Les consul­ta­tions com­plexes se­ront plus chères

Cer­taines si­tua­tions né­ces­sitent de pas­ser plus de temps avec le pa­tient. A par­tir du 1er no­vembre, la nou­velle grille per­met­tra aux gé­né­ra­listes de fac­tu­rer 46 € les consul­ta­tions « com­plexes » et 60 € les « très com­plexes ».

Le Parisien (Val de Marne) - - ÉCONOMIE - PAR DA­NIEL ROSENWEG

FI­NI LA consul­ta­tion uni­forme. Dans cer­taines si­tua­tions, votre mé­de­cin va pou­voir vous consa­crer plus de temps. Il se­ra payé pour ce­la et il ne vous en coû­te­ra rien. A par­tir du 1er no­vembre, de nou­veaux ta­rifs ap­pa­raî­tront sur les murs des salles d’at­tente des gé­né­ra­listes. Leur grille in­té­gre­ra de nou­velles consul­ta­tions dites « com­plexes » et « très com­plexes ». Les pra­ti­ciens les fac­tu­re­ront res­pec­ti­ve­ment 46 € et 60 €.

PRENDRE DU TEMPS AVEC LES PA­TIENTS QUI EN ONT BE­SOIN

Cette me­sure, pré­vue dans la conven­tion si­gnée en 2016 entre trois syn­di­cats de mé­de­cins et l’as­su­rance ma­la­die, prend en compte une réa­li­té : cer­taines consul­ta­tions né­ces­sitent plus de temps, pour ex­pli­quer ou diag­nos­ti­quer. C’est le cas par exemple des filles de 15 à 18 ans qui consultent pour la pre­mière fois afin de se faire pres­crire un contra­cep­tif.

« Il faut dé­tailler les dif­fé­rents types de contra­cep­tifs, évo­quer les éven­tuels ef­fets se­con­daires, faire de la pré­ven­tion en sen­si­bi­li­sant aux ma­la­dies sexuel­le­ment trans­mis­sibles, ré­pondre aux ques­tions… Ça de­mande 30 à 45 mi­nutes », ex­plique un gé­né­ra­liste pa­ri­sien.

De même, pour les tout-pe­tits, trois consul­ta­tions entre 8 jours et 2 ans doivent don­ner lieu à un exa­men ap­pro­fon­di. Elles aus­si se­ront fac­tu­rées 46 €. Consi­dé­rées comme « très com­plexes », les consul­ta­tions pour in­for­mer un pa­tient qu’il est at­teint d’un can­cer, du VIH ou d’Alz­hei­mer, et en­vi­sa­ger son trai­te­ment se­ront fac­tu­rées 60 €. « Bien ex­pli­quer un trai­te­ment à un pa­tient peut être déterminant dans sa réus­site », jus­ti­fie Ni­co­las Re­vel, di­rec­teur gé­né­ral de la Caisse na­tio­nale d’as­su­rance ma­la­die (Cnam).

REM­BOUR­SÉES À 100 %

Le pa­tient n’au­ra au­cun reste à charge. S’il souffre d’une af­fec­tion de longue du­rée, il bé­né­fi­cie­ra du tiers-payant et n’avan­ce­ra au­cun frais.

Les autres pa­tients se­ront pris en charge à 70 %, et rem­bour­sés sous cinq jours en gé­né­ral par l’as­su­rance ma­la­die, et à 30 % par leur com­plé­men­taire. Le coût de cette me­sure est éva­lué à 37 M€ par an. « En ré­mu­né­rant mieux le mé­de­cin, on sanc­tua­rise ce temps plus long pas­sé avec le pa­tient », in­siste Ni­co­las Re­vel.

DE NOU­VELLES RÉMUNÉRATIONS

Cette ta­ri­fi­ca­tion pre­nant en compte le temps réel pas­sé avec le pa­tient pré­sage d’autres pe­tites ré­vo­lu­tions.

Agnès Bu­zyn, la mi­nistre de la San­té, qui pré­sente lun­di sa stra­té­gie na­tio­nale de san­té, pour­rait ain­si an­non­cer une ré­mu­né­ra­tion « au par­cours de soins ». Pour chaque pa­tho­lo­gie (dia­bète…) ou soin (pose de pro­thèse…), le mé­de­cin se­rait ré­mu­né­ré au for­fait. Une in­ci­ta­tion à amé­lio­rer sa pra­tique au pro­fit du pa­tient.

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