Londres échappe au car­nage

Un en­gin ar­ti­sa­nal a ex­plo­sé dans le mé­tro lon­do­nien hier, en fai­sant des dé­gâts li­mi­tés. Le dis­po­si­tif de mise à feu semble avoir été dé­fec­tueux. L’at­ten­tat a été re­ven­di­qué par Daech.

Le Parisien (Val de Marne) - - FAITS DIVERS - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT JU­LIEN LAURENS À LONDRES (ROYAUME-UNI)

être bien pire que ce­la. Ce­la au­rait pu être un vrai mas­sacre avec des di­zaines de morts et beau­coup plus de bles­sés que les vingt-deux per­sonnes ac­tuel­le­ment hos­pi­ta­li­sées. »

Cet en­quê­teur qui tra­vaille sur la nou­velle at­taque ter­ro­riste, re­ven­di­quée par le groupe Etat is­la­mique hier soir, n’en re­vient tou­jours pas. La ca­pi­tale an­glaise a vrai­ment échap­pé au pire hier. Un en­gin ex­plo­sif ar­ti­sa­nal pla­cé dans un des wa­gons d’un mé­tro de la Dis­trict Line n’a pas ex­plo­sé comme il au­rait dû, peu après 8 heures du ma­tin à la sta­tion Par­sons Green, dans le sud-ouest de la ville. « On a vu du feu sor­tir d’un genre de seau blanc en plas­tique pla­cé dans un sac Lidl et po­sé dans un coin près de la porte. Il y avait des fils qui sor­taient de par­tout. Le mé­tro était bour­ré de monde. Il y a eu une pe­tite ex­plo­sion et après, c’était la pa­nique. Tout le monde a cou­ru dans tous les sens », ra­conte Pe­ter qui re­joi­gnait son bu­reau. « J’ai vu une boule de feu me pas­ser au-des­sus de la tête et me brû­ler le vi­sage. Mais d’autres étaient dans des états pires que le mien », glisse un autre pas­sa­ger. D’après cer­tains mé­dias an­glais, un dé­to­na­teur était ac­cro­ché à la bombe mais ce­lui-ci n’au­rait pas fonc­tion­né, ce qui ex­pli­que­rait pour­quoi la bombe n’a pas ex­plo­sé cor­rec­te­ment. Le mou­ve­ment de foule dé­clen­ché par l’ex­plo­sion a ag­gra­vé le bi­lan des bles­sés. « Les gens pous­saient, se mar­chaient des­sus. C’était hor­rible. J’ai vu des per­sonnes le vi­sage en­san­glan­té se faire pié­ti­ner. D’autres avaient des brû­lures à cause de l’ex­plo­sion », ex­plique Pip­pa, qui était à bord du mé­tro en route pour son tra­vail dans le centre de Londres.

LE NI­VEAU D’ALERTE RE­LE­VÉ

Le maire de la ville, Sa­diq Khan, a ap­pe­lé au calme. « Nous ne se­rons ja­mais in­ti­mi­dés ou bat­tus par le ter­ro­risme », a-t-il confié après cette cin­quième at­taque ter­ro­riste sur le sol bri­tan­nique en 2017. C’est ce­pen­dant la pre­mière qui n’a pas fait de morts. 36 per­sonnes ont en re­vanche pé­ri au to­tal dans les quatre autres at­ten­tats qui ont frap­pé Londres (en mars et deux fois en juin) et Man­ches­ter (en mai). La po­lice a éga­le­ment en­rayé six autres at­ten­tats po­ten­tiels de­puis le dé­but de l’an­née.

La Pre­mière mi­nistre, The­re­sa May, a for­te­ment con­dam­né ce nou­vel at­ten­tat, qui rap­pelle que l’An­gle­terre et Londres res­tent sous la me­nace et de­meurent tou­jours une vé­ri­table cible pour les ter­ro­ristes. Le ni­veau d’alerte a d’ailleurs été re­le­vé hier, pas­sant de sé­vère à cri­tique. May a éga­le­ment cri­ti­qué Do­nald Trump, le pré­sident amé­ri­cain, qui a twee­té que cet at­ten­tat était l’oeuvre de ter­ro­ristes ra­tés. « Des conjec­tures d’au­cune aide », s’est-elle aga­cée.

Des cen­taines de po­li­ciers et d’en­quê­teurs sont dé­sor­mais lan­cés dans une vé­ri­table chasse à l’homme ou aux hommes qui ont per­pé­tré cet at­taque. Hier soir, ils étaient en train d’étu­dier tous les en­re­gis­tre­ments des ca­mé­ras de vi­déo­sur­veillance du mé­tro lon­do­nien qui de­vraient leur per­mettre de re­trou­ver les traces de ce­lui ou de ceux qui ont ten­té de se­mer une nou­velle fois la mort et la ter­reur à Londres.

Londres (Royaume-Uni), hier. La bombe, qui a ex­plo­sé dans un des wa­gons du mé­tro Dis­trict Line près de la sta­tion Par­sons Green, était pla­cée dans un seau dis­si­mu­lé dans un sac Lidl.

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