Ma­jes­tueux châ­teaux du pays ca­thare

Sept châ­teaux du pays ca­thare es­pèrent être ins­crits par l’Unes­co au Pa­tri­moine mon­dial, comme la ci­té de Car­cas­sonne qu’ils dé­fendent

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - LA UNE - PAR GUY­LAINE ROUJOL PE­REZ

De la fron­tière avec le pays ca­ta­lan, à l’est, à la plus cé­lèbre d’entre elles, Mont­sé­gur, à l’ouest, sept for­te­resses entre Py­ré­nées et Cor­bières offrent une vue im­pre­nable à 360° de­puis les pi­tons ro­cheux où elles se dressent. Leur po­si­tion es­car­pée leur a va­lu le sur­nom de Ci­ta­delles du ver­tige.

Qu’ont en com­mun ces sites ? Une longue his­toire, ins­crite dans leurs ves­tiges. Une oc­cu­pa­tion an­té­rieure à l’époque de la per­sé­cu­tion des ca­thares, ces dis­si­dents re­li­gieux dont le pape In­no­cent III a or­don­né la fin au dé­but du XIIIe siècle. Des construc­tions maintes fois re­ma­niées. Re­pères d’une ligne mou­vante mar­quant la fron­tière fran­co-ara­go­naise, ces postes de guet ont consti­tué un sys­tème de dé­fense mi­li­taire ma­jeur jus­qu’au trai­té des Py­ré­nées (1659) qui a re­pous­sé la fron­tière avec l’Es­pagne plus au sud. Leur rôle dé­fen­sif de vi­gie per­du, ils sont tom­bés en ruines.

I MONT­SÉ­GUR : LE PLUS SYM­BO­LIQUE

Cé­lèbre pour le bû­cher de 225 ca­thares — une stèle le rap­pelle dans le « prats del cre­mats » (« champ des brû­lés ») — au terme d’un siège de dix mois de l’ar­mée royale, il est aus­si le plus éle­vé (1 207 m). D’autres fi­dèles se­ront ex­ter­mi­nés plus tard, mais ce mas­sacre marque la fin de l’hé­ré­sie ca­thare. La cour et le donjon, pos­té­rieurs à cette époque, datent de la fin du XIIIe siècle, dé­but du XIVe siècle. http://www.mont­se­gur.fr.

I PUILAURENS : LE PLUS MÉRIDIONAL

A la li­mite des Py­ré­nées-Orien­tales, à près de 700 m d’al­ti­tude, plus vaste que Mont­sé­gur mais plus mo­deste que son voi­sin Pey­re­per­tuse, on peut y ac­cé­der de­puis le centre du vil­lage pour pro­fi­ter de la ba­lade. For­ti­fié sur ordre de Saint Louis pour dé­fendre le Lan­gue­doc d’in­cur­sions es­pa­gnoles, il hé­ber­gea la plus forte gar­ni­son mi­li­taire de la ré­gion. Avant de tom­ber dans l’ou­bli après la Ré­vo­lu­tion. www.cha­teau-puilaurens.com

225 ca­thares ont été brû­lés vifs à Mont­sé­gur, le 16 mars 1244, dans la croi­sade me­née par la royau­té pour do­mi­ner tout le Lan­gue­doc.

I PEY­RE­PER­TUSE : LE PLUS MA­JES­TUEUX

A une heure de Puilaurens, le châ­teau de la « pierre per­cée » (Pey­re­per­tuse en oc­ci­tan) ap­par­te­nait au dé­but du XIe siècle au comte de Be­salù, en Ca­ta­logne es­pa­gnole, avant de re­ve­nir aux mains des sei­gneurs lo­caux. Le pre­mier bâ­ti­ment abrite les ves­tiges de l’église Sainte-Ma­rie. En 1242, sur ordre de Saint Louis, la for­te­resse a été ren­for­cée d’un se­cond ou­vrage où l’on ac­cède par un es­ca­lier taillé à même le roc Sant Jòr­di. L’en­semble se confond presque avec l’arête ro­cheuse sur 300 m. https://www.pey­re­per­tuse.com.

I QUÉRIBUS : LE PLUS SUR­PRE­NANT

On hé­site d’abord à y grim­per tant il pa­raît pe­tit de­puis la route et contraste avec son im­po­sant voi­sin, Pey­re­per­tuse, à un quart d’heure de là. Pas­ser à cô­té se­rait une er­reur. Son donjon po­ly­go­nal très bien conser­vé avec sa salle au pi­lier cen­tral et sa voûte aux quatre croi­sées d’ogives pré­cède un es­ca­lier en co­li­ma­çon me­nant sur une ter­rasse. L’im­mo­bi­li­té du pay­sage tranche avec la ré­pres­sion qui s’est te­nue ici. Quéribus est le der­nier îlot de ré­sis­tance de la croi­sade contre les Al­bi­geois : les re­belles n’y sont tom­bés qu’en 1255. http://www.cu­cu­gnan.fr.

I AGUILAR :

LE PLUS MÉ­DI­TER­RA­NÉEN

Sur la com­mune de Tu­chan, il est de tous les « fils de Car­cas­sonne » le plus proche de la Mé­di­ter­ra­née, à 30 km de Per­pi­gnan, entre terre ca­ta­lane et oc­ci­tane. Moins per­ché que les autres (321 m), moins connu, il vaut aus­si par son en­vi­ron­ne­ment. Au loin, on aper­çoit le mont Ca­ni­gou, et en bas du pro­mon­toire, les vignes du Haut-Fi­tou. http://www.tu­chan.fr/fr/cha­teau-da­gui­lar.

I TERMES : LE PLUS RÉ­SI­LIENT

As­sié­gé pen­dant près de quatre mois en 1210, lors de la croi­sade me­née par Si­mon de Mont­fort, il a été en grande par­tie dé­truit quatre siècles plus tard, quand le roi de France a es­ti­mé qu’il était dé­sor­mais in­utile. Res­té à l’aban­don jusque dans les an­nées 1980, le site a en­suite fait l’ob­jet de tra­vaux de conso­li­da­tion et de fouilles. Une ran­don­née de trois heures, qui em­prunte un tron­çon du GR 36, peut être une bonne op­tion pour ob­ser­ver le châ­teau de­puis plu­sieurs bel­vé­dères. https://www.cha­teau-termes.com.

I LASTOURS : LE PLUS COM­PLEXE

Seule ci­ta­delle au nord de Car­cas­sonne, au pied de la mon­tagne Noire, le site de Lastours est consti­tué de quatre châ­teaux po­sés sur sa crête : Ca­ba­ret, Tour Ré­gine, Sur­des­pine et Quer­tin­heux font par­tie d’un en­semble tout en étant dis­tincts. Les cy­près ajoutent au mys­tère et à la ma­jes­té des lieux. Des amé­na­ge­ments ont été réa­li­sés pour pou­voir en faire fa­ci­le­ment le tour. Au pied de la mon­tagne, le vil­lage mé­dié­val de Ca­ba­ret vaut le dé­tour pour ses ves­tiges. www.cha­teaux­de­las­tours.fr.

A mi-che­min entre Car­cas­sonne et Per­pi­gnan, la for­te­resse de Puilaurens.

La voûte ner­vu­rée de quatre croi­sées d’ogives du donjon de Quéribus.

Au sein d’une na­ture pré­ser­vée, Pey­re­per­tuse épouse la roche sur 300 m de long en deux châ­teaux (ici le pre­mier ou­vrage dé­fen­sif).

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