Aliens, cen­trales, gre­niers… on a tout cru !

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - SOCIÉTÉ - PAMÉLA ROUGERIE

LA CONSTRUC­TION des ti­ta­nesques py­ra­mides de Gi­zeh — Khéops, Khé­phren et My­ké­ri­nos —, il y a quatre mille cinq cents ans, a long­temps été en­tou­rée de mystère, tant les moyens tech­niques de l’époque sem­blaient li­mi­tés. De quoi ali­men­ter les théo­ries les plus folles.

I LES EXTRATERRESTRES

Evi­dem­ment, au même titre que les moai de l’île de Pâques ou que les pierres de Sto­ne­henge, les py­ra­mides se sont vu prê­ter des ori­gines extraterrestres. Le livre à suc­cès « Pré­sence des extraterrestres », de l’ufo­logue suisse Erich von Dä­ni­ken, pu­blié en 1968, ga­ran­tit ain­si que seule une telle ci­vi­li­sa­tion, do­tée d’une tech­no­lo­gie plus avan­cée, au­rait été ca­pable d’éri­ger de tels mo­nu­ments. Long­temps, plu­sieurs com­men­ta­teurs ont cru qu’elles ser­vi­raient de ba­lises d’at­ter­ris­sage pour des vais­seaux aliens Plus ré­cem­ment, le soup­çon d’une ci­vi­li­sa­tion plus avan­cée a éga­le­ment été po­pu­la­ri­sé dans « la Ré­vé­la­tion des py­ra­mides », un film conspi­ra­tion­niste aux faux airs de do­cu­men­taire qui a été vu plus de deux mil­lions de fois en ligne.

I LES HA­BI­TANTS DE L’ATLANTIDE

Et si la ci­vi­li­sa­tion avan­cée qui au­rait construit les py­ra­mides n’était pas un peuple d’extraterrestres mais les ha­bi­tants de l’Atlantide ? Cette île gi­gan­tesque, évo­quée par Pla­ton, était, se­lon lui, exem­plaire par son cou­rage et sa maî­trise de l’art de la guerre, avant d’être en­glou­tie par les eaux. Le site Monde nou­veau, fé­ru de phé­no­mènes pa­ra­nor­maux, as­sure que ces py­ra­mides se­raient donc des ves­tiges de cette ci­vi­li­sa­tion avan­cée, preuve de son sa­voir et de sa puis­sance.

I DES CEN­TRALES ÉLEC­TRIQUES

Ou­bliez les extraterrestres et les ci­vi­li­sa­tions dis­pa­rues. Pour cer­tains, les py­ra­mides au­raient en fait ser­vi de cen­trales géantes d’élec­tri­ci­té pour les Egyp­tiens, peut-on lire sur le site Epoch Times. Ce se­rait la lec­ture de hié­ro­glyphes qui per­met­trait d’étayer cette théo­rie.

Grâce à cette élec­tri­ci­té, le peuple de l’Egypte an­tique au­rait été ca­pable de conce­voir de nom­breux ou­vrages per­fec­tion­nés comme des pla­cages d’or ou des tis­sages.

I UN SIMPLE GRE­NIER À GRAIN

C’est une théo­rie moins spec­ta­cu­laire que les pré­cé­dentes. Au Moyen Age, nom­breux sont les au­teurs qui ima­ginent que les py­ra­mides ser­vaient à sto­cker du grain et non pas des tom­beaux de rois comme c’est main­te­nant éta­bli. « Dès le IVe siècle après J.-C., les py­ra­mides sont consi­dé­rées comme les gre­niers de Jo­seph, fils de Ja­cob, en ré­fé­rence à un texte de la Ge­nèse. Gré­goire de Tours s’en fait l’écho au VIe siècle, comme Isi­dore de Sé­ville au VIIe siècle ; on re­trouve cette tradition au fil des siècles », ra­conte le site Mu­sa­go­ra, qui ras­semble de nom­breux cours de pro­fes­seurs d’his­toire. Cette théo­rie an­cienne a d’ailleurs été re­layée en 2015 par l’amé­ri­cain Ben Car­son, un mi­nistre de Do­nald Trump, fervent par­ti­san des thèses créa­tion­nistes.

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