« Il y a eu du bou­lot… »

Julie Fabre, en­traî­neur de l’équipe de France de na­ta­tion syn­chro­ni­sée

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - LOISIRS - PRO­POS RECUEILLIS PAR ÉRIC BRUNA

E lle-même an­cienne na­geuse, Julie Fabre, 42 ans, est l’en­traî­neur de l’équipe de France de na­ta­tion syn­chro­ni­sée. La Ni­çoise est aus­si celle qui a coa­ché pen­dant six mois les huit ac­teurs du « Grand Bain ».

Avez-vous consta­té un ef­fet « Grand Bain » ?

JULIE FABRE. Le film a sû­re­ment ap­por­té un re­gard plus bien­veillant sur la pra­tique mas­cu­line de la na­ta­tion syn­chro­ni­sée. C’est en­core dif­fi­cile pour un pe­tit gar­çon et ses pa­rents d’al­ler vers notre dis­ci­pline, comme vers la danse ou le pa­ti­nage ar­tis­tique. Il faut oser af­fron­ter le re­gard des autres. Or, c’est un sport qu’il faut com­men­cer as­sez jeune !

Les pra­ti­quants mas­cu­lins sont-ils nom­breux en France ?

Un peu moins de 200. Ce qui a créé un pe­tit en­goue­ment chez les gar­çons, c’est l’ac­cès pour la pre­mière fois aux grandes com­pé­ti­tions en 2015, avec la qua­trième place mon­diale du duo mixte Vir­gi­nie De­dieu-Be­noît Beau­fils. Au­jourd’hui, on a par exemple un gar­çon qui est en­tré au pôle es­poir d’Aix-en-Pro­vence (Bouches-duR­hône). Tous les mer­cre­dis, des en­fants viennent s’en­traî­ner à l’In­sep et, cette an­née, pour la pre­mière fois, il y a deux gar­çons dans le groupe. Ça se passe su­per bien. Avant, tout le monde au­rait mon­tré un pe­tit gar­çon du doigt. Il y a des bar­rières à faire tom­ber.

Votre rôle dans le tour­nage a été pri­mor­dial. Ex­pli­quez-nous…

Je ne vous cache pas qu’il y a eu du bou­lot toutes les se­maines dans le bas­sin de l’In­sep… Au dé­but, je pen­sais que je n’ar­ri­ve­rais ja­mais à mon­ter une cho­ré­gra­phie qui tienne la route. Je n’ai pas l’ha­bi­tude de com­po­ser avec des corps d’hommes, qui plus est non spor­tifs ! On a d’abord tra­vaillé par pe­tits groupes. Les mettre ensemble d’en­trée de jeu au­rait pu les dé­cou­ra­ger. Quand je les ai réunis, ils ont pu per­ce­voir tout de suite leurs pro­grès. Je vou­lais que le ren­du soit ex­cellent, qu’on n’abou­tisse pas à une ca­ri­ca­ture. Si­non, ce­la au­rait des­ser­vi la na­ta­tion syn­chro­ni­sée.

Vous êtes heu­reuse du ré­sul­tat ?

Ce qui se passe avec ce film, c’est gal­va­ni­sant. On peut par­ler de notre sport, dire « voi­là, on existe ».

« Je n’ai pas l’ha­bi­tude de com­po­ser avec des corps d’hommes, qui plus est non spor­tifs ! » confesse Julie Fabre.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.