­di­naire, ad­met Jacques Brunel, le sé­lec­tion­neur du XV de France. Par­mi ces cham­pions du monde, cer­tains jouaient dé­jà l’an der­nier en Top 14. Quand j’étais en­traî­neur de Bor­deaux, j’avais in­té­gré Ca­me­ron Wo­ki (NDLR : 3e ligne trois fois rem­pla­çant de­puis le dé­but de sai­son). Je ne fais pas at­ten­tion à la carte d’iden­ti­té mais, avant de les sé­lec­tion­ner en équipe de France, il faut dé­jà qu’ils soient des ti­tu­laires in­dis­cu­tables dans leur club. »

« UNE GÉ­NÉ­RA­TION QUI SORT DE L’OR­DI­NAIRE » JACQUES BRUNEL, SÉ­LEC­TION­NEUR DU XV DE FRANCE

Ce qui est loin d’être le cas de la plu­part d’entre eux, pour le mo­ment. Le centre Pierre-Louis Ba­ras­si, l’un des plus grands es­poirs des cham­pions du monde, n’a par exemple ja­mais été re­te­nu dans le groupe du LOU. Le Top 14 est un autre monde.

Stade de la Mé­di­ter­ra­née (Bé­ziers), le 17 juin. Les Bleuets sou­lèvent le tro­phée après avoir été sa­crés cham­pions du monde face à l’Angleterre.

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